V ' A COLLIER
Colubcr [Natrix) torr/natus , Merr.; Co/. Natrix, Linn., Latr,, Daud..; Natrix vulgaris , Laur.; Co/: torrjuatus et Col. hclvcticms , Lacep,, Daud.; Col. bipes , Gmcl. (a).
vj’f.st encore dans nos contrées que se trouve en trèsTgrand nombre ce serpent, tyissi doua, aussi hinoceiit, aussi familier qbe la couleuvre
(f) En Sardaigne , Colabro hero. , •
Serpe nero. ^ * , * ,
Carbon. !.
G arbonaito. * •* ..
Anguille de hait. . < . t ^
Le Serpent à collier . M. Danbentôn , Encyclopédie méthodique. Cqlnérr Natrix, a3o , XiiML , amphitx Rept.
. ’ Il go*i. 146. * «
Rai K Synopsis anim. 334, Natrix torquata. •
* Cronov. mus. * , ç. 63 , n° a q. ^ • '•
Natrix longiuima, 145. Natrix •vulgaris , \ 49? Laurcmti Spectmen inedicutn. . • . • * ■
> Séba, mas. a » pl. 4 , 6g. 1 r».et 3; pi'. 10, fig. t , a et 3;
B y drus , seu Natrix , the f fa ter Snakc. Scotia iilostrata scu prodronins Hist. haturaljs. A «tore Robcrto Sibbaldo, Edimburgi, JG84. * Natrix torquata , Gesnér. de Sérpentam nstnrâ t fol. 63.
Serpens dôme s tiens nigricans earbonaritu , id. , fol. 64. ftinged Snakc, Zoologie Britannique , vol. III, p/là, pl. a5 , n° c3. Pfatrix , %Vulf, Ièhlbyologia cuiii ampbibiis regni Bornssiew t , (a) A céttc espèce doit être réunie la couleuvre sdiaae, décrite ciaprès. Dksm. iSty.'j .
‘Di^itizecfby tioogle
DBS SERPENTS. a4g
verte et jaune. Ses habitudes ne diffèrent pas , à beaucoup d'égards, de celles de cette même couleuvre. Il parait cependant qu’il, se plaît davantage •' ' dans les lieux humides, ainsi qu’au milieu des eatix ; et c’est ce qui lui a fait donner, par plusieurs naturalistes, le nom de Serpent d eau , de Serpent nageur , d 'Anguille de Azw'ej,,etc.(i)., Il parvient quelquefois à la longueur de trois ou quatre pieds; sa tète est un peu aplatie, comme celle de la couleuvre commune; le sommet est recouvert par neuf grandes écailles disposées sur quatre rangs, dont le- premier et le second, à compter du museau, sont composés de deux pièces; le troisième i l’est de trois, et le quatrième de deux. Cette dis- * position la distingue de la vipère commune, aussi bien que la forme de son museau, qui est ârrohdi, au lieu d’être termihé par une écaille presque verticale, comme dans cette même vipèré. Sa gueule . est très-ouverte; les deux mâchoires présentent, au lieu de crochets mobiles, un double raiig de dents crochuês, màis immobiles, assez petites èt tournées vers le gosier; dix-sept écailles revêtent, à l’extérieur, chacune de ces mâchoires, et celles qui recouvrent la mâchoire supérieure, sont blanchâtres et marquéés de cinq ou six petites raies d’une couleur très-foncée. On voit sur le cou deux taches dun jatme-pàle ou blanchâtre, qui forment
(i) Ce nom, à' Anguille de huieif a etc aussi donne, dans plusieurs provinces , à le Couleuvre verte cl janne. • * ; •
a5o niSTomt katuiuue
comme un demi-collier, doù est venu le nom que nous conservons à ce serpent, et ces deux taches, très-semblables, sont d’autant plus sensibles qu’elles sont placées au-devant de deux autres taches triangulaires et très-foncées.
Le dos est recouvert decailles ovales relevées par une arête, et plus grandes que celles qui garnissent les çôtés, et qui sont unies. Tout le dessus dq. corps est d’un gris plus pu moins foncé, marqueté, de chaque côté, de taches noires irrégulières et plus ou mçins grandes, qui aboutissent aux plaques du ventre; et au milieu des deux rangées formées par ces taches, s’étendent, depuis la tète jusqu'à la queue, deux autres rangées longitudinales de taches plus petites et moins sensibles. Le dessous du ventre est varié de noir, de blanc et de bleuâtre, mais de manière que les taches noires augmentent en nombre et en grandeur, à mesure quelles sout plus près de la queue, où les plaques sont presque entièrement noires. Il y a communément cent soixante-dix- grandes plaques sous le ventre, et cinqpante-trois paires de petites plaques sous la queue (i). ; Ife
La couleuvre à collier ne renfermant aucun venin (a), on la manie sans danger; elle ne. fait aucun effort pour mordre; elle se défend Seulement en agitant rapidement sa queue, et elle ne
(i) Noos avons compté soiaanta paires de petites plaques dans quel que* individus. . V . W.
(a) Laarenti Spécimen mcdicum , p. i83.
refuse pas plus que la couleuvre commune, de ( jouer avec les enfants. On la nourrit dans les maisons, où elle s'accoutume si bien à ceux qui la soignent , qu’au moindre signe, elle s’entortille autour de leurs doigts, de leurs bras, de leur cou, et les presse mollement comme pour leur témoigner une sorte de tendresse et de reconnaissance. Elle s’approche avec douceur de la boufche de ceux qui la caressent ; elle suce leur salive et aime à. se cacher sous leurs vêtements, comme pour s'approcher davantage de ceux qui la chérissent. En Sat-daigne, les jeunes femmes élèvent les couleuvres à collier avec beaucoup d’empressement, leur donnent à manger elles-mêmes, prennent le soin de leur mettré'\dans la gueule la nourriture quelles leur ont préparée; et les habitants de la campagne les regardent comme des animaux du meilleur augurtj, les laissent entrer librementdauS leurs maisons, et croiraient avoir chassé la fortune elle-même, s’ils avaient fait fuir ces innocentes petites bêtes (i),- . ' -
Il arrive cependant quelquefois que lorsque la couleuvre à collier est devenue très-forte, et qu au lieu d’avoir été éleV^e en domesticité, elle a vécu dans les champs et dans l’état sauvage, elle perd un peu de sa douceur, et que si oh l’irrite ,eu l’arrachant, par exemple',' à ses jouissances, elle
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(i) Histoire naturelle de* Amphibie* et de* Poiuolu de Sardaigne, par M. François Cetti.
HISTOIRE TIATURELLlv
anime ses yeux, agite sa langue, se redresse avec vivacité, fait claquer ses mâchoires, et serre fortement avec ses dents , la maih qui cherche à la saisir (i); JJ
Jja couleuvre à collier dépose ses œufs dans des trous exposés au midi, sur le bord des eaux croupissantes, ou plus communément sur des couches de fumier. Ces œufs, qui sont gros à-peuprès comme des œufs de pies, sont collés ensemble par une matière gluantè en forme de grappe; elle a par-là un nouveau rapport avec les poissons èt èertains quadrupèdes, ovipares, tels que les crapauds, les grenouilles, etc. dont les œufs sont de rtiéme collés ensemble et réunis de diverses maniérés. ■
Les œufs de la couleuvre à collier, déposés dans des fumiers, ont donné lieu à une fable à laquelle on a cru pendant long-temps; on a prétendu qu'ils avaient été pondus par dès coqs, et comme on en a vu sortir dès petits serpenteaux , on a ajouté que les œufc de coq renfermaient tpùjonrs un serpent, que Jê coq ne fes couvait point, mais que lorsqu’ils étaient placés dahs un endroit chand, comme parmi des végétaux en putréfaction , ils produisaient toujours des serpents. .
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(l) Lettré dit M. de Fontaines t procureur-syndic de U nobles»* en rassemblée dd département de* Olai^, Montreuil et" Ardfes. Non* aurons plusieurs fui» occasion de citer, dans cet ouvrage*, cet amateur très-é<lairé de l'Histoire Natqrclle , qui la cultive avec succès, ut à qui noos devons particulièrement des observations très- intéressantes et tr**- Jtei , sur la Couleuvre à collier et sur l'Orvet.
dus s*RP£ni^j>. a53
On assure qu’il est aisé «le «listinguer les œufs qui ont été fécondés, d'avec ceux qui ne le sont pas, et qu’on appelle des œufs clairs, en le$ mettant sur l’eau; les œufs clairs sont les seuls qui sitrhagent. ’ ; , v , \
La coque est composée d’une membrane mince; mais compacte et d’un tissu serré. Le petit serpent y est roulé sur lui-même au milieu d’une matière qui rassemble à du blanc «l’œuf de poule; on' y ‘ remarque un placenta; et. le cordon ombilical est attacherai! ventre un peu au-dessus de l’anus. La chaleur seule de l'atmosphère > et celle «les matières végétales. pourries, font éclore cçs œufs. Peut-être «lans des contrées plus voisines de la zoue torride que celles où ils ont été observés, l'ardeur du soleil suffirait pour faire sortir lt* petits s«‘.rpents de leur coque. Nous avons, vu, en effet, i dans l’Histoire des Quadrupèdes ovipares, les croçtxliles déposer leurs œufs sur le sable dans les contrées brûlantes de l'Afrique; mais sur les plages plus humides et moinp chaudes de l’Amérique mérjtlionale, ils lés placent au milieu d’un tas de matières, végétales, dont 'la fermentation favorise l’accroissement «lu fœtus et la sortie de Pœuf. Mt y . ,i ;
Ces œufs de couleuvre à collier sont ordinairemont au nombre dè dix-huit ou vingt (i); aussi
(l) Quelquefois ce noipbrci n'est «jne de quatorze t>u quinze. (Vesner a écrit qo'on lut apporta , vers la (in «lu mois dfe juin , nne femelle de l'es-
l’espèce du serpent à collier semit-elle beaucoup plus nombreuse quelle ne l’est, s’il né devenait pas la proie de plusieurs ennemis même tres-faibles, dans le temps qu'il est encore jeune et sans force pour se défendre; les pies, les mésanges, les moineaux le dévorerit,et les grenouilles mêmes s?en nourrissent lorsqu’elles peuvent le saisir sur le bord des marais qu’elles habitent^ i).
Il rampe sur *1* terre avec une très-grande vitesse; il nage aussi, mais avec plus de difficulté qu’on ne l’a cru (sr). Pendant que l’été règne, il vit souvent dans les endroits humides, ainsi que nous l’avorts dit, mais on le trouve quelquefois dans les buissons; d’autrès, fois il se place sur les branches sèches et élevées des chênes , des saules; des erables,sur les saillies des vieux bâtimçnts,- . sur tous les endroits exposés au midi, et où "lé soleil donne avec le plus de force; il s’y replie . en divers contours ou s’y allongé, avec une sorte de volupté, toujours cherchant lès rayons de l’astre de la lumière, toujours paraissant sè pénétrer avec délices de sa chaleur bienfaisante (3f. Mais , lorsque la fin de raùtomne.arriVe, il se rappro-
pèce dont il est question dans oet article, et que , deux jours âpre», eli* pondit quatorze œuf*. . *
(f) Lettre déjà citée de M. de .^ep^Fonlalués.
(a) • L’cpithète de Natrix ou Nageur, douoée au Serpent taollîr^, tw.
• lui appartient pal plus qu'aux autres animaux dr son ordre; il nage
• elTecti veinent , mai» dan» les occasion* forcée» , et par une lotie pénible)
• qui bientôt Fépuise et le noie. • Lettre de M. de Sept-Fontainee.
(3) Ibid.
is
•HS.
-hé
• a des serpents. u55
che des lieux les moins froids, if vient auprès des maiàous et se retire enfin dans des trous Souterrains à quinze ou vingt pouces de profondeur, souvent au Jfled deS%aies , et presque toujours dans un endroit élevé au-dessus-dès plus fortes inondations; quelquefois il s’empÜare d’un trou de belette ou de mulot, tfuii conduit creusépar une taupe (i), d’un terrier abandonné par un lapin, et il passe dans l’engotlrdisirment la saison du grand froid (a). Lorsqu’il est adulte, l’ouverture de sa gueule," son gosier et son estomac peuvent êtretrèsklilatés, ainsi que ceux des autres iser et il se nourrit alors non seulement d’herbes^ ; fourmis, et d’autres insectes, mais même. de létzards, de grenouilles et de petites souris; il dévoré aussi quelquefois les jeunes oiseaux , qu’il surprend dans^ leurs nids au milieu des buissons, des baies, des branches de jeunes arbres, sur lesquels il grimpe avec facilité (3): Noli seulement il se suspend aux rameaux par le moyen des divers replis de s pu corps, mais il s’accroche avec sa tète; et comme elle est. plus grosse que son cou, il la place souvent eiitre les deux branches d’une tige fourchue, pour qu’arrêtée par sa saillie, elle lui
— — — jàn\ : i • .• ••• . •••• - - * • SB
.(l) Lettre de M. deSept-Fontafoes. . - . ’ ■ &
(a). • J’»i vb differentes Cuia des Serpenta à collier trouvés pendant le» •'-mois de janyirr, de torier ou de mars; iU ne pouvaient mouvoir qoc «la télé et l'extrémité de la queue, la raste du corps était roide et dans « une iqrrlie absolue. » Ibid. ¥ \ v L'v
(3) Ibid.
a 56 HiSTontE \aturelle
serve comme d’une espèce de crochet et de- point
^apppi^R . V -
Son odeur est quelquefois assez sensible, surtout pour les ciùclis et les autres animaux, dont l’odorat est très-fin (t). II. aime beaucoup: le lait; les gens, de la Campagne prétendent qu’il entre dans les laiteries, çt qu’il va: boire celui qu’orT yctmsçrve. Uu assure même qu’on l’a trouvé quelquefois replié autour desr jambes des vaches, suçant leurs mamelles ‘avec avidité, et les épuisant1 de lait ait point d'en faire couler du sang (a).\ Pline a rapporté ce fait, qu’à la vérité il attribuait à une autre espèce de serpent que cdle dont iftest ici qiiestipu. Ou a prétendu aussi que le serpent à collier entrait quelquefois par la bouche dans le corps de ceux qui dormaient étendus sur l’herbe fraîche, et qu’on l’en faisait sortir en profitant de ce même goût pour, le lait, et en l’attirant par la" vapeur du lait bouilli que l’on approchait «le la bouche ou de l’anus de cefui dans le- corps duquel il s’était glissé (3); • . . . . . . •.
7 — *— * : r-r — ri— i-f-1
Lettre de VI. de Sept- Fontaine». ”* i • *
(«) Gerfner; à rindroit dqja cité* ^
(3) L*on peut voir particulièrement , k cc sujet, dans 1rs Mémoires don Curieux de la Nature, unr observation très-defaillée du docteur Froramau, médecin de Franconie, et d’après laquelle ou pourrait penser qnç , dans certaines circonstances, il serait difficile de faire sortir le Vrpêrrt parla bouche, sans risquer de faire ctou/Ter celui qui l'aurai*- -avalé. Mémoire des Carieux de 1» NUure ,* décade J * observ. 190. \oye% aussi Grsner, à l'endroit déjà cité ; Tabrraa Montauus , livre I ; Tragu* , Olaus MagniÀ , Grégoire llorstius (Epiât med. , sect. 6), et luéuie Hip|»ocralc , le pende la médecine. . 'wHl
La couleuvre à collier se trouve dans presque toutes les contrées de l'Europe, et il paraît qu’ctfc peut supporter les climats très-froids, puisqu’elle vit en Écosse ( i ) et en Suède *
On a employé sa chair en médecine (3).
M. Cetti (4) a fait mention d’un serpent de Sardaigne qu’on y nomme le Nageur ou Fipere d'eau : la couleur de ce teptile est cendrée et variée par des taches blanches et noires", il n’a point de venin, et sa longueur ordinaire est de deux pieds. Peut-être appartient-il à l’espèce de la cou-, leuvre à collier, qui aurait subi, d’une, manière plus ou moiqs marquéé, l’influence du climat de la Sardaigne, plus, chaud que celui de nos contrées.
(i) Sibbald, à l'endroit dé)« indiqué.
(a) Fauna sueciôa. % .
(1) Matthiole. •
(4) Histoire Naturelle des Amphibies et de* Poissons de la Sardaigne, par M. François Cetti.
LactrÎDa. Tome IV.
a5H HISTOIRE NATURELLE