ET LE SYNGNATHE PIPE
' L'aiguille habite, comme la trompette, dans l'Océan septentrional; elle présente la même conformation , excepté dîuis le nombre des faces de sa cuirasse , qui offre sept pans longitudinaux autour de son corps proprement dit , tandis qu'on n'en compte que six sur le fourreau analogue de la trompette* Elle parvient d'ailleurs à une grandeur plus considérable ; elle a quelquefois trois pieds de long; et l'on voit,^ sur presque toute sa surface , des taches et des bandes transversales alternativement brunes et rougeâtres. Son anus est un peu plus rapproché de la tête que celui de la trompette, et l'on a écrit que la femelle donnoit le jour à soixante-dix petits1.
Le syngnathe tuyau a autour de son corps une longue enveloppe à sept pans, comme l'aiguille ; mais il s'éloigne de la trompette plus que ce dernier poissou : il n'a point de nageoire de l'anus2. On le trouve, dans des mers bien éloignées l'une de l'autre : on le
l. A la membrane des branchies
du syngnathe aiguille . . . 2 rayons à chaque nageoire pectorale. • 14
à celle du dos. 36
à celle de l'anus 6
à celle dé la queue. . . . 10 2. Il y a à la nageoire du dos
du syngnathe tuyau. . 31 rayons, aux nageoires pectorales . 1 4 à celle delà queue. . 10 a la cuirasse qui recou- '
Tre le corps- . . • 18 anneaux, à celle qui revêtla queue. 32 Il parolt qu'on a compté vingt-cinq anneaux dans une variété de cette espèce , vue auprès de la Caroline,
voit en effet dans la mer Caspienne, dans celle qui baigne les rivages de la Caroline, et dans celle dont les flots agités par les tempêtes battent si fréquemment le cap de Bonne - Espérance et les côtes africaines voisines de ce cap. On l'observe souvent au milieu des fucus; il est d'un jaune foncé , plus clair sur les nageoires du dos et de la queue, et relevé par de petites bandes transversales brunes.
La forme de la tempette se dégrade encore plus dans le syngnathe pipe que dans les deux autres cartilagineux de la même famille, décrits dans cet article. La pipe n'est pas seulement dénuée de nageoire de l'anus ; elle n'a pas même de nageoires pectorales*.
SUPPLEMENT A L ARTICLE m
DO SYNGNATHE TUYAU.
Nous avons vu que le syngnathe tuyau habitoit dans des mers trés-loignées l'une de l'autre, et particulièrement dans la Caspienne, auprès des rivages de la Caroline, et dans les environs du cap de Bonne -Espér ranec. Nous avons reçu de M. Noël de Rouen plusieurs individus de celte même * espèce de syngnathe, quiavoient été péchés auprès de l'embouchure de la Seine. «Les • tuyaux, nous écrit cet estimable observateur, sont péchés sur les fonds du Tôt, » de Quillebeuf, de Berville, de Grestain.» On les prend avec des guideaux, sorte de filet dont nous parlerons à l'article du gade colin. M. Noël les a nommés aiguillettes, ou petites aiguilles, parce qu'ils ne parviennent guère, près des côtes de la Manche, qu'à la longueur de deux décimètres. Le corps de ces poissons représente une sorte de prisme à sept faces; mais les trois pans supérieurs se réunissent auprès de la nageoire dorsale, et les deux inférieurs auprès de l'anus , de manière que la queue proprement dite n'offre que quatre faces longitudinales. La couleur de ces cartilagineux est d'un gris pâle, verdâtre dans leur partie supérieure, et d'un blanc. sale dans leur partie inférieure. M. Noël a vu dans l'œsophage d'un de ces animaux une petite chevrette qui , malgré son peu de volume, en remplissoit toute la capacité, et