‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 48 sur 188 · DE LA JAUNE · texte numérisé non relu

DE LA JAUNE

imitant ailleurs des rayons par leur disposition, et formant partout un mélange très doux à la vue; le disque est ordinairement recouvert de treize lames, et les bords de la carapace le sont de vingt-cinq. Le plastron est garni de douze lames, et la partie postérieure de cette couverture est terminée par une ligne droite, comme dans la bourbeuse, avec laquelle la Jaune a beaucoup de rapports. La forme générale de la tête est agréable; les pattes sont déliées; les doigts un peu réunis par une membrane, et armés chacun d’un ongle long, aigu et crochu. La queue est meuue, et presque aussi longue que la moitié de la carapace ; lorsque la tortue marche, elle la porte droite et étendue comme la bourbeuse. Elle se meut avec moins de lenteur que les tortües de terre, et elle est aussi agréable à voir par la nature de ses mouvements, que par la beauté de ses couleurs. Lorsqu'elle va s’accoupler, elle fait entendre un petit gémissement, un petit cri d'amour. Un individu de cette espèce a été envoyé au Cabinet du Roi, sous le nom de Tortue terrestre. Ce qui a pu induire en erreur, c’est que toutes les tortues d'eau douce passent une très grande partie de l'année à terre, ainsi que nous l'avons dit de la bourbeuse. On ne la rencontre pas seulement en Amérique; on la trouve encore dans l’île de l’Ascension, d’où il est arrivé un individu de cette espèce au Cabinet du Roi: elle habite aussi dans les eaux douces de l’Europe , et n’y varie que par ses couleurs, qui sont quelquefois moins vives.

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