AVERTISSEMENT
DE I. AUTKÉ K.
Personne ne sent plus vivement que moi , combien la mort de M. le comte «Je Buffon m’a privé d’un puissant 1 Jpcours pour l’ouvrage- dont je publie aujourd'hui le second volume-, et que je n 'aurais jamais entrepris s'il De s’était engagé à m'éclairer dans la route qu'il m’avait indiquée lui -même en me chargeant 'de' continuer Y Histoire Naturelle. '.Quelquetemps avant cet événement funeste aux lettres, l'utr des coopéhateurs de M. de Buffon , l'éloquent autéur d’une partie de l'Histoire des Oiseaux, et du Discoürs préliminaire de la Collection académique, avait été enlevé aux sciences, et sa mort avait fait évanouir les grandes espérances qu'avaient conçues les amateurs de l'Histoire naturelle., ainsi qué l’espoir particulier que j'avais fondé sur ses connaissances et la bonté de soq caractère'. Heureusement' pour moi , l’on dirait que plusieurs naturalistes de France Ou dés pays étrangers, et particulièrement ceux qui viennent d’entreprendre de grands voyages pour l’avancement des 'sciences, ont cherché à diminuer les pertes'qùe j’aî faites, en m'envoyant ou en me promettant un- trèsgrand nombre d’observations importantes. C’est avec bien de la reconnaissance que je les remercie ici et des ^ bienfaits que fai déjà reçus^ et de ceux que je dois recevoir encore. J’ai fait usage de quelques-unes de ces Licipp.DK. Toine IV. t
a AVERTISSEMENT
observations dans le volume que je publie aujourd'hui, et j'emploierai les autres dans ceux qui le suivront. M. le marquis de la Dillardrie, successeur., de M. de Buffon dans la place d’intendant du Jardin de Sa Majesté , et qui se propose de ne rien négliger pour l'avancement * des sciences naturelles , tant par l'étendue de ses correspondances, que par les différents voyages qu'il pourra faire faire dans les pays les plus intéressants pour les naturalistes , a eu aussi la bonté de me promettre les différentes observations qui lui arriveront directement, et qui pourront être relatives à mon travail. D'ailleurs M. de Buffon m’avait remis, dans le temps, les notes, les lettres et les divers manuscrits qu’il avait reçus à différefites époques, au sujet des animaux dont je devais publier l'histoire. Deux mois avant sa mort, il voulut bien me remettre encore tous les manuscrits et les' dessins originaux que feu M. Commerson, trèshabile naturaliste, a composés ou fait exécuter, relativement aux diverses classes d'animaux, pendant son séjour dans l'île de Bourbon , où il avait été envoyé par le gouvernement. M. de Buffon a publié la partie de ces manuscrits qui conçerne les quadrupèdes vivipares et Ifej oiseaux, et je serai d'autant plus empressé d'enrichir mon ouvrage de ceux qui traitent des autres animaux, que les naturalistes les attendent depuis long-temps avec impatience.. De plus, M. le comte de Buffon, fils du grand-hoinuie que nous regrettons, et qui, entré ■avéc honneur dans la carrière militaire, fera briller au milieu des armes, un nom rendu immortel par la gloire des lettres, a bien voulu, ainsi, que .son .oncle, M. le’ chevalier de Buffon , officier supérieur distingué par ses services et connu depuis long-teiups par son goût pour
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les sciences et les beauts-arts, nie communiquer toutes les notes qui se sont trouvées Hans les papiers de feu M. le comte de Jîuffon , et qui pouvaient m’être utiles pour la continuation de l'Histoire naturelle. Mais ce qui est pour moi l’an des plus grands encouragements, ce sont les rapports que j’ai l'avantage d’avoir avçc M. Daubenton ;' fc’est l’amitié qui me.lje aveç ce célèbre naturaliste, dans les lumières duquel j'ai trouvé tant de secours, et que je me plairais tant à louer, si je pouvais, sans blesser sa modestie, répéter très-près de lui ce que la voix publique fait retentir, partout où l’on s’intéresse au progrès des sciences naturelles. Le monde savant l’a vu avec regret cesser, dans le tertips, de travailler à l'Histoire naturelle conjointement avec M. de Buffon, et suspendre la description du Cabinet dp Sa Majesté; aussi in'empressé-je d'annortcer au public qu’il jouira ■ bientôt de la continuation de cette partie de l’Histoire naturelle, que M. Dâubenton se propose de reprendre au point où des circonstances particulières l’ont engagé à l’interrompre. '