‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 39 sur 188 · DE LA BOURBEUSE · texte numérisé non relu

DE LA BOURBEUSE

dans un marais d’une demi-lieue de surface, situé dans la plaine de la Durance, que ces animaux suflirent pendant plus de trois mois à la nourriture des paysans des environs.

Ce n'est qu'à terre que la bourbeuse pond ses œufs ; elle les dépose, comme les tortues de mer, dans un trou qu'elle creuse, et elle les recouvre de terre ou de sable ; la coque en est moins molle que celle des œufs des tortues franches, et leur couleur est moins uniforme. Lorsque les petites tortues sont écloses, elles n’ont quelquefois que six lignes ou environ de largeur. La bourbeuse ayant les doigts des pieds plus séparés , et une charge moins pesante que la plupart des tortues, et surtout que la tortue terrestre , appelée la Grecque, il n’est pas bien surprenant qu'elle marche avec bien moins de lenteur lorsqu'elle est à terre, et que le terrain est uni.

Les bourbeuses, ou les tortues d’eau douce proprement dites, croissent pendant très long-temps ainsi que les tortues de mer; mais le temps qu'il leur faut pour atteindre à leur entier développement est moindre que celui qui est nécessaire aux tortues franches , attendu qu’elles sont plus petites : aussi ne vivent-elles pas si long-temps. On a cependant observé que lorsqu'elles n’éprouvent point d'accidents, elles parviennent jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans et plus; et ce grand nombre d'années ne prouve-t-il pas la longue vie que nous avons cru devoir attribuer aux grandes tortues de mer?

Page 1