‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 79 sur 658 · LE GYMNOTE ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

LE GYMNOTE ÉLECTRIQUE

dirigent *ers le» ailerons et le» muscle» de la nageoire de l'anus, et se perdent , après avoir répandu des ramifications dans cette même nageoire , dans ses muscles , dans le petit organe et dans le grand organe élec* trique.

Les rameaux qui entrent dans les organes électriques sont,- à la vérité, très-petits; mais cependant ils le sont moins que ceux de toute autre partie du système sensitif.

Tels sont les canaux qui font circuler, dans les quatre instramens du gymnote, le principe de la force engourdissante ; et ces canaux le reçoivent eux mêmes du cerveau, d'où tous les nerfs émanent. Et comment on effet ne pas considérer, dans le gymnote, ainsi que dans les autres poissons engourdissans, le ceneau comme la première source de la vertu particulière qui les distingue , lorsque nous savons, par les expériences d'un habile physicien , que la soustraction du cerveau d'une torpille anéantit Félectiicité ou la force torporifique de ce cartilagineux , lors même qu'il paroi t encote aussi plein de vie qu'avant d'avoir subi cette opération , pendant qu'en arrachant le cœur de cette raie , on ne la prive pas. avant un temps plus ou moins long, de la faculté de faire éprouver des commotions et des U emblemens ?

Au reste, ne perdons jamais de vue que . si nous ne voyons pas de mammifère . de cétacée, d'oiseau, de quadrupède ovipare, ni de servent , doués de cette faculté électrique ou engourdissante, que l'on a cl ja bien constatée au moins dans deux, poissons cartilagineux et dans trois poissons osseux , c'est parce qu'il faut , pour donner naissance à cette (acuité, et l'abondance d'un fluide ou d'un principe quelconque que les nerfs paroissent posséder et fournir, et un ou plusieurs instrument organisés de manière à présenter une très-grande surface , capables par conséquent d'agir avec efficacité sur des fluides voisins1, et composés d'ailleurs d'une substance peu conductrice d'électricité , telle , par exemple , que des matières visqueuses, huileuses et résineuses. Or, de tous les animaux qui ont un sang rouge et des vertèbres , aucun , résente» comme

te l'on dévoit dégrand nombre de 'accroisuniienl que corps exercent sur nt , la division de parties, et par eonr Kurface*

les poissons, nue quantité plu! ou moine grande d'huile et de liqueurs gluantes et visqueuses.

On remarque surtout dans le gymnote engourdissant une très-grande abondance de cette matière huileuse, de cette substance non conductrice, ainsi que nous l'avons déjà observé. Cette onctuosité est très-sensible, même sur le membrane qui sépare de chaque coté le grand organe du petit ; et voilà pourquoi , indépendamment de l'étendue de la surface de ses organes torporifiques, bien supérieure à celle des organes analogues de la torpille, 11 paroit posséder une plus grande vertu électrique que cette dernière. D'ailleurs il habite un climat plus chaud que celui de cette raie , et par conséquent dans lequel toutes les combinaisons et toutes les décompositions intérieures peuvent s'opérer avec plus de vitesse et de facilité : et de plus, quelle différence entre la fréquence et l'agilité des évolutions du gymnote, et la nature ainsi que le petit nombre des mouvemens ordinaires de la torpille i

Mais si les poissons sont organisés d'une manière plus favorable que les autres animaux à vertèbres et à sang rouge , relativement à la puissance d'ébranler et d'engourdir , étant doues d'une très-grande irritabilité, ils doivent être aussi beaucoup plus sensibles à tous les effets électriques, beaucoup plus soumis au pouvoir des animaux torporifiques, et par conséquent plus exposés à devenir la victime du gymnote de Surinam ».

• Cette considération peut servir à expliquer pourquoi certaines personnes, et particulièrement les femmes qui ont une fièvre nerveuse, peuvent toucher un gymnote électrique sans ressentir de secousse ; et ces faits curieux , rapportés par le savant et infatigable Frédéric- Alexandre Ilumboltz, s'accordent avec ceux qui ont été observés dans la Caroline méridionale par Henri Collins Flaggt Iftiprè» ce dernier physicien, on ne peut pas douter que plusieurs Nègres, plusieurs Indiens, et d'autres personnes, ne puissent arrêter le cours de h vertu électrique e* engourdissante do gymnote de Surinam, et interrompie nne chaîne préparée peur sou passage ; et cette

i. C'est par une raison semblable que , lorsqu'une torpille ne donne plus de commotion sensible, on obtient fies signes de la vertu qui lui reste encore , en soumettant à sdh action une grenouille préparée comme pour les expériences gabaai^utts.

Lli GYMNOTE ÉLEGTKIQUE.

interruption a été produite spécialement par une femme que l'auteur connoissoit depuis long-temps , et qui avoit la maladie à laquelle plusieurs médecins donnent le nom de fièvre hectique.

C'est en étudiant les ouvrages de Galvani, de Humboltz, et des autres observateurs qui s'occupent de travaux analogues à ceux de ces deux physiciens, qu'on pourra parvenir à avoir une idée plus précise des ressemblances et des différences qui existent entre la vertu engourdissante du gymnote , ainsi que des autres poissons appelés électrique*, et l'électricité proprement dite. Mais pourquoi faut-il qu'en terminant cet article, j'apprenne que les sciences viennent de perdre J'un de ces savans justement célèbres, M. Galvani , pendant que Humboltz, commençant une longue suite de voyages lointains , utiles et dangereux r nous force de mêler l'expression de la- eeainté que le sentiment inspire, à celle des grandes espérances que donnent ses lumières, et de la reconnoissance que l'on doit à sob zélé toujours croissant !

LE GYMNOTE PUTAOL.

Ci gymnote ressemble beaucoup à l'électrique ; indépendamment d'autres traits de conformité, il a de même la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure. Sa lète est petite, sa queue courte , sa couleur jaunâtre , avec des raies transversales, souvent ondées et brunes , ou rousses , ou blanches. Il vit dans les eaux du Brésil*.

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