‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 3)Chapitre 79 sur 113 · Gronov., Zooph · texte numérisé non relu

Gronov., Zooph

Le dos de la gronovienne est un peu convexe; la partie inférieure de son corps est au contraire très plate. Les nageoires ventrales sont grandes; elles ont un peu la forme d’un parallélogramme, et n’ont aucune portion qu'on puisse appeler nageoire de l'anus.

À l'extrémité de la queue est une nageoire caudale divisée en deux lobes.

On n'a encore vu que des gronoviennes d’un diamètre peu considérable; et l’on ignore si, conformée comme la torpille, la raie que nous décrivons jouit aussi, comme cette dernière, de la faculté de faire ressentir des commotions électriques plus ou moins fortes.

LA RAIE APTÉRONOTE.

Raia apteronota, Lacer. (Espèce douteuse. })

Les nageoires pectorales de cette raie sont très srandes relativement aux autres parties de l’animal. Si l’on retranchoit ces nageoires, la tête et le corps de l’aptéronote ressembieroïent à deux ovales irréguliers et presque égaux, placés au devant l’un de l’autre. Cette forme se fait même apercevoir malgré la présence de ces pectorales, qui sont très distinctes, et qui doivent réunir à leurs dimensions étendues des mouvements assez rapides pour donner

DES POISSONS. 9209 une grande vitesse à la natation du poisson. On doit aussi remarquer la forme cylindrique ou plutôt conique de la queue, qui s'avance, pour ainsi dire, au milieu du corps proprement dit, jusque vers le diaphragme.

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LA RAIE MANATIA.

Raia Manatia, Lacer. (Espèce douteuse. )

J'ai reçu, il y a plusieurs années, un dessin que j'ai fait graver, et une courte description écrite en italien, d’une raie qui a beaucoup de ressemblance avec la mobulér, et qui, comme ce dernier cartilagineux, parvient à une très grande longueur. L'individu dont on m’a envoyé dans le temps la figure, avoit plus de cinq mètres ( quinze pieds huit pouces } de long, depuis la partie antérieure de la tête jusqu’à l'extrémité de la queue.

Le corps proprement dit, et les nageoires pectorales, considérés ensemble, offroient un losange assez régulier, dont la diagonale, qui marquoit la plus grande largeur de l'animal, étoit longue de près de trois mètres ou neuf pieds. Chaque nageoire pectorale représentoit ainsi un triangle isocèle, dont la base s’'appuyoit sur le corps proprement dit, et dont le sommet très aigu, placé à l’extérieur, répondoit au milieu du dos.

À l’angle antérieur du losange, étoit la tête, d’un volume assez petit relativement à celui du corps, et terminée par devant par une ligne presque droite. Cette ligne avoit près d’un demi-mètre, ou un pied et demi de longueur, et à chacun de ses bouts on voyoit un appendice pointu, étroit, en forme d’oreille extérieure, semblable à ceux que nous avons décrits sur la mobular, et long de dix pouces, ou près de trois décimètres, à compter du bout du museau de la manatia. Chacun de ces deux appendices s’étendoit au dessous de la tête jusqu’à l'angle de la bouche le plus voisin; mais on ne remarquoit dans ces excroissances ni cavité, ni aucun organe qui pût les faire considérer même, au premier coup d'œil, comme les siéges de l’ouie.

L'ouverture de la bouche, située dans la partie inférieure de la tête, n'étoil séparée de l'extrémité du museau que par un intervalle de quinze centimètres (de cinq à six pouces), et n’avoit que trois décimètres (dix pouces ou environ) de largeur; les narines étoient placées au devant de cette ouverture; etles deux yeux l'étoient de chaque côté de la tête, un peu plus près du bout du museau que l’ouverture de la bouche. Derrière chaque œil, à l'endroit où le côté de la tête proprement dite se réunissoit avec la nageoire pectorale , on distinguoit un.évent.

On ne voyoit d'aiguiilon sur aucune portion de la surface de l’animal; mais sa partie supérieure , recouverte d’une peau épaisse, s’élevoit, au milieu du dos, en une bosse semblable à celle du chameau, suivant l’auteur de la description qui m'est parvenue. É

Les nageoires ventraies éloient petites et recouver-

DES POISSONS. Oo11 tes en partie par les nageoires pectorales; etil n'y avoit aucune nageoire dorsale ni sur le corps, ni sur la queue , qui étoit très étroite dans toute son étendue, et terminée par une nageoire fourchue.

Cette nageoire caudalé paroît horizontale dans le dessin que j'ai fait graver; mais Je crois que cette apparence ne vient que d’une défectuosité de ce même dessin.

Il est donc bien aisé de distinguer la manatia de la mobular. Ces deux raies, que leur volume étendu rapproche l’une de l’autre, sont cependant séparées par quatre caractères très remarquables.

Les appendices du devant de la tête sont beaucoup plus courts sur la manatia que sur la mobular, à proportion de la longueur totale de l'animal, puisqu'ils ne sont sur la manatia que le dix-neuvième de cette longueur totale, tandis que sur la mobular ils en sont le cinquième, ou à peu près. =

Les nageoires pectorales sont conformées si différemment sur la manatia et sur la mobular, que dans ce dernier cartilagineux l’angle extérieur de ces nageoires est au niveau des yeux, et dans la manatia au niveau du milieu du dos.

Il y a une nageoïre dorsale sur la mobular : il n'y en a point sur la imanatia.

Enfin la queue de la mobular n’est terminée par aucune nageoire, et l’on en voit une fourchue au bout de la queue de la manatia.

La couleur de la partie supérieure de la raie que nous cherchons à faire connoître, est d’un noir plus ou moins foncé; et celle de la partie inférieure, d’un blanc assez éclatant.

La forme, la mobilité et la sensibilité des appendices de la têle de la manatia, doivent faire de ces prolongations, des sortes de tentacules qui, s’appliquant avec facilité à la surface des corps, augmentent la délicatesse du sens du toucher, et la vivacité de l'instinct de cette raie; et, comme un sens plus exquis, et par conséquent des ressources plus multipliées pour l'attaque et pour la défense, se trouvent joints ici à un volume des plus grands et une force très considérable, il n'est pas surprenant que sur les rivages de l’Amérique voisins de l'équateur, qu’elle fréquente, elle ait reçu le nom de Manatie, presque semblable à celui de Manati, imposé dans les mêmes contrées à un autre habitant des eaux, très remarquable aussi par l'étendue de ses dimensions, ainsi que par sa puissance, au Lamantin, décrit par Buffon. C’est à cause de cette force, de ce volume et de cel instinct, qu'il faut particulièrement rapporter à la manatia ce que Barrère ? et d’autres voyageurs ont dit de très grandes raies des mers américaines et équinoxiales, qui, s’élançant avec effort à une certaine hauteur au dessus de la surface de l'Océan , et se laissant ensuite retomber avec vitesse, frappent les ondes avec bruit et par une surface très plate, très longue et très large, et les font rejaillir très au loin et avec vivacité.

1. « Trichecus manatus, mamm. brut.» — Linn., édit. de Gmelin. 2. Histoire naturelle de la France équinoxiale , par Barrère.

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LOPNIE MENT RONIENNIE 202 TÊTE DE LA MEME 5 RAIE MAXAIPE

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