Le museau-allongé a aux na
geoires pectorale 10
par-dessous ; les nageoires sont jaunâtres , surtout les pectorales , qui sont courtes et larges; on voit autour des yeux des taches brunes disposées en rayons. Il n'y a qu'une ouverture à chaque narine ; on n'aperçoit pas de ligne latérale ; et les mâchoires sont en forme de petit cylindre et très-allongées.
LE TÉTRODON PLUMIER.
Ce tétrodon , dont la description n'a pas encore été publiée, est représenté dans les dessins sur vélin que renferme la collection du Muséum national d'histoire naturelle, et qui ont été fails d'après ceux du naturaliste l*lumier ; et comme ce n'est qu'à ce voyageur que nous devons la connoissance de cet animal , j'ai donné à ce poisson e nom de l'habile observateur qui en a transmis la figure.
Lorsque le tétrodon plumier n'est pas gonflé , son corps est assez allongé relativement à sa hauteur. Au delà de sa tète , on voit une sorte d'élévation pyramidale à quatre faces, jaune, et recourbée en arrière, qui tie<;t lieu, pour ainsi dire, d'une première nageoire du dos.
Au-dessus de la nageoire de l'anus, qui est de la même couleur, on voit d'ailleurs une nageoire dorsale , qui est également jaune, aussi bien que celle de la queue. Cette dernière est arrondie, $t présente deux bandes transversales brunes.
L'iris est bleu ; le dessus du corps, brun et lisse ; le dessous blanchâtre , trés-extensiblc, et garni de très-petits piquans. Deux rangées longitudinales de taches d'un brun verdâtre régnent de chaque côté de l'animal , et ajoutent à sa beauté.
LE TÉTRODON MÉLÉAGWS.
Co.umerson a laissé dans ses manuscrits une description très-étendue de ce poisson, qu'il a vu dans les mers de l'Asie, et ; uquel il a donné le nom dé rnéléagris, à cause de la ressemblance des huances et de la dislributio des couleurs de ce cartilagineux , avec celles de la pintade que l'on a désignée par la même dénomination. Ce
à celle du dos. i . . 9 à celle de l'anus. . . 8 à celle de la queue, qui eitarraniie, # . .10
LE TETRODON ALLONGÉ.
tétrodon est , en effet, brtm, ave* des taches innombrables, lenticulaires, Manches, et distribuées snr la tête ,- le dos, tes côtés, le ventre, la queue, et même les nageoires. La peau est d'ailleurs hérissée de trèspetites pointes un peu plus sensibles sur la tète.
Chaque narine n'a qu*un orifice. Les branchies sont au nombre de trois de chaque coté; leur ouverture est en forme de croissant; leur membrane mince et flottante est attachée au bord antérieur de cette ouverture ; et les demi -cercles solides qui les soutiennent sont dentelés dans leur partie concave.
Ce p isson fait entendre le bruissement que l'on a remarqué dans la plupart des cartilagineux de son genre; d*tme manière peut-être phts sensible que ces derniers, an moins à proportion de son volume *.
LE
TÉTRODON ÉLECTRIQUE
Les plus belles couleurs parent ce poiason. 11 est, en effet, brun snr le dos, jaune sur les côtés, vert éb mer en dessous ; ses nageoires sont rousses on vertes ; son iris est rouge ; et cet agréable assortiment est relevé par des taches rouges, vertes, blanches, et quelquefois d'autres nuances très-vives. Mais il est encore pins remarquable par la propriété de faire éprouver de fortes commotions à cerne qui veulent le saisir. Cette qualité est une' faculté véritablement électrique, que nous avons déjà vue dans la torpille, que nous examinerons de nouveau dans un. gymnote, et que nous retrouverons encore dans un silure, et peut-être même dans d'autres poissons.
Ce cartilagineux habite an milieu des bancs de corafl creusés par la mer, et qui entourent l'Ile Saint-3ean, prés de celle de Comorre , dans HOcéan indien. Lorsqu'il y a été péché , l'eao étoit à la température de seize degrés du -thermomètre auquel on donne le nom de Réaumur. Il parvient au moins à la longueur de sept pouces; et c'est M. Pateison qui l'a décrit le premier.
i. Aux nageoites pecloiales. . 48 rayons. à celle du dos. ..... 10
à celle dé l'anus. . . . . 10
à cette de la queue , qui est ar-*.
r on die. , , . . „ • $•
IrB TÉTRODON GROSSE-TÊTE.
LE
TÉTRODON GROSSE-TÊTE.
Voici encore un tétrodon très-aisé à distinguer des autres espèces de sa famille. 11 en est, en effet, séparé par la grosseur de sa tête, beaucoup plus volumineuse, à proportion des dimensions du corps, que dans les autres cartilagineux de son genre. Il dévie t très grand relativement à la longueur ordinaire de presque tous les autres tétrodons; il est quelquefois long de deux pieds et demi. II fait éprouver à ceux qui en mangent les mêmes accidens qu'un poison- très-actif. Il se trouve dans les mers chaudes de l'Amérique et dans la mer Pacifique ; et l'on en doit la connoissance au voyageur Forster.
LE TÉTRODON LUNE1.
Ce poisson, un des plus remarquables par sa forme , habite non - seulement dans la Méditerranée, où on le trouve très- fréquemment, mais encore dans l'Océan , où on le pèche à presque toutes les latitudes, depuis le cap de Bonne-Espénnce jusque vers l'extrémité septentrionale de laine r du Nord. 1) est Irés-aisé de le distinguer d'un très-grand nombre de poissons , et particulièrement de ceux de son genre, par l'aplatissement de son corps, si comprimé latéralement, et ordinairement si arrondi dans le contour vertical qu'aperçoivent ceux qui regardent un de ses côtés , qu'on a comparé son ensemble à un disque ; et voilà pourquoi le nom de soleil lui a été donné , ainsi que celui de lune, qui a été cependant plus généralement adopté. I) a d'ailleurs, sur cette grande surface presque circulaire que chaque côté présente , cet éclat blanchâtre qui distingue la lumière de la lune. En effet , si son dos est communément d'une nuance très-foncée et presque noire, ses côtés et son ventre brillent d'une couleur argentine très- resplendissante, surtout lorsque le tétrodon est exposé aux rayons du soleil.
Mais ce n'est pas seulement pendant le
i. Motte, dans plusieurs départements méridionaux ; meule , bout, dans plusieurs contrées d'Espagne; mole bout; tunm de mer; poisson iFmrgtnl ; sunfish, en anglais*
jour qu'il répand qu'il ne doit alors clarté étrangère :
de sa propre luiniè qu'un très-grand plus vivement qui maux, une spleiu tient de la matière prégné. Cette sp]
{dus vive que la n orsque le poisson de la surface de émane de presque corps , et qui est rendue ondulante qu'elle traverse, cette clarté tremb plit l'atmosphère, voilée par des m s'approchent , au n ses, des rivages d< nage le tétrodon d
éprouvent souvent un moment de surprise en jetant les yeux sur ce disque lumineux, et en le prenant , sans y songer, pour l'image de la lune, qu'ils cherchent cependant en vain dans le cf dus de cette espèce tr guant assez prés les ui plient cette sorte d'il lumineuses, nombrec que présentent ces poi spectacle d'autant plus trodons peuvent être parviennent, en effet quatre métrés, ou m pieds; et comme leu prés égale à leur Ion qu'ils peuvent montre; surface resplendissant pieds carrés. On assur on prit, sur les côtes don lune qui avoit vin de longueur, et qui , roissoit pendant la nu lumineux de plus de q rés de surface.
Tout le monde sait que les objets opaques et non resplendissans ne disparoissent pendant le jour, et n'échappent à une bonne vue , qu'à peu prés à la distance de trois mille six cents fois leur diamètre. Le tétrodon lune péché sur les côtes d'Irlande auroit donc pu être aperçu, pendant le jour, à la distance au moins de quatorze mille toises , s'il avoft été placé hors de l'eau de la manière la plus favorable.
Mais, pendant la nuit, dans quel éloigne?
LE TETRODON LUNE.
t bien plus grand à proportion ne voiton pas le corps lumineux le plus petit I Cependant, comme l'eau, et surtout les vagues agitées de la mer, interceptent une très-grande quantité de rayons lumineux , on ne doit voir de très-loin les plus grands tétrodons lunes, malgré toute leur phosphorescence, que lorsqu'ils sont très prés de la surface des mers, et que l'on est placé sur des côtes, ou d'autres points trésélevés, cette double position ne laissant aux rayons de lumière qui partent de l'anima) et aboutissent à l'œil de l'observateur qu'un court trajet à faire au travers • des couches d'eau.
Lorsque le tétrodon lune est parvenu à de giandes dimensions , lorsqu'il a atteint la longueur de plusieurs pieds, il pèse quelquefois jusqu'à cinq cents livres ; et on a pris, en effet, auprès de Plymouth, il n'y a pas un très-long temps, un poisson de cette espèce , dont le poids étoit de cinq cents livres, ou prés de vingt-cinq myriagrammes.
Les tétrodons lunes peuvent donc , relativement à la grandeur, être placés à côté des cartilagineux dont les dimensions — - i- ■> - * — ± — ime ]eurs
tendues à , on peut des granigalement er un dé- )ique dans :nt la loncs surpasnt reçu ni iscles sont ces squa- , quoique et fortes, ttite pour qu'ils aient jamais pu contracter l'habitude de poursuivre un ennemi redoutable , et de Hvrer des combats hasardeux *.
Les nageoires pectorales sont assez éloignées de l'extrémité du museau, et leur mouvement se fait de haut en bas , beaucoup plus que d'avant en arriére. Celle du dos et celle de l'anus sont très-allongées, et composées de rayons très-inégaux, dont les plus antérieurs sont les plus longs. La nageoire de la queue peut être comparée à
I, Le plus grand diamètre de la bouche n'était
Sue'd'un pouce et demi dans un individu long e trois pieds un pouce. {Note communiquée par M. Cttvier.)
une bande étroite placée à la partie postérieure de l'animal , que l'on seroit tenté de regarder comme tronquée ; et elle est étroitement liée avec les nageoires du dos et de l'anus par une membrane commune à ces trois organes, ce qui distingue particulièrement le tétrodon lune de tous les autres cartilagineux de son genre \
La hauteur de ce poisson est presque égale à sa longueur. Il est cependant dans celte espèce une variété plusieurs fois observée, et dans laquelle la longueur est double de la hauteur. Indépendamment de cette différence très-notable dans les dimensions, cette variété présente une petite bosse ou saillie au-dessus de ses yeux, et à une distance plus ou moins grftnde de l'extrémité du museau. Au reste, je me suis assuré, par l'observation de plusieurs tétrodons lunes, que des individus de l'espèce que nous examinons présentoient différentes figures intermédiaires entre celle qui donne la hauteur égale à la longueur , et celle qui produit une longueur double de la hauteur.
Mais cette espèce ne varie pas seulement dans sa forme, elle varie aussi dans ses couleurs; et nous avons trouvé parmi les manuscrits de Commerson le dessin d'une lune , dont la longueur est presque double de la hauteur, qui n'a pas cependant d'élévation particulière au-dessus du museau , et qui , au lieu des nuances que nous avons déjà exposées, est peinte de couleurs disposées dans un ordre remarquable. Un grand nombre de taches irrégulières, les unes presque rondes, les autres allongées, sont distribuées sur chaque face latérale de l'animal, et s'y réunissent plusieurs ensemble de manière à y former, surtout vers la tête et vers les nageoires pectorales, des bandelettes qui , serpentant dans le sens de la longueur ou dans celui de la largeur de la lune , se séparent en bandelettes plus petites, ou se rapprochent et se touchent dans plusieurs endroits, et sont presque toutes ■ couvertes de petits points d'une couleur très-foncée. Mais quelles que soient les couleurs dont la lune soit peinte , sa peau est épaisse, tenace, et revêtue le plus souvent de tubercules assez sensibles pour donner un peu de rudesse à ce tégument.
Immédiatement au-dessous de la peau
I. Aux nageoires pectorales. 12 oui 3 rayons, à celle du dos. . . . lloulî à celle de l'anus. • .11 à celle de la queue. . 17 oui S
LB TÉTRODON LUNE.
proprement dite, se trouve mie couche assez considérable d'une substance qui a été très-bien observée par mon confrère M. Curier, dans une lune qu'il a disséquée. 'Cette matière est d'une grande blancheur, assez semblable au lard du cochon, mais plus compacte et plus homogène > lorsqu'on la presse, .elle laisse échapper beaucoup d'eau limpide ; elle se desséche sans se fondre ', quand on l'expose à la chaleur ; et si on la fait bouillir dans l'eau , elle se ramollit et se dissout en partie.
M. Guvier a tu aussi dans la cavité de l'orbite de l'œil , et contre cet organe , un tissu remarquable, composé de vésicules, lesquelles sont formées de membranes molles et un peu distinctes, et sont remplies d'une substance semblable à du blanc d'œuf par la couleur et parla consistance. Ce tissu a un très-grand nombre de vaisseaux et de nerfs propres, et cède à la moindre impression.
L'ouverture de la peau, au travers de hquejle on aperçoit en partie le globe de l'œil, n'a ordinairement, dans son plus grand diamètre , que la moitié de celui de ce globe. Elle est garnie intérieurement d'uue sorte de membrane molle et ridée ; el autour de cette ouverture on découvre, immédiatement au-dessous de la peau , un anneau -charnu, derrière lequel l'animal peut retirer son œil, qui est alors caché par la membrane ridée comme par une paupière.
L'on doit encore observer, dans l'organe de la vue du tétrodon lune, deux parties qui ont été très-bien décrites par M. Cu- \ierf ainsi que celles dont nous venons de parler. Premièrement, on peut voir une glande rougeâtre, un peu cylindrique, irrégulièrement placée autour du nerf optique , à l'endroit où il a déjà pénétré dans le globe de l'œil , recouverte par la membrane intérieure de cet organe , à laquelle le nom de choroïde a été donné , et tenant à la membrane plus intérieure encore de ce même organe par un très-grand nombre de petits vaisseaux blancs, qui serpentent de manière à former un sorte de réseau.
Secondement il y a une espèce de poche ou bourse conique , composée d'une membrane très-mince , d'une couleur brune , et qui va depuis le nerf optique jusqu'au cristallin , en paraissant occuper un sillon de l'humeur vitrée.
Au reste , les nerfs optiques se croissent au-dessous du cerveau, sans se confondre : le droit' passe au-dessus du gauche pour
aller jusqu'à l'œil ; et ils sont l'on et l'autre très-renflés, et comme divisés en plusieurs filets , à l'endroit du croisement.
La cavité du crâne est près de dix fois plus grande qu'il ne le faut pour contenir le cerveau. Elle forme un triangle isocèle dont la pointe est vers le museau , et dont les côtés sont courbés irrégulièrement. A chaque angle de la base, cette cavité s'agrandit pour renfermer l'organe de l'ouïe.
Le diamètre de l'estomac n'est guère plus grand que celui du reste du canal intestinal. Ses membranes, ainsi que celles du duodénum et du rectum, sont fortes et épaisses ; et ce canal alimentaire renferme souvent, ainsi que celui d'un très-grand nombre de poissons, une quantité considérable de vers intestinaux de différentes espèces.
Les reins sont situés dans la partie supérieure de la cavité abdominale ; ils se terminent vers la tête par deux longs prolongemens; ces prolongations sont reçues dans deux sinus de la cavité de l'abdomen ; ces sinus sont séparés l'un de l'autre par une cloison musculeuse, et ils s'étendent horizontalement jusqu'auprès des yeux.
Le péritoine contient une grande quantité d'eau salée et limpide, qui a beaucoup de rapports avec celle que l'on trouve dans la cavité abdominale des raies, des squales, des acipensères, et d'autres poissons cartilagineux ou osseux, et qui doit y parvenir au travers des membranes assez perméables des intestins et d'autres parties intérieures du tétrodon lune.
Le foie est très-grand : il occupe presque la moitié de la cavité abdominale, et est situé dans la partie supérieure de cette cavité, au-dessous des reins. Il est d'ailleurs demi-sphérique , jaune, gras, mou, parsemé de vaisseaux sanguins; il ne parott pas divisé en lobes, et on le dit assez bon à manger.
La chair de la lune n'est pas aussi agréable au goût que le foie de cet animal ; elle déplaît non-seulement par sa nature en quelque sorte trop gluante et visqueuse, mais encore par l'odeur assez mauvaise que répand le tétrodon pendant sa vie, et qu'elle conserve souvent après avoir été préparée ; elle fournit par la cuisson une quantité assez considérable d'huile bonne à brûler, mais dont on ne se sert presque pas pour les alimens : aussi la lune est-elle peu recherchée. Lorsqu'on veut la saisir, elle fait entendre , de même que la plupart des tétrodons, et plusieurs autres poissons osseux et cartilagineux . un bruissement tréa»
marqué ; et comme cette sorte (le bruit est souvent assex grave dans le tétrodon lune , on l'a comparé au grognement du cochon ;
LE TÉTRMGflt LtJH».
et voilà pourquoi la lune a été i
porc, même dés le temps des anciens
Grecs.
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