Améiva. M. Daubenton, Encyclopédie méthodique
Lacerta Ameiva, 14. Linu., Amph: rept.
Lacerta caudu verticillata longa, scutis abdominis triginta, collari subtus ruga duplici.
Amœn. Acad. 1, pages 127, 295. Lacerta cuuda tereti corpore duplo longiore, pedibus pentadactylis, crista nulla, scutis abdominalibus 50.
Mus. Ad. Fr. 1, page 45. Lacerta eadem.
Gron. mus. 2, page 80 , t. 56. Lacerta cauda tereti corpore triplo longiore, squamis lœvissimis, abdominalibus oblongo quadratis.
Clus. exot. 115. Lacertus indicus.
Edw. av. 202, t. 202, 203. Lacertus major viridis.
Worm. mus. 819, f. 315.
Rai. Quadr. 270. Lacertus indicus.
Seb. mus, 1,t. 86,f. Aet5:t, 88, f. 1 et2.
Sloan. jam. 2, page 665, t. 276, f. 5. Lacertus major cinercus maculalus.
ce nom d'Améiva ou d’Améira a été donné à des lézards d'espèces différentes de celle dont il s’agit ici : secondement, parce que le vrai améiva a été nommé diversement en différentes contrées ; il a été appelé tantôt T'émapara , tantôt Taletec, tantôt Tamacolin , noms qui ont été en même temps attribués à des espèces différentes de l’améiva, particulièrement à l'iguane : et troisièmement enfin, parce que cet animal étant très sujet à varier par ses couleurs, suivant les saisons, l’âge et le pays, divers individus de cette espèce ont été regardés comme formant autant d’espèces distinctes. Pour répandre de la clarté dans ce qui concerne cet animal, nous conservons uniquement ce nom d’4{méiva à un lézard qui se trouve dans l'Amérique, tant septentrionale que méridionale, et qui à beaucoup de rapports avec les lézards gris et les lézards verts de nos contrées tempérées : on peut même, au premier coup d'œil, le confondre avec ces derniers; mais, pour peu qu'on l’examine, il est aisé de l’en distinguer. Il en diffère en ce qu'il n’a point au dessous du cou cette espèce de demi-collier, formé de grandes écailles, et qu'ont tous les lézards gris ainsi que les lézards verts; au contraire, la peau revètue de très petites écailles, y forme un ou deux plis. Ce caractère a été fort bien saisi par Linnée; mais nous devons ajouter à cette différence celles que nous avons remarquées dans les divers individus que nous avons vus, et qui sont conservés au Cabinet
du Roi.
Seps surinamensis , 95. Laurenti, specimen medicum. The large spotted ground lizard. Browne , page 462.
DE L'AMÉIVA. 209
La tête de l’améiva est en général plus allongée et plus comprimée par les côtés, le dessus en est plus étroit, et le museau plus pointu. Secondement, la queue est ordinairement plus longue en proportion du corps. Les améivas parviennent d’ailleurs à une taille presque aussi considérable que les lézards verts de nos provinces méridionales. L’individu que nous décrivons, et qui a été envoyé de Cayenne par M. Léchevin, a vingt-un pouces de longueur totale, c’està-dire depuis le bout du museau jusqu’à l'extrémité de la queue, dont la longueur est d’un pied six lignes ; la circonférence du corps à l'endroit le plus gros, est de quatre pouces neuf lignes ; les mâchoires sont fendues jusque derrière les yeux, garnies d’un double rang de grandes écailles, comme dans le lézard vert, et armées d'un grand nombre de dents très fines, dont les plus petites sont placées vers le bout du museau, et qui ressemblent un peu à celles de l’iguane. Le dessus de la tête est couvert de grandes lames, comme dans les lézards verts et dans les lézards gris.
Le dessus du corps et des pattes est garni d’écailles à peine sensibles; mais celles qui revêtent le dessous du corps sont grandes, carrées, et rangées en bandes transversales. La queue est entourée d’anneaux composés d’écailles, dont la figure est celle d’un carré long. Le dessous des cuisses présente un rang de tubercules. Les doigts longs, et séparés les uns des autres, sont garnis d'ongles assez forts.
La couleur de l’améiva varie beaucoup suivant le sexe, le pays, l’âge et la température de l’atmosphère, ainsiquenousl'avonsdit; maisil paroîtquelefondenest
toujours vert ou grisâtre, plus ou moins diversifié par des taches ou des raies de couleurs plus vives, et qui, étant quelquefois arrondies de manière à le faire paroître œillé, ont fait donner le nom d’Argus à l’améiva, ainsi qu'au lézard vert. Peut-être l’améiva forme-t-il, comme les lézards de nos contrées, une petite famille, dans laquelle on devroit distinguer les gris d’avec les verts: mais on n’apoint encore fait assez d'observations pour que nous puissions rien établir à ce sujet.
Rail et Rochefort? ont parlé de lézards, qu'ils ont appelés Anolis ou Anoles, qui, pendant le jour, sont dans un mouvement continuel, et se retirent pendant Ja nuit dans des creux, d’où ils font entendre une strideur plus forte et plus insupportable que celle des cigales. Comme ce nom d’Anolis ou d’Anoles a été donné à plusieurs sortes de lézards, et que Rai ni Rochefort n’ont point décrit de manière à ôter toute équivoque ceux dont ils ont fait mention, nous invitons les voyageurs à observer ces animaux, sur l’espèce desquels on ne peut encore rien dire. Nous devons ajouter seulement que Gronovius a décrit, sous le