‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 187 sur 658 · LE GOBIE SCHLOSSER · texte numérisé non relu

LE GOBIE SCHLOSSER

C'est au célèbre Pallas que Ton doit la description de cette espèce, dont un individu lui avoit été envoyé par le savant Schlosser, avec des notes relatives aux habitudes de ce poisson; et le nom de ce gobie rappelle les services rendus aux sciences naturelles par l'ami de l'illustre Pallas.

Ce poisson est ordinairement long de deux ou trois décimètres. Sa tête est couverte d'un grand nombre d'écaillés , allongée, et cependant plus large que le corps. Les lèvres sont épaisses, charnues, et hérissées, à l'intérieur, de petites aspérités: la supérieure est double. Les dents sont grandes, inégales, recourbées , aiguës , et distribuées irrégulièrement.

Les yeux présentent une position remarquable : ils sont tréa-rapproebés l'un de l'autre , situés au-dessus du sommet de la

i. 6 rayons à k première nageoire du dos. 10 rayons k la seconde.

13 rayons a chacune dos pectorales.

12 rayons aux thoraetnes* 1 rayon simple et o «rtiouMs, k celle de

fana*.

15 rayons à celle de la queue t qei estât*

tête , et contenus dans des orbites très-relevées, mais disposées de telle sorte que les cornées sont tournées, l'une vers la droite , et l'autre vers la gauche.

Les écailles qui revêtent le corps et la queue sont asses grandes,, rondes et un peu molles. On ne distingue pas facilement les lignes latérales. La couleur générale de l'animal est d'un brun noirâtre sur le dos, et d'une teinte plus claire sur le ventre1.

Les nageoires pectorales du schlosser sont , comme l'indiquent les caractères da second sous-genre, attachées à des prolongations charnues, que l'on a comparées à des bras, et qui servent à l'animal, nonseulement à remuer ces nageoires par le moyen d'un levier plus long, à les agiter dès-lors avec plus de force et de vitesse , à nager avec plus de rapidité au milieu des eaux fangeuses qu'il habite , mais encore à se traîner un peu sur la vase des rivages, contre laquelle il appuie successivement ses deux extrémités antérieures, en présentant très en petit , et cependant avec quelque ressemblance, les mou vemens auxquels les phoques et les lamantins ont recours pour parcourir très -lentement les côtes mari-

di

C'est par le moyen de ces sortes de bras ne le schlosser, pouvant, ou se glisser sur es rivages fangeux, ou s'enfoncer dans l'eau bourbeuse , échappe avec plus de facilité à ses ennemis, et poursuit avec plus d'avantage les foibles habitans des eaux, et particulièrement les cancres, dont il aime à faire sa proie.

Cette espèce doit être féconde et agréable au goût, auprès des côtes de la Chine, où on la pêche, ainsi que dans d'autres contrées orientales, puisqu'elle sert à la nourriture des Cinois qui habitent à une distance plus ou moins grande des rivages; et voilà pourquoi elle a été nommée par les Hollandais des Grandes-Indes, poissons chinois (chineesche vitsch).

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