‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 4)Chapitre 106 sur 198 · Gouramy, ou gour&m LE · texte numérisé non relu

Gouramy, ou gour&m LE

du suprême dominateur des êtres ; elle rappelle le chef-d'œuvre de la création ; elle montre en queique sorte un exemplaire de la figure humaine. La conformation de la mâchoire inférieure , qui s’avance, s’arrondit, se relève et se recourbe , pour représenter une sorte de menton ; le léger enfoncement qui suit celte saillie; la position de la bouche , et ses dimensious ; la forme des lèvres ; la place des veux, et leur diamètre ; des opercules à deux lames, que l’on est tenté de comparer à des joues; la convexité du front ; l'absence de toute écaille proprement dite de dessus l’ensemble de la face, qui, revêtue uniquement de yrandes lames , paroît comine couverte d’une peau ; toutes les parties de la tête du mentonnier se réunissent pour produire cette image du visage de l’homme, aux yeux surtout qui regardent ce trichopode de profil. Mais cette image n'est pas complète. Les principaux linéaments sont tracés : mais leur ensemble n'a pas reçu de la justesse des proportions une véritable ressemblance ; ils ne produisent qu'une copie grotesque, qu’un portrait chargé de détails exagérés. Ce n’est donc pas une tête humaine que l’imagination place au bout du corps du poisson mentonnier ; elle y suppose plutôt une tête de singe ou de paresseux; et ce n’est même qu'un instant qu'elle peut êlre séduite par un commencement d’illusion. Le défaut de jeu dans cette tête qui la frappe, l’absence de toute physionomie, la privation de toute expression sensible d’un mouvement intérieur, font bientôt disparoître toute idée d’être privilégié, et ne laissent voir qu'un animal dont quelques portions de Ja face ont dans leurs dimensions les rapports peu communes

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que nous venons d'indiquer. C’est le plus saillant de ces rapports que j'ai cru devoir désigner par le nom spécifique de Mentonnier, de même que j'ai fait allusion par le mot Trichopode (pieds en forme de filaments) au caractère de la famille particulière dans laquelle j'ai pensé qu'il falloit l’inscrire.

Chacune des nageoires thoracines des poissons de cette famille, et par conséquent du mentonnier, n’est composée en effet que d’un rayon ou filament très délié. Mais cette prolongation très molle, au lieu d'être très courte et à peine visible, comme dans les monodactyles, est si étendue, qu'elle surpasse ou du moins égale en longueur le corps et la queue réunis.

Le mentonnier a d’ailleurs ce corps et cette queue très comprimés, assez hauts vers le milieu de la longueur totale de l'animal; la nageoire dorsale et celle de l’anus , basses, et presque égales l’une à l’autre ; la caudale rectiligne; et les pectorales courtes, larges et arrondiesf,

Atlamarcoreidu dos: 4e CR RE 18 rayons.

Achacune des thoracines. "000 07 ce NAUSE A la nagcoire de l'anus. . . . . . . . EC SENS

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LE TRICHOPODE”

TRICHOPTÈRE.

Labrus trichopterus, Parr., Linn., GMEc. — T'richopterus Pallasii, Suaw. — Trichogaster trichopterus , Bcocn. — Trichopodus trichopterus, Lacxr., Cuv.

CE trichopode est distingué du précédent par plusieurs traits que l’on saisira avec facilité en lisant la description suivante. Il en diffère surtout par la forme de sa tête, qui ne présente pas cette sorte de masque que nous avons vu sur le mentonnier. Cette partie de l'animal est petite et couverte d’écailles semblables à celles du dos. L'ouverture de la bouche est étroite, et située vers la portion supérieure du museau proprement dit.

Les lèvres sont extensibles. La nagoire du dos est courte, pointue, ne commence qu'à l'endroit où le corps a le plus de hauteur, et se termine à une

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