DROMADAIRE
une-bosse garnie d'un aiguillon sur le dos.
L'OSTRACION TRIANGU- LAIRE.
On diroit que la Nature , en répandant la plus grande variété parmi les êtres viîlle a peuplé le globe, cessé d'imprimer à ails de quelques fôrlont on retrouve des us imparfaites dans isses d'animaux. Ces rs lesauelles les lois
qui régissent l'organisation des être» animés paroissent les ramener sans cesse , sont comme des modèles, dont la puissance créatrice semble avoir voulu s'écarter crantant moins, que les résultats de ces conformations principales tendent presque tons à une plus sûre çpnservatitfri des espèces et des individus. Le genre dont nous allons nous occuper va nous présenter un exemple frappant de cette multiplication de copies plus ou moins ressemblantes d'un type préservateur, et de leur dissémination dans presque toutes les classes des
L'OSTRACION TRIANGULAIRE.
êtres organisé* et sensibles. Cette aime défensive, oéWê eïivètef/pe «ftide , cette ctiirafte tttélâTre , sous laquelle la Nature a mis à l'abri plusieurs animaux dont Buffon , ou nous, avons déjà donné l'histoire, nous allons la retrouver autour do corps des ostracions ; et si nous poursuivons nos recherches jasqu'tfo milieu de ces légions innombrables d'êtres connns sons le nom d'animaux à sang blanc, nous la reverrons, avec des dissemblances plus on moins grandes, sardes ramilles entières, et sur des ordre nombreux en familles. L'épaisse cuirasse et les bandes osseuses qui revêtent les tatous, la carapace et le plastron qui défendent les tortues , les gros tubercules et les lames très-dures qui protègent les crocodiles, la croule crétacée qui environne les oursins, le têt solide qui revêt les crustacees, et enfin les coquilles pierreuses qui cachent un si grand nombre de mollusques, sont autant d'empreintes d'une première forme conservatrice, sur laquelle a été aussi modelée la couverture la plus extérieure des ostracions î et voilà pourquoi ces derniers animaux ont reçu le nom qu'ils portent, et qui rappelle sans cesse le rapport, si digne d'attention, qui les lie avec les habitansdes coquilles. Ils ont cependant de plus grandes ressemblances superficielles avec les oursins : leur enveloppe est, en effet, garnie d'une grande qrfantilé de petites élévations , qui la font paroître comme ciselée; et ces petits tubercules qui la rehaussent sont disposés avec assez d'ordre et de régularité pour que leur arrangement puisse être comparé à la distribution si régulière et si bien ordonnée que Pon voit dans les petites inégalités de la croûte dés oursins, lorsque ces derniers ont été privés de leurs piquans. La nature de la coirafese des Ostracions n'est pas néanmoins crétacée ni pierreuse : elle est véritablement* osseuse ; et les diverses portions qui la composent sont si bien jointes les unes aux autres, que l'ensemble de cette enveloppe qui récouvrele dessus et le dessoos du corps ne paroi l formé que d'un seul os , et représente une espèce de boîte onde coffre allongé, à trois ou quatre faces, dans lequel on auroit placé le corps du poisson pour le garantir contre-les attaques de ses ennemis, et qui, en quelque sorte, ne laisseroit à découvert que les organes extérieurs du mouvement , c'est-à-dire, les nageoires, et une partie plus ou moins grande de la queue. Aussi plusieurs voyageurs, plusieurs naturalistes, et les habi-
tans de plusieurs ce ils donné le nom d< férentes espèces sont occupés. On c duré et osseuse , < massée en boucK et distribuée en j rés les uns des a ut penséres, rapproc ostracions, y a ( plus minces et él unes aux autres, ç défensive complet moyens de défense séquent bien moins uiue«
Nous venons de voi coffre dans lequel le coq renfermé est en forme triangulaire, et tantôt i gulaire , c'est-à-dire , < qui Tevêlttot les côtés î quefois sur le dos et y pi longitudinale plus ou nr d'autres fois elles vont s' triéme face placée horizontalement et audessus du corps. Mais, indépendamment de cette différence , il en est d'autres qui nous ont servi à distinguer plus facilement les espèces de cette famille , en les distri buant dans quatre sous-genres. Il est de ces poissons sur lesquels fa matière osseuse qui
son genre
le solide allongé "que rapré«
86 L'OSTRACION TRIANGULAIRE.
sente sa couverture peut être considéré des. Sur cet animal , ainsi que sur presque
comme composé de deux sortes de pyra- tous les ostracions, les tubercules qui re-
mides ir régulier es, tronquées, et réunies couvrent l'enveloppe osseuse sont placés de
par leurs bases. manière à la faire paroître divisée en pièces
Au-devant de la pyramide antérieure, hexagones et plus ou moins régulières,
on voit, dans presque tous les ostracions, mais presque toutes de la même grandeur,
l'ouverture de la bouche. Les mâchoires Sur le triangulaire , ces hexagones sont
Kuvent s'écarter d'autant plus l'une de relevés dans leur centre , et les tubercules
utre , qu'elles sont plus indépendantes qui les composent sont trés-sensibles. C elle
de la croûte osseuse , dont une interrup- conformation suffit pour distinguer le trian-
tion plus ou moins grande laisse passer et gulaire des autres cartilagineux compris
déborder les deux ou seulement une des dans le premier sous-genre des ostracions,
deux mâchoires. La partie qui déborde est et qui n'ont que trois faces longitudinales.
revêtue d'une matière quelquefois assez Le milieu du dos de l'ostracion que nous
dure , et presque toujours de nature écail- décrivons est d'ailleurs très-relevé , de telle
leuse. sorte que chacune des faces latérales de
Chaque mâchoire est ordinairement gar- l'enveloppe de ce poisson est presque trian-
nie de dix ou douze dents serrées, allon- gulaire. De plus, la forme bombée des
gées, étroites, mousses, et assez sembla- hexagones, et les petits tubercules dont ils
blés aux dents incisives de plusieurs qua- sont hérissés, font paroître la ligne dorsale,
drupédes vivipares. lorsqu'on la regarde par côté , non-seule-
Dans le triangulaire , les yeux sont situés ment festonnée , mais encore finement den-
à une distance à peu près égale du milieu telée.
du dos et du bout du museau , et la place Au reste , sur tous les ostracions , et par qu'ils occupent est saillante. conséquent sur le triangulaire , l'ensemble L'ouverture des branchies est située de de l'enveloppe osseuse est recouvert d'un chaque côté au-devant de la nageoire pec- tégument très-peu épais, d'une sorte de torale. EUe est très-allongée , très-étroite , peau ou d'épidenne très-mince , qui s'apet placée presque perpendiculairement à la plique très-exactement à toutes les inégalilongueur du corps. On a été pendant long- tés, et n'empêche de distinguer aucune temps dans l'incertitude sur la manière forme. Après un commencement d'alléra dont cette ouverture peut être fermée, à la tion ou de décomposition, on peut facilevolonté de l'animal; mais diverses obser- ment séparer les unes des autres, et cette valions faites sur des ostracions vivans, par peau, et les diverses pièces qui composent le savant Gommerson et par d'autres voya- la croûte osseuse.
geurs, réunies avec celles que j'ai pu faire Les nageoires du triangulaire sont toutes
* re d'indivi- à peu prés de la même grandeur, et près-
dans dift'é- que également arrondies. Celles du dos et
ent pas de celles de l'anus sont aussi éloignées l'une
ferture des que l'autre du bout du museau *.
rcule et une La queue sort de l'intérieur de la croûte
vert de pe- osseuse par une ouverture échancrée de
sur le reste chaque côté, et l'on en voit au moins les
ment ; et la deux tiers hors de l'enveloppe solide. Une
et attachée plus grande partie de la queue n'est libre dans presque aucune espèce d'oslracion ; et
ue dans les il est, au contraire , des poissons du même
ns, dans la genre dans lesquels la queue est encore
odes, dans plus engagée sous la couverture osseuse,
quinoxiale. Les ostracions sont donc bien éloignes d'à-
et des ani- . voir, dans la totalité de leur queue et dans
les, et dont la partie postérieure de leur corps, cette
avec leurs liberté de mouvement nécessaire pour frap-
'estnitrés- - TI , ,
es poissons '• ? y a «»"»»««»«* * <*aque
* . „ nageoire pectorale 12 rayons.
; mais elle Lelleiudo, . to }
spèces. à celle de l'anus. . . . . .40
:s deux lu- à celle de la queue. .- . . .10
L'OSTRACION TRIANGULAIRE.
per l'eau avec vitesse, rejaillir avec force , et s'avancer avec facilité. On doit donc supposer que, tout égal d'ailleurs, les ostracioos nagent avec bien moins de rapidité que plusieurs autres cartilagineux ; et il paroit qu'en tout ils sont, comme les balistes, formés pour la défense bien plus que pour Paltaquc.
le triangulaire parvient à la longueur \ d'un pied et demi , ou d'un demi-métre. Sa chair est plus recherchée que celle de presque tous les poissons des mers d'Amérique, daus lesquelles on le trouve. Quoiqu'il ne paroisse se plaire que dans les contrées équatoriales, on pourroit chercher à l'acclimater dans des pays bien plus éloignés de la ligne , les différences de température que les eaux peuvent présenter à différens degrés de latitude , étant moins grandes que celles que l'on observe dans Fatmosphére. D'un autre côté, on sait avec quelle facilité on peut habituer à vivre nu milieu de l'eau douce les poissons que l'on n'avoit cependant jamais trouvés que dans les eaux salées. Le goût exquis et la nature tiés-salubre de la chair du triangulaire devroient engager à faire avec constance des tentatives bien dirigées à ce sujet : on pourroit tendre à cette acclimatation, qui seroit utile à plus d'un égard , par des degrés bien ordonnés ; on n'exposeroit que successivement l'espèce à une température moins chaude ; on attendroit peut-être plusieurs générations de cet animal, pour l'abandonner entièrement, sans secours étranger, au climat dans lequel on voudroit le naturaliser. On pourroit faire pour le triangulaire ce que l'on fait pour plusieurs végétaux : on apporterait des individus de cette espèce, et on les soigne roit pendant quelque temps dans de l'eau que l'on conserveroit à une température presque semblable à celle des mers équatoriales auprès de leur . surface ; on diminueroit la chaleur artificielle des petits bassins dans lesquels seroient les triangulaires, par degrés presque insensibles, et par des variations extrêmement lentes. Dans les endroits de l'Europe, ou d'autres parties du globe, éloignés des tropiques et où coulent des eaux thermales, en pourroit du moins profiter de ces eaux naturellement échauffées pour donner aux triangulaires la quantité de chaleur qui 3 leur seroit absolument nécessaire , ou les amener insensiblement à supporter la température ordinaire des eaux douces ou des eaux salées de ces divers pays.
Le corps et la queue du triangulaire sont
bruns, avec de petites taches blanches nageoires sont jaunes.
L'OSTRACION MAILLÉ.
C'est d'après un dessin trouvé dans des manuscrits de Plumier que le professeur Bloch a publié la description de ce poisson *. Son enveloppe est triangulaire , comme celle de l'ostracion que nous venons d'examiner. A l'aide d'une loupe, ou avec des yeux très-bons et très-exercés , on distingue des rangées de tubercules , placées sur des lignes blanches, formant des triangles de différentes grandeurs et de diverses formes, et se réunissant de manière à représenter un réseau , ou un ouvrage à mailles. La mâchoire supérieure est plus avancée que l'inférieure. La tête est a'un gris cendré avec des raies violettes; les facettes latérales sont d'un violet grisâtre ; le dessous du corps est blanc ; les nageoires sont un peu rouges.
L'OSTRACION POINTILLÉ \
Le voyageur Comraerson a trouvé ce cartilagineux dans les mers voisines de l'Ilede-France. Il n'a vu de cette espèce que des individus d'un demi-pied de longueur. Ce poisson a une enveloppe osseuse , quadrangulaire, c'est-à-dire, composée de quatre grandes faces, dont une est placée sur le dos. Cette couverture solide présente un grand nombre de petits points un peu rayonnans . qui la font paraître comme ciselée ; mais elle n'est pas garnie de tubercules qui en divisent la surface en compartimens polygones et plus ou moins réguliers. J'ai tiré le nom que j'ai donné à cet ostracion de cette sorte de pointillage que présente sa croûte osseuse , ainsi que de la disposition de ses couleurs. On voit, en effet, sur tout l'animal, tant sur l'espèce de cuirasse qui le recouvre que sur les parties de son corps que ce têt ne cache pas ,
i. Il y a aux nageoires, pectorales. 12 rayons.
àcclledu dos 10
à celle de l'anus. ... 9,
à celle He la queue, qui est arrondie. . .... 8
2. Ostracion tdtrogonus ohlongus rauticut Scutis teslœ indistincts, tolo corpore maculis lenticularihus, sub ventre majorihus, gutlato. (Commerson, manuscrits déjà cités,) J'ai fait graver le dessin que ce naturaliste a laissé de ce cartilagineux.
une quantité innombrable de très-petites taches lenticulaires et blanches, un peu moins petites sur le dos, un peu moins petites encore et réunies quelquefois plusieurs ensemble sur le ventre , et paroissant d'autant mieux, qu'elles sont disséminées sur un fond brun.
Les deux mâchoires son également avancées ; les dents sont souvent d'une couleur foncée, et ordinairement au nombre de dix à la mâchoire d'en haut et à ceHe (F enbas.
Au-dessous de chaque œil, on voit une place assez large, aplatie, déprimée même, et ciselée d'une manière particulière.
La nageoire de la queue est arrondie S
L'OSTRACION QUATRE- TUBERCULES.
Cet ostracion est quadrangulaire comme Je poiotiHé^ mais il est distingué de tous les cartilagineux compris dans le premier sous-genre par quatre gros tubercules placés sur le dos, disposés en carré, et assez éloignés de la tète. On le trouve dans l'Inde. +
L'OSTRACION MUSEAU- ALLONGÉ.
Cet ostracion est remarquable par la
forme de son museau avancé, pointu et
prolongé , de manière que l'ouverture de
la bouche est placée au-dessous de cette
extension. On trouve quatorze dents à la
mâchoire supérieure, et douze à l'infé-
aune verdâtre, etla
ûte osseuse présente
: toute couverte de
ange, et réunies de
à offrir l'image d'une
lie en roue et à six
1 milieu de chacune
surs paroissent quel-
„ s. On voit d'ailleurs
des taches rouges sur la tête et le corps ,