‹ Œuvres du comte de Lacèpède ... dirigéeChapitre 59 sur 180 · L. . • TW · texte numérisé non relu

L. . • TW

a beauté «les couleurs a été açCofdée à ce serpent jTulî des plus venijneux des entrées orien-

Q ) Cobra de Cabelo ou dé Capeilo , par les Portugais. J

Le Serpent à Lunettes , M. Daubonton , Encyclopédie méthodique. * Coluber Naja, Linn. , amphi b. Serpent. * *< •

Naja „ Kerapler. . Aitiœnitamo» cxoticaruui fa$cicalus 5 , obært. 9 , p. 565.

Naja lutescens, 197, Lautehti Specimen medicuni. O '

Naja smmeasts , 100 , ibro. • • *

• Naja mandata , 901 , ibld.~ „ . ■ * .*

Solw , ,ir>in. I, pl. 44 . ûg- «■ Totu, U, pl. 8>J , fi* > et a ; pl. yo,

âg^i 4 pt. 94 , qg. t , et pi. 97 , «|. tt • ,

Serpeni hiJîcus communs . K.i t Synopsis Serpentini generfs , p. 336. Le Serpent k innettes , Serpent ronronne. I)ict. «l'Histoire naturelle, par 'M/Talmont de Bomarf. .

y ipera indien vittata geeticularia' Catal. mus. ind. * •

ripera prie a ta Lacérant. Tome IV.

|q/, lli STor^E ,« A TU R E LU E

taies. Bien loin que sa vue inspire de l'effroi à ceux qui ne connaissent pas l’activité de son poison , on le' contemple avec une sorte' Je plaisir, on I admire; et, pendant que le brillant de ÿeseçailles, ainsi que la vivacité des couleurs dont elles sont parées , •attachent les regards, ‘la (forme singulière du reptile attire l'attention : on a même cru voir sur sa tête une ressemblance grossière avec les traits de l’homme; et voHà donc l’image b plus noble qui a pu paraître légèrement empreinte -sur la lace d’un reptile vénéneux. Ce cont|ÿtste a dû plaire à lïmagiuation des Orientaux, toujours amie de l’extraordinaire; il a peut-être séduit les premier^ voyageurs qui ont vu le serpent à lunettes, et ifs ont peut-être éprouvé une sorte de satisfaction à retrouver quelques traits de la ligure humaine sur un être aussi malfaisant, de même que les anciens poètes se. sont presque tous accordés à donner ces mêmes traits augustes aux monstres terribles et fabuleux, ebfants île leur génie , et non de la Nature. ; • ,t

Mais silr quoi peut être fondée cette légere.apparence? Sur une raie d’une couleur ‘différente c|e celle du corps clé l’aiHirtal, et qui est placé» sur le cort du serpent à. lunettes, s’y replie en avant des deux côtés, et £e termine par deux espèces de crochets tournés en dehors. Çes crochels •colorés sont quelquefois prolongés de manière à former un cercle; faisant ressortir là couleur du fond qu’ils renferment, ils ressembjenï imparfaitement à deux

. büS SERPENTS. ip5

yeux, atwlessn% desquels la ligne recuiirliéc> semblable aux traits grossiers, aux prettnères ébauches des jeunes dessinateurs, représenti' vaguement un nez; et ce qui a ajouté à ces légères ressemblances, c’est qu’elles sé .montrent sur la partie antérieure du tronc . ou sur le Cou du serpent, et que cette partie antérieure ést tellement élargie et aplatie, proportionnellement au refcte du corps, qu’elle paraît , être la tète de l'animal, b’en croit de loin voir les yeux du serpent au

milieu de ces crochets de couleurs vives dont nous * > •*'*»’ '*’»

venons de parler, quoique cependant la véritable

tète «ù sont réellement les Veyx' et les narines, soit placée au-devant de cette extensiôn'singullère du cou- . ‘ '

La- ligiie recourbée et terminée par deux crochets, ressemble asséz à des ' lunettes , et c’est ée qui a fait donner depuis àu serpent naja, le nqin dc^Serpcnt à lunettes , que nous lui couservons ici. Mais pour mieux' distinguer le reptile#dont nous traitons daift cet article, et qui habite les grandes Indes, d’avec les serpents à luueltes d’Amérique, dout il sera question dans l’artiijle -suivant, nous avoxis cru devoir réunir gu nom. très-connu de , Serpent à luuettqs, celui de Naja, dont se servent les naturels du pays où Qn le rencontre, et qui a été adopté par plusieurs auteurs* et particulièrement par M. Liuncé.

On a écrit qu’ïl y gvait un assez grand nombre d’espèces de serpents à lunettes.; des naturalistes

ig6 IH.S-Tb.rttE Il Ê ILE

en ont compte jusqu’à six; mais,. en examinant «le près les différences siip. lesquelles ils se' sont fondés; il nous a paru qu'on ne devait en compter que «leux ou trois; le Serpent à lunettes «ni le Naja," dont il est ici question; le Serpent à lunettes du Pérou ,:et celui du BrésH, qui peut-être rntme ne diffère qye très-légèrement de 'celui du Pérou. .Toutes les variétés qùe ifous rapportons au naja^ ne Sont que des suites de la diversité d’âge, de sexe iîu de £Kmat';.fet, pat- exemple, ou a te Présenté dans Séba(i); deux petits serpents à lunettes dés Inde* orientales, qtii ne me paraissent que «le jéiines .naja «le l’espèce ordinaire; ils ne différaient de* naja' adulte» que par l'extension du cou, qui était peu sensiblé, ce qui n’annoneait qu’un âge peu avancé-, et par la teinte on la distribution dé leurs -coulêWs; fifn était d'iiy çendeé-jaunâtre, cerclé de bandes transversales poutpres, et 'arrangées dé manière. que, de quatre èn quatri*, JlS'en avait «tncîpluS large que letf- autres (a); le second avait des couleurs moins distinctes , et peut-^tre avait été pris dans un temps voisin de eeltii de sa mue. \ ' ' • •*

ï,es nàja adultes paraissent tüuti jaune plus oir moin? roux-, ou plus eu moins cendré, suivant l'âgé’, ht saison, et I» force de l’individu. Ils il 'ont pas ‘plusieurs bandes Transversales |K>urpre«, mais

, (tysüm, lum. U, pi. 3. O |>1.97j 3« ,

■ (4) M. Ijurcnli • cru cd devoir laiic. une opère dulim le MiU»lr uu«U ilr

Nnja k b»mtr> ( finjn'Jatciata ). . ’ 1 ‘ '

au-dessus de la partie rèidlee de leur jcou, on voit un collier assez large* et d’un brun-sombre qui disparaît quelquefois presque en entier sur les naja conservés dans l'esprit-de-vin. Cette belle couleur jaune qui brille sur le dos du serpent à lunettes, s’éclaircit sous le ventre, où elle devieut blanchâtre , .mêlée quelquefois d'une teinte de rouge; les raies qui forment sur son cou un croissant dont, les deux, jointes se replient ep dehors et en crochets, «le manière à imiter des lunettes, sont blanchâtres, bordées «les deux côtés, d’une couleur foncée. Quelquefois çes nuances s’altèrent après la mort de l’animal, c$ qui a donné-lieu à bien des fausses descriptions. Le sommet de la tète est couvert pat neuf plaques ou grandes écailles j disposées sim quatre rangs, deux au premier, du côté dü, museau, deux au second, trois au ^Iroisième, et deux ail quatrième (j). Les yçtyx. sont vifs et pleins de feu; les éGailles sont ovales, plates et très-allongées, elles ne tiennent à la peau -que par une portion de leur contour, et u parait çjtip le serpent peut les redresser d’une manière très-sensible; elles-ng.se touchent pas âp-dessUs la partie élargie du cou-, ellesy forment des rang$ longitudinaux un peu séparés les uns des autres, et laissent voir la peau nue , qui ust

(4J Voilà «in nouvel nxrmple de ce que qom afons dit à l'article ue là

Nomenclature des .Serpents;’ fous ceux qui ont des dent) «roeiiue* , grandes et mobiles, et qui son I rrniipeux , -«'ont pas le dessos delà tète garni d’êt ailles semblables à celles du do*.' • * .

198 HisTariflE natubelle

d’un jaune blanchâtre;, ét comme cette peau est moins brillante que les écailles qui , étant grandes et plates, réfléchissent vivement la lumière, ces écailles ])araissent souvent comme autant de facettes resplendissantes disposées avec ordre, èt qui ' présentent une couleur d’or très.-èclatante, surtout lorsqu'elles sont éclairées. par les rayons «lu soleil. •'

L’exteûslon dont nous venons de parler est.formôe par les côtes, qui, à l’endroit de cet élargissement, sont plus longues que dans les autres parties du côrps- du serpent, et ne se courbent d’une manière sensible qu a une plus grande distance de l’épine du dos; mais d’ailleurs le naja peut goqfler et étendre, à volonté une membrane assez lâche qui couvre ces- côtes et que Kem.pfeC a comparée à lies espèces d'ailes. C’est surtout lorsqu’il est- irrité, qu’il .l’énSe et qn augmente U| volume;. et lorsque alors il* Se redresse en tenant toujours horizontalement sa tète, qui est placée au-devant de cette extension membraneuse , 'on dirait qu’il 'est .coiffé d’une. sorte de chaperon que l’on a mètne comparé à line courdnitei, Pt voilà pourquoi on a donné » ce dangereux , mais cependant très-bel animal, le nom Ae Serpent à chaperon, ainsi que celui de Serpent couronné.

.La feineUe-(i) est distinguée aisément du mâle, parce qu’elle û’a pas sur, le Cou la; raie, contour-

-rt : •

(l) Srba , lotir. Il , pl. 1)0 , fif|. * . r» pT. Ijj , lig.

U K S S.F.ttl'KK'l'S. I<)9

née «I disposée en croissant ,■ dont les pointes se terminent en crôcliets tournés en dehors, et d’après laquelle on a donné à l’espèce le nom de Serpent à lunettes; mais elle. a. de chaque côté du cou, comme le mâle, une extension méinbraneose soutenue par de longues côtes; elle peut également en étçndre le volume ; elle

• - '~Sl ,•* i . > '

couleurs dorées, et elle a porté, de Serpent à couronne (i).

Les naja ont ordinairement trois ou quatre pieds de longueur totale; celle de l’individu que nous avons décrit, et qui est au Cabinet du. Moi, est de quatre pieds quatre pouces six lignés; l’extension membraneuse de stm cou a. plus de trois « . . • , *

pouces de largeur. Il a cent quatre-vingt-dix-sept grandes plaques sous de coéps, et cinquanté-hpit paires «le petites plaques sous la queue, qui n’est .longue que de sept pouces dix lignes. Celui que M. Lin née a décrit avait ceôt quatre-vingt-treize ' grandes plaqués, et soixante paires de petites.

Le naja est féroce, et pour peu qu’on diffère de prendre l’antidote de son venin, samorspre est mortelle ; l’on expire daps .tles convulsions, pu la partie mordue contracte une gangrène qu’il est presque impossible de guéHr; aussi dé tous les seépents, est-çe celui que les Indiens, qui' vont nu-pieds, redoutent le plus. Ijorstpie ce terrible

(i) M. Laurent! u fait de la femelle du Naja, 'uni ëapêoe distincte qu’j! a ounuuée Naja non Naja* * * . ’ *

brille «les mêmes également le nom

.reptile veut se Jeter sur quelqu'un, il se redresse avec fierté, fait briller des yeux étincelants, étend ses membranes en signe dé coléré, ouvre 1^ gueule, et, m’élance avec rapidité en montrant la pbinte acérée, de ses crochets venimeux. Mais, .malgré sès. armes funestes, les jongleurs iudi'eus sont parvenus à le dompter de manière à le faire servir de spectacle à un peuple crédule, de même que 'd’autres charlatans l’Égypte moderne, à l'exemple de charlatans plus anciens de l'antique Ejgÿptç, des Psylles de Cyrène, et des Ophiogènes <le -Chypre, maiiicnt sans crainte, tourmentent imputiémont de grands serpents, peut-être même venimeux, les serrent fortement auprès du cou, évitent par-là Jeur morsure ; déchirent avec leurs dents et dévorent tout vivapts ces énormes reptiles* •• qui; sifilaut .de rage et* se repliant autour de leur oorps , ‘font de . vains efforts pour leujr éçhapperfj'). . . „ . # . <

(i) Ifttre» de M. ftatary sur l'Égypte, vol. I /page 6î. ^ *• .

^oye» aussi hi passage suivant de Shaw , feprf. II , cbap. 5. . On ma

• assuré qu’il J avait plus de quarante mil!/ persohne» au grabd Cadre et ' daçs le* villages des' environ», qui qç mangeaient attire t«bo»r qdt* des

- lézarda qu des serpents. Cette façon singulière Me, se noufrir leur vaut t

• entre autres , le privilège et l’hopneur Insigne* de marcher îtmurdla* .

- tinrent auprès' des tapiaârrics brodées de soie notre , qu'un Fabriqua u tons le» tÉtr» an gtand Càire pour 1* Kaaba de U Mecque , et qu’on v*

« pntidre.au château pour les, promener eu procession avec grand* popipe

•• et cérémonie , dans les mes 3e la ville. Lorsque ces processions se foçt ,

« il. y a toujours un grpnd nombre de cea gehs qui l’accQmpagueut en

- chaulant et èli dansant , et frisant , par iutereallé» réglés . tonte* sortes

• de rontorsiops et de gestion lations fanatiques. • . . . • ;

. U P$ SE R P EK T S. aol

Ces Indiens, qui ont pu réduire-les naja et se garantir dé leur morsure, courent de ville en ville pour montrer leurs serpents à lunettes-, qu’ils forcent, disent-ils, à danser. Le jongleur prend dans sa' main une racine dont il prétend que la vertu le préserve de la morsure venimeuse du serpent, et tirant l'animal dn vase tfans lequel il le tient ordinairement renfermé, il l’irrite en. lyi présentant un bâton, otu seulement le poing} le' naja se dressant aussitôt çoptre la main qu^r attaque, s’appuyant sur sa queue , élevant sonco rps, enflant son cou, ouvrant sa gueule, allongeant, sa langue fourchue, s’agitant avec vivacité, faisant briller ses yeux et entendre son sifflement, commence une sorte de combat -contre son. niait te , qui, entonnant alors une chanson, lui oppose son poing tantôt à droite et tantôt à gauche ^l'animal, les yeux, toujours fixés sur la main qui le menace, en sdit tous lés mouvements, balance sa jête $t son corps sur sa queue qtji demeure immobile et offrè ainsi l'image d’une sorte def danse. Le naja peut soiitepM' cel exercice pendant un dembquart d!beiu e} mais.au. moment que l'Indien s’aperçoit que, fatigué par ses , m ou v em en ts - e t par1 sa situa, tion vertiçale, ïe serpent est ' près de prendre la fuite , il interrompt son chant , le naja cesse sa danse , s’étend à terré , et son maître le remet dah» son vase, K/etnpfer dit que lorsqu’un. Indien veut domptér un iWija.eI l’accoutumer à ae manège, il renverse le vase dans lequel il l’a tenu renfermé >

uoa IIISTOIBE NA J' OH K I. LE

va à la couleuvre avec lin bâton , ..l'arrête dans sa fuite, et la provoque à un combat qu’elle- commence souvent la première; dans l'instant ou elle, veut s'élancer sur lui pour le mordre, il lui présente le .vase et le’ lui oppose comme un bouclier contre lequel elle blesse ses narines, et, qui la force à rpjaillir en arriére ; il continue (fette lutte pendant nriquart-d’heure'ôu demi-heure* suivant que l’éducation de l'animal est plus ou moins avancée; la couleuvre, trompée dans ses attaques, et blessée contre le vase, cesse de s’élancer, mais présentant toujours ses dents .et enflant toujours son cou, elle ne détourne pas ses yeux ardents dn .bouclier qui lui -nuit; le maître, qui a grand soin île ne pas trop la fatiguer par cet exercice, de peur qui;, devenant trpp timide, elle ne se refusé ensuite au combat, Uacdoùtume insensiblement à se dresser Contre le vasé, et hième contre le .poing tout nus à en suivre tous les mouvements avec sa tête superbement gonflée, mais sans jamais oser 'se Jeter sur sa main, de peur <|o se blesser; accompagnant d'upe chanson le mdii- Vement de son bras’, et par conséquent çelqi du reptile qtti l imite , il donné à ce combat l'apparence d’upe danse; et il en est donc de ce serpent fnneAte cpmme de. presque tous les étre*j dangé-' reux qui répandent la terreur', la crainte seule peut les1 dompter. '■ .

* Mais il .ne finit pas croire que les indiens soient assez rassûrés par Je.< effets de céfte crainte, pour

’ Il ES (£,R PEUTTS.' ao3

ne- pas chercher à désarmer, pour aii>si dire, le reptile contre. feqnei ils doivent lutter. Kempfer rapporte qu’ils' ont grantl soin, chaqqe jour ou tous les deux jours, d’éj’miser le venin du naja, qui seformfc dans des vésicules placées auprès de la mâchoire supérieure, et se répand ensuite par les dents canines; pour cela ils irritent la couleuvre et la forcent à mordre jilnsieurs fois un morceau d’étoffe ou quelqde autre çorps mou , et à l’imbiber de son poison. Pour l’exciter davantage à exprimer son venin, ils pnt quelquefois assez d’adresse et de courage pour lui presser la tète sans en être mordus, et la mettre par-là dans une sorte de rage cpii lui fait serrer àveC plus de forée et pénétrer d’une plus grande quantité de poison, le morceau d'étoffe ou le corps mou qu’oildui présente ensuite. Après avoir privé I» couleuvre de soi! venin, ils veillent avec beaucoup d’attention à ce quçlle ne prenne atlcilne nourriture, et ils empêchent surtout. -.quelle ne mange de l’herbe fraîche, de nouveaux aliments lui rendant bientôt dé nouveaux sucs vénéneux et mortels: Kempfer prétend que l’on a un remèdè assuré contre la morsure venimeuse de ce. serpent , dans la plante que l’on nouyne yJ/ung® ainsi qu’Op/itorriz'a, qui croit abondamment dans les Contrées chaudes dé, Tlrtdev et que l’on a employée non seulement contre la morsure de plusieurs, reptile*-, ainsi que des scorpions, maiî> même contre

ao4 HIST-OIJli; HATU1VRLLF.

celle de» chiens enragés; V on disait, suivant le même Kempfer , qùe l’on avait découvert ses veivtus anti -vénéneuses en en voyant manger à des mangoustes ou ichneiunons mordus par des naja, et que c’était ce qui avait fait appliquer à. Ce végétaHetiom de Mungo , donné aussi par Tes Portugais aux mangoustes. Ces. quadrupèdes sont, en effet, ennemis mortels du serpent à lunettes, qu’ils attaquant toujours avec acharnement; et auquel ik donnent aisément la mort sans la recevoir, leur manière, de saisir le naja les garantissant rfppa rerament de .sefc dents envenimées.

•Non seulemehj les uaja servent, à amuser les loisirs des Indiens ; ils ont encore été un objet de vénération pour plusieurs habitants des belles contrées orientales, et particulièrement de la côte dé. Malabar.. La craintè* d’expirer sous leur dent empoisonnée, et le désir de les écarter des habitations, avaient fait imaginer de leîfr apporter jusques auprès de leurs Repaires, les aliments qui paraissaiént leur convenir le miçux; le% temples sacrés ôtaient ornés de leurs images , et si ces reptiles ’pénétraiènt dans les demeures des habitants, ou si on les rencontrait sous ses pas, bien loin de se défendre Contre, eux et de chercher à leur donner la mort, on leur adressait des prières.', on lepr offrait des présents , on suppliait les brainîpes de léur faire de pieuses exhortations.,- on se prosternait, on tâchait dé les .fléchir par des res-

.•DIS SF.RPHNTS. • ' 205

pects, tant la terreur et l'ignorance penvent obscnrcir le flambeau de la raison (i). \ ■ ». •

(i) « Une mare Espèce que les Indien» uommrrn Nàllc Pambàu , c’est - « ii -dîrt bonne couleuvre, a reçu de» Portugais le nom d • Cobra cape l,y « parce quelle a la tête environnée d onc peau large qui forme 'uni « espèce de ebapeaa. Son corps est émaillé de couleurs très-Viye*, but «en rendent U vite aussi agréable que «es blessures sont dangereuse»;

• cependant eflç* ne sont mortelles que pour ceu*- qui négligent d’y re - médire* Les diverses représentations de ces cçuels animaux font Je plus « bel ornement des pagodes ; on leur adresse d?a prières et des offrandes. «Un Malabare qui trouvé une couleuvre * dans sa maison ^ la supplie «d'abord de sortir; si ses prièrev^otû sans effet t’efforç» de l'attirer

• dehors enlui présentant du lait , on quelqué autre aliment; s’obstihe-t-elle « à demeurer? on appelle les btataines , qui lui- présentent éloquemment « les motifs dont elle doit être todebée, tefs qoede. respect dn Maïabarr et « lés adorations qu’il a rendues à toute lV»|)fce. Pendant le séjour qup

• Dellon fit à Cauanor, un secrétaire du 'prince -gouverneur fat mordn

« par un de ces serpents à chapeau qur était «le- la grosseur du bras^ et « d environ huit pieds dé longueur', il pégtigear.-d’abord les rèmédeserdi- « aaire*, et ceux qni i’arcfmipagnaient se contentèrent de létarçedéf à la « ville , ail le Serpent fut apport? aussi dans dp vase bfço comêrt. Le v prince ^ touche d* cet accident „ fit» appeler aussitôt les bratnines » qui « repréaunteéent à l'Animal cojQbiriêla vie d'nn officier si fidèle était rmt « portante à' l’Ktaf ; aux prières on, joignit les menaces ; pn- loi déclara » que* si- le mêla de périssait', allé serait brûlée vive dans le même bûcher: « ijiaii elle fut inexorable , et le searétaive mourut de Ta force du poisoo. " Le prince, fut extrêmement sensible é cette perte , cependant , ayant fait « réflexion que le mort pouvait être coupable de quelque fauta sertéte « qui lui avait peut-être attiré. le courroux des dieux, H fit porter hors « du palais la vase dh la,co*itfcu\Tç était renfermée, *vec ordre de loi rendre « LL h ber té*, après lui avoir ‘fait beaucoup d’excuses et quahtîté de pro- « fond fa. rpvé rance*. • , » '«*•,« ti ,

• Une piété bizarre engage, un grand nombre de Malahâres i porter dn

• lait et divers aliments dans las forêt* pn Sur les chemina , pour la subsi- ■ stance de art ridicules divinités. -Quelques voyageurs, ne -pouvant « donner* d’rxplicafio^ plus j*î»<wuablc k cet aveuglement', ortt jugé « qu’anaie finement la vue des .AJalabares avait péut-être été tic leur ôtei

9,ÿt) fTISTOIRK IVATUEEJ,Lt

üoH« prétendu que l’on trouvait dans le corps des naja et .auprès «le leur tète, urie pierre que l’on a nommée pierre de Serpent , pierre de Serpent à ckppefon, pierre de Cobra , etc. et qu’on a regardée cbmmc un remède assuré, non seule-; ment contre le pQfsou de ces- mémos serpents à lunettes, triais même 'contre. les effets de la morsure de. tous Jes animaux venimeux. Ou pourra

voir dans Ja note suivante (i), combien peu on

. • l'envie de venir chercher leur nourriture dans les maisons , en leur •«* fournissant de qüat se nourrir ati. milieu des champs et de* bois.

• La loi que les idolâtras s'imposent de ne tuer aucune couleuvre , est

- peu respectée -dès chrétiens et d«s luahoméums : tous le» etrangers qui

- s'arrêtent au Malabar', font roaiu-basscfcur ces. odieux reptiles; et c’est

- rcndrq-aaua '(joute un important service aux habitants naturels. I) n’y a

- point de jour où l oto ne fut en ddngcr d’être mortellement blessé , jusque • «‘dans les lit», si l’on négligeait de visitée .ton tes les' parties de la maiaon*

• qp’on habite. » Description du Malabar, iliat. dti'Vtry. , édit, ùi-ia ,

sol. XLIII , pag. 24 1 et iwiv, *' ^ . . ; . . » ,

l\i) Nous allons rapporter, à ce sujet , une partie de» olftfcrvntiop» du célèbre Rédi.. • Pa/iui le» productions des Indes, dit ce physicien, , ? auxquelles l'opinion publique attrdiue'des propriétés mérvoi lieuse* , sur

• la foi des voyageurs , U y a certaines pierres ‘qui »e trouvent , dii-on ,

- dans la- tête d’üçt seqvent des tildes extrêmement veuiidenx. Ün prétend

• que oc* piefres scyit tnx-boime* contre, tous les venius : cette opiuiou y s'eal fortifiée par tailtorilé . de plusieurs savants qui l’ont adaptec*, et

• l’on annoncé. deux épreuves de ces pierre* , faites à Home avec beaucoup % a de syccês j l'anÇ , par M. Carlo &jagnini , sur un hojpn* ; el l’autre , par

• le pé^c K i relier , sur un ebien. Je connais ce» pierses depuis plusieurs

• années , j’en ai quelques-unes chbz moi , et je me suis convaincu , par

• des expériences réitérées , et dont jp vaii tendre compte , qu’elles n’ont

• point Ja vertu qu on leur attribue cobtre 1rs venins.

- Sur la fin do l’hiver 1 66a , trois religieut de t’ordnvdf saint françois,

« mnivHlemeut arrive*, des Indes orientale* , vinretR à 1% bour «lr Toscane J « qni était alors à Fisc , et firent voir air (Èrafid-Due Ferdinand 11 , plu-

doit compter sur la bouté de ce rcmcde, qui. n’a jamais été trouvé dans le corps d’un naja , et n’est

« .sieur* curiosité* qu’il* avaient apportées «le ce pays; ils vantèrent *ur m tou| certaines pierres qui ,, connue celles dont on parle auj/mVrl'Kni f *r •«"tèuu voient , disaient-ils, dons 1» tè|e d'un st-rpe ut décrit p.tr Garcia* dû * •sOrto, çt noimue par les Portugais , Vobra de cfibelos , serpent à yba - peron; Os* assuraient' qHcf dans tourT.Indâstyi , dans Ips deux vastes • péninsules de l'Inde , et* particuliéreiueut dans le royaume de Qu# m-$y ,

« on appliquait ccfi pierres, cpinuie qn Antidote -éprouvé sur Je» morsure»

« dfs viperça , de» aspics, des cérastes , et de tous le» arii/naux tçniracux,

« ej même sur lès bléssufe* faites put des flèches on autre» arma» rpipoi- ■-.sonnées ; ils ^joutaient qun la sympathie de cçs pierres avec le venin

v était telfe, qu'elle» s'attachaient fortement, à là blessure, comme de -, , s* i \ ■ \ ’ . ■ /

petites ventouses, et ne s en- séparaient qu après avoir attiré tout le

venin, qu'alors elles tombaient d' elles-mêmes, laissant l'animal ^cmt-â-fait guéri ; que pour les nétoytoc , il fallait les plonger (bris du lait frais , èl les y laisser jusqu'à ce quelles eussent rejeté tôut le venin dout eHe* S'étaient imbibées, Te qui donnait ah lait une teinture d’un jaune verdâtre. Ces religieux offrirent de coqfirnier leur récit par l'expérience t et tandis qd’oq chcretait pour cela des videra», M. Vlncrnsio Sandriin, nu des plus luriîilcs artistes de 1& pliantiaric du Gs4nd-t)uc , aÿatipqxaluinr ces. pierres r se Souvint qVil «a, conservait, depuis long-temps de semblables, i l les fit voir à yc*' religieux, qui convinrent quelles étaient de même nature que les 'leprA, et qu'elle» devaient avoir «les mémos

vertus. • -,

. w U corde tu de ce» pierres est un noir sriptynbhi à celui de U pierre, de touche; elfe» sont lisse» et H&nrre» compte si elles et» feu t- vernie* ; quelques-unes ont une tache griqe u»uu Vie seulement , d'autres l’pftt sur le» detix côtés? il yen a qui »out toutes noires et sans aucune tache , et d’autres enfin « qui oÂl. an milieu 'un peu de bique sale, et tojit autour nue teinte bleuâtre; la plupart sont d’une forme lenticulaire; il y eq a cependant, qt)i sont oblonfcue» : parmi lA premières, les pins jy-andés

* | « i j* f aie tues sont larges comme une de c<s pièces de monnaie , appeler» /{roui, et Iça plua.pefyev n’nnl pas tool-â-Adt la grandeur ’4’un •Juntirino. Mais cfbeUe qne.soit |a différeder de leur volume , elfes varient peu entre elles pour le pûfds , car ordinairrmrut les plus grandes ne pèsent guère au- elÆ 'un denier et dix-huit grain» , cl Icq plbs petites % sont du poids 'd'on denier et lix grains. J'en ai cependant vu et essaye

'.toii H l«TOi K B • « AT tlHELi-Ji

qu’irtie.producfiott artificielle apportée de l’Inde, Ou imitée en Europe. . *• ® .

- une 'qui pesait an qasrtd’ohcé et six grains. ■ Rédi entre ensuite dan» les détails de» expérience» qa'il a faites pnnr'prnûver le peu d'effet de» pierres de serpent contre Faction de» divers poison» , qt il ajoute plu» 1»»

- Ponr moi k je? crois , cptnme je viens de le dire , qne ce» pierre» »bnl s artificielle» , et mon opinion est appuyée du témoignage de plusieurs

> savants qui qui demeuré long-triftp» dans Ici Indes ,’ eo-daçà et au-d.li

• du Range, et qui afHrment que cMat une composition faite par certain»

« solitaires indiens , qu'on nomme Jognes qui vônl lea rendre à Diu , i w fîoa , 1 Salsettc , et qui en fout commerce dans toute la qdle de Malabar,

. dans ctjllé» du Golfe de Bengale , dé. Jiata , de H» Coehincbioe , et dan» aies principale» de» de l'Océa» oriental. Un jésuite, dans certaine» (e- « btiotu, parle de quelque» fiutre» pierre» de serptur qui' sont verte».

• Je n'en ai jamais vji ni éprouvé de verte» ,.maia si leurs -propriété»

. »ont , comme il fe ah , le» même» que celles de» pierres artificielle» , je

• Àn'is être bien fondé à douter de 1a vertu (les unet et de» autres, et i

> Mettre" cra Joguè» au’ rang de», charlatans, car il» vont dan. Ma ville»

„ commercantes lies Inde», portant autour dé leur cou et de leurs bras , e'^es serpent» à chaperon àuxqtfel» Ha ont sbin 'd'arracher anparavant « toute» le» dents (comme l’aistire Os rois» da'Orto), et d’ôter tout le « veni». Je, n'ai pas de peina -i croire' qu'avec' eé» précaution» , fl» a'en . fassent mordre impunéiprnt, et encore moins quoi» persuadent au pcbplr

• que c'eat à ce» piertca appbqnéc* aur leur» ldçssttTr», qu'il» doiv ent leur ..gorfiaon. '

a Qn objectera’ peut-être comme une preuve de la sympathie de oette .. pisrtc avec te vsnin-,’1» vertu qn'èllé a Se s'attacher fortement aux btéa- » aur e» emj)6iépnnée» ; mai» elle s’attache aussi fortement aux plaies bit „ fl . u’e a point de vènm , et a totnêa. 1rs parties du corps qui sont ■S hnihvctée» de sang ou de quelque auffe liqueur , par k même raison . . que a’ÿ attachent k terre sigillée et toute autre sorte de Iml, » Rédi , observatiops »ur dî» erse» qltose» oaturelief, etc. (.ollcction académique, partie étrangère, tom. IV, pag. 54 j, 54» cl 544- "

An reste , le sentiment de liédi a été confirmé par M. l'ahbé Kociunu. Vojer. son ouvrage sur le» Poisons, vol. Il, J>. 611. •

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s LE SERPENT A LUNETTES

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