LA TORTUE SCOR PION
Testudo (Chersine) scorpioides, Mer.
G'EsT à Surinam qu'habite cette tortue; sa carapace est ovale, d’une couleur très foncée, et relevée sur le dos par trois arêtes longitudinales ; le disque est garni de treize lames, dont les cinq du milieu sont très allongées, et on en compte communément vingttrois sur les bords : douze lames recouvrent le plastron, qui n'est presque point échancré ; la tête est couverte par devant d’une peau calleuse, qui sedivise en trois lobes sur le front. La tortue scorpion a cinq doigts à chaque pied ; ils sont un peu séparés, et garnis d'ongles, excepté les doigts extérieurs des pieds de derrière : maïs ce qui lui a fait imposer son nom, et ce qui sert à la faire reconnoître , c’est une arwe dure , en forme de corne ou d’ongle crochu , qu’elle porte au bout de la queue, et qui a une sorte de ressemblance avec l'aiguillon du scorpion.
1. La Tortue Scorpion. M. Daubenton, Encyclopédie méthodique. Testudo scorpioides , 8. Linn., Amphib, rept. Testudo fimbriaia, 12. Schneïder.
DE LA TORTUE SCORPION. 129 M. Linnée a fait connoître cette tortue, dont on conserve au Cabinet du Roi plusieurs carapaces et plastrons. Îls ont été envoyés comme ayant appartenu à une petite tortue de marais, qui habite dans les savanes noyées de la Guiane, et qui ne parvient jamais à une taille plus considérable que celle qui est indiquée par les couvertures envoyées au Cabinet du Roi : les plus grandes de ces carapaces ont six ou sept pouces de longueur, sur quatre ou cinq de largeur. Voilà donc une espèce de tortue d’eau douce ou de marais, dont la queue est garnie d’une caflosité ; nous remarquerons un caractère presque semblable dans plusieurs tortues grecques ou tortues terrestres proprement dites, et particulièrement dans celles qui ont atteint leur entier développement.