Raia Tajara, Linnée, édition de Gmelin
Raie tajara, Bonnaterre , planches de l'Encyclopédie méthodique.
« R. subtus nivea, cauda tereti. » Forskael, Faun. arab., p. 9, nm. 14.
2. Raie lymme, Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.
« Raja corpore lævi testaceo, maculis cæruleis, cauda pinnata , » aculeo unico. » Forskael, Faun. arab., page 17, n. 19.
266 HISTOIRE NATURELLE de brique, parsemé d’une grande quantité de tachés bleues, ovales, et inégales en grandeur,
La queue est un peu plus longue que le corps, et garnie, vers le milieu de sa longueur, d’un et quelquefois de deux aiguiilons, longs, larges, dentelés comme ceux de la raie aigle et de la pastenaque, et revêtus à leur base d’une peau d’un brun bleuûtre. Depuis son origine jusqu’à ces aïguillons, la queue est un peu aplatie, blanche par dessous et rougeâtre dans sa partie supérieure, où l'on voit régner deux petites bandes bleues et longitudinales; et depuis les piquants jusqu’à son extrémité, qui est blanche et très déliée, elle est toute bleue, comprimée par/les côtés, et garnie en haut et en bas d’une petite membrane frangée qui représente une nageoire, eE qui est plus large au dessous qu'au dessus de la queue.
La lymimne n’a point de nageoire dorsale ; et par là elle se rapproche plus de la pastenaque, qui en est dénuée, que de la raie aigle, qui en présente une.
C’est à cette jolie espèce qu'il faut rapporter une raie pêchée par Commerson aux environs des îles Praslin, et à laquelle il a donné le noin de raie sans piquant!, parce qu’en effet elle n’en présente aucun sur le dos, nor plus que les individus observés par Forskael. Ce naturaliste a fait de cette raie sans aicuillon sur le corps une description très détaillée, qui fait partie des manuscrits déposés dans le Muséum d'histoire naturelle, et qui s'accorde presque dans tous les points avec celle que nous venons de donner
1. « Raja lævis e testaceo fuscescens, guttis cæruleis innumeris
» prono corpore sparsis, aculeis geminis in media cauda. » Commerson, ouvrage manuscrit sur la zoologie , quatrième cahier, 1768,
d’après Forskael. La seule diflérence entre ces deux descriptions, c’est que Commerson parle d’une rangée de petits tubercules, qui règne sur la partie la plus élevée du dos et s'étend jusqu’à la queue, et de deux autres tubercules semblables à des verrues, et placés l’un d’un côté, et l’autre de l'autre de l’origine de cette dernière partie.
Au reste, parmi les individus qui ont été l’objet de l'attention de Commerson, un avoit près de cinq décimètres (un pied six pouces huit lignes) de longüeur totale; et l'on pourra voir dans cet ouvrage la figure d’une lymme mâle et d'une lyñnime femelle, que nous avons fait graver d'après les dessins originaux apportés en France par ce voyageur célèbre. Nous noùs sommes déterminés d'autant plus aisément à enrichir de ces deux figures l’histoire que nous décrivons, que l’ori n'a pas encore publié de planche représentant l'espèce qui nous occupe. Au reste, nous ne croyons pas avoir besoin de dire que le mâle est distingué de la femelle par deux appendices placés auprès de l’anus, et semblables à ceux que nous avons fait connoître en traitant de la batis.
La lymme, que quelques naturalistes ont crue confinée dans la mer Rouge, habite donc aussi une partie de la mer des Indes. On doit la trouver dans d’autres mers, surtout aux environs des tropiques ; et en effet, il vient d'arriver de Cayenne au Muséum d'histoire naturelle, une petite collection de poissons parmi lesquels j'ai reconnu un individu de l'espèce de la lymme. Ces poissons ont été envoyés par M. Le Blond, voyageur naturaïiste, qui nous à appris, dans des notes relatives aux animaux qu'il a fait parvenir au Maséum,
que l'individu que nous avons considéré comme une lymme, avoit été pris au moment où il venoit de sorür de l'œuf, mais où il étoit encore dans le ventre de sa mère. Les raies de la même espèce, dit M. Le Blond, qui les appelle Raies rouges, à cause de la couleur de la partie supérieure de leur corps, semblable par conséquent, où presque semblable à celle des lymmes d’Ârabie ou des environs des îles Praslin, sont très bonnes à manger lorsqu'elles sont jeunes, et parviennent quelquefois au poids de dix ou quinze myriagramines (deux ou treis cents livres, ou environ). Au reste, le petit individu arrivé de l’Amérique méridionale avoit la queue trois fois plus longue que le corps et ia tête, et par conséquent beaucoup plus longue que les lymimes d’Afrique et d’Arabie. Mais tous les autres traits de la conformation réunissant ces cartilagineux de la mer Rouge et des îles Praslin avec les Raies rouges de Cayenne, on peut tout au plus regarder ces dernières comme une variété dans l’espèce des raies rougeâtres des îles Praslin et d'Arabie; mais on n’en doit pas moins les considérer comme appartenant à l'espèce de la lymme, qui dès lors se trouve dans les eaux chaudes de l'Asie, de l’Afrique et de l'Amérique.
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