DE BUFFON
souvent, entendu cette voix imposante et enchanteresse; ils répétèrent leurs tendres plaintes sur ce même rocher antique contre lequel venaient se briser les flots de. la mer agitée, et où leur maître assis comme le. maître des dieux sur le sommet du Mont- Olympe , leur avait si souvent dévoilé les secrets de la science et Ceux de la vertu. Ils consacrèrent ce Mont à leur père chéri; ils en firent, pour ainsi- dire, un lieu saint : ét pour charmer leur peine, diminüer leuf perte,, et se retracer avec plus de- force les vérités sublimes qu’il leur avait montrées, ils chantèrent un hymne funèbre, et peignirent dans leurs chants tristes et lugubres .et son génie' et leur doiileùr.
Que ne ponvons.-npus aussi , nous tous qui consacrés à l’étude de l’Histoire naturelle, avons reçu les leçons , avons entendu la voix du Platon moderne, chanter en son honneur un hymne funéraire! Rassemblés des divers points dtr globe où chacun de nous a conservé cet amour de la nature qu’il savait inspirer si vivement à ses- disciples, que ne pouvons-nous pénétrer tous ensemble jusqu'au milieu des plus anciens monuments élevés par cette nature puissante, porter nos- pas vers ces pibnts. sourcilleux dont- les cimes toujours couvertes de neiges et de frimas, dominent sur les nuées et semblent réunir le ciel avec lâ. tèrre ! . C’est sur ces masses énormes, sur ces blocs immenses de granits, que les siècles ont attaqués en vain et qui seuLs paraissent avoir résisté aux combats des éléments, et à toutes les révolutions