‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 2)Chapitre 96 sur 188 · LA DRAGONNE · texte numérisé non relu

LA DRAGONNE

T'eius crocodilinus, Merr. — Lacerta Dracæna, Bonx:, Larr. — Dracæna guyanensis, DAub. (sous-genre DrAGonne, Cuv.).

LA Dragonne ressemble beaucoup, par sa forme, au crocodile; elle a, comme lui, la gueule très large, des tubercules sur le dos, et la queue aplatie; sa grandeur égale quelquefois celle des jeunes caymans : sa couleur, d’un jaune roux foncé, et plus ou moins mëlé de verdâtre, est semblable aussi à celle de ces animaux ; c’est ce qui a fait que, sur les côtes orientales de l'Amérique méridionale, elle a été prise pour une petite espèce de crocodiles ou de caymans?. Mais la dragonne en diffère principalement, parce que,

1. La Dragonne. M. Daubenton, Encyclopédie méthodique. Histoire naturelle des Quadrupèdes ovipares.

Lacerta Dracæna 3. Linnæus.

Rai, Synopsis Quadrupedum, page 270. Lacertus indicus.

Seba, locupletissimi rerum naturalium Thesauri accurata descriptio, tome I, planche 101, fig. 1. Lacerta maxima caudi-verbera, cordylus.

Musæum Wormianum , chap. XXII, page 515. Lacertus indicus.

>. Note communiquée par M. le chevalier de Widerspach,

au lieu d’avoir les pieds palmés, ses doigts, au nombre de cinq à chaque pied, sont très séparés les uns des autres, comme ceux de presque tous les lézards. Îls sont d'ailleurs tous garnis d'ongles aigus et crochus; la tête aplatie par dessus, et comprimée par les côtés, a un peu la forme d’une pyramide à quatre faces, dont le museau seroit le sommet; elle ressemble par là à celle de plusieurs serpents, ainsi que la langue qui est fourchue, et qui, loin d’être cachée et presque immobile comme celle du crocodile, peut être dardée avec facilité. Les yeux sont gros et brillants ; l’ouverture des oreilles est grande, et entourée d’une bordure d'écailles ; le corps épais, arrondi, couvert d’écailles dures, osseuses comme celle du crocodile, et presque toutes garnies d’une arête saillante ; plusieurs de celles du dos sont plus grandes que les autres, et relevées par des tubercules en forme de crêtes, dont les plus hauts sout les plus voisins de la queue, sur laquelle les lignes qu'ils forment sont prolongées par d’autres tubercules. Ceux-ci sont plus aigus, et produisent deux dentelures semblables à celles d’une scie, et réunies en une seule vers l’extrémité de la queue, qui est très longue. La dragonne, ainsi que le fouette-queue, a la facilité de la remuer vivement et de l’agiter comme un fouet. Cette faculté lui a fait donner le nom de Fouette-queue, que nous avons conservé uniquement à l'espèce précédente, et que nous n’emploierons jamais en parlant de la dragonne, pour éviter toute confusion : on l’a aussi appelée Cordyle ; mais nous réservons ce nom pour un lézard différent de celui que nous décrivons, et auquel on l’a déjà donné.

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