‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 176 sur 188 · Le Marbré. M. Daubenton,. Encyclopédie méthodique · texte numérisé non relu

Le Marbré. M. Daubenton,. Encyclopédie méthodique

Lacerta marmorata, 31. Linn., Amphib. rept.

Séba, mus. planche 88, fig. 4. Temapara, et 2, planche 96. fig. 4. Edwards av., tabula 245, fig. 2.

LACÉPEDE, II,

255 HISTOIRE NATURELLE transversales ; le dessous des cuisses est garni d'un rang de huit ou dix tubercules disposés longitudinalement, mais moins marqués dans la femelle que dans le mâle. Le marbré a le dessus des ongles noir, ainsi que le galéote. Un de ses caractères distinetifs est d’avoir la queue beaucoup plus longue en proportion du corps qu'aucun autre lézard. Un individu de cette espèce, envoyé des grandes Indes au Cabinet du Roi par M. Sonnerat, a la queue quatre fois plus longue que le corps et la tête. Les écailles dont la queue du marbré est couverte, la font paroître relevée par neuf arêtes longitudinales.

La couleur du marbré est verdâtre sur la tête, grisâtre, et rayée transversalement de blanc et de noir sur le dessus du corps; elle devient rousse sur les cuisses et les côtés du bas-ventre, où elle est marbrée de blanc et de brun; et l'on voit sur la queue des taches évidées et roussâtres, qui la font paroître tigrée.

L'on devroit peut-être rapporter au marbré le lézard d'Afrique , appelé Warral par Shaw, et Guaral par Léon. Suivant le premier de ces auteurs, le waral a quelquefois trente pouces de long (apparemment en y comprenant la queue) : sa couleur est ordinairement d'un rouge fort vif, avec des taches noirâtres. Ce rouge n’est pas très différent du roux que présente le marbré; d’ailleurs la couleur de ce dernier ressemble bien plus à celle qu'indique Shaw, que celle des autres lézards d'Afrique. Shaw dit qu'il a observé que toutes les fois que le Warral s'arrête, il frappe contre terre avec sa queue. Cette habitude peut très bien convenir au marbré, qui a la queue

DU MARBRÉ. 399 extrêmement longue et déliée, et qui, par conséquent , peut l’agiter avec facilité, Les Arabes, continue Shaw, racontent fort gravement que toutes les femmes qui sont touchées par le battement de la queue du warral, deviennent stériles. Combien de merveilles n’a-t-on pas attribuées dans tous les pays aux quadrupèdes ovipares!

1. Voyage de Shaw, dans plusieurs provinces de la Barbaric et du Levant, à La Haye, 1745, vol. I, pages 325 et suivantes.

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