‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 4)Chapitre 119 sur 198 · Échéne succet. Daubenton , Encyclopédie méthodique · texte numérisé non relu

Échéne succet. Daubenton , Encyclopédie méthodique

Bloch, pl. 172.

« Echeneis cauda integra, striis capitis vigenti-quaiuor. » Hasselquist. It. Palest, 524, n. 68.

Gronov. Zooph., p. 75, n. 252: et Mus. 1, p. 13, n. 54.

« Echeneïs fuscus, pinnis posterioribus albo marginatis. » Browne. Jamaic., p. 443.

« Echeneis, capite striis viginti-quinque, etc. ; Commerson, manuscrits déjà cités.

« Echeneis in extremo subrotunda. » Seba, Mus., 5, tab. 55, fig. 2.

Echeneis vel remora. Aldrovand. de Piscib., p. 355.

Jonst. de Piscibus, p. 16, tab. 4, fig. 3.

Iperuquiba, et piraquiba. Marcgrav. Brasil:, p. 180.

Willughby, Itchthyol., p. 119. tab. G, 8, fig. 2.

Remora émperati. Raï. Pisc., p. 7, n. 12.

Remora. Petiv. Gazoph., tab. 44, fig. 12.

DES POISSONS. 249 formation. On lui a donné le nom de Naucrate ou de Naucrates, qui en grec signilie pilote où conducteur de vaisseau. Les individus qui la composent parviennent quelquefois jusqu'à la longueur de vingttrois décimètres, suivant des mémoires manuscrits cités par le professeur Bloch, et rédigés par le prince Maurice de Nassau, qui avoit fait quelque séjour dans plusieurs contrées maritimes de l'Amérique méridicnale. Le bouclier placé au dessus de leur tête présente toujours plus de vingi-deux et quelquefois vingt-six paires de lames transversales et dentelées. D'ailleurs la nageoire de la queue du naucrate, au lieu d’être fourchue comme celle du rémora, est arrondie on rectiligne. De plus, les nageoires du dos et de l’anus, plus longues à proportion que sur le rémora, montrent un peu la forme d’une faux,

La figure de l’une de ces deux nageoires est semblable à celle de l’autre. L'ouverture de l’anus est allongée, et située à peu près vers le milieu de la longueur totale de l’échénéis; et la ligne latérale, composée de points très peu sensibles, s'approche d’abord du dos , change ensuite de direction, et tend vers la queue à l'extrémité de laquelle elle parvient.

Le naucrate offre des habitudes très analogues à celles du rémora; on le rencontre de même en assez

1. À la membrane des branchies. . . . . . . . + + 9 rayons. Atla nageoirerdufdos. 217: een fo À chacune des pectorales. . . . . . . . . . NO) À chacune des thoracines, . . . . . . . .. Aou.» Acelle de l'anus: aie au ne Sr LU le GNU R PCO)

À celle de la queue. . . . : . . . . REA. AAC

srand nombre autour des requins. $es mouvements ne sont pas toujours faciles : mais comme il est plus crand et plus fort que le rémora, il se nourrit quelquefois d'animaux à coquille et de crabes ; et lorsqu'il adhère à un corps vivant ou inanimé, il faut des efforts bien plus grands pour l’en détacher que pour séparer un rémora de son appui.

Commerson, qui l'a observé sur les rivages de l’île de France, a écrit que ce poisson fréquentoit très souvent la côte de Mozambique. et qu'auprès de cette côte on employoit pour la pèche des tortues marines, et d’une manière bien remarquable, la facilité de se cramponner dont jouit cet échénéis. Nous croyons devoir rapporter ici ce que Commerson a recueilli au sujet de ce fait très curieux, le seul du même genre que l'an ait encore observé.

On attache à ia queue d’un naucrate vivant, un anneau d’un diamètre assez large pour ne pas incommoder le poisson. et assez éiroit pour être retenu par la nageoire caudale. Üne corde très longue tient à cet anneau. Lorsque l’échénéis est ainsi préparé, on le renferme dans un vase plein d’eau salée, qu’on renouvelle très souvent; et les pêcheurs mettent le vase dans leur barque. Ils voguent ensuite vers les paraues fréquentés par les tortues marines. Ges tortues ont l’habitude de dormir souvent à la surface de l’eau sur laquelie elles flottent; et leur sommeil est alors si léger, que l'approche la moins bruyante d’un b ateau pêcheur sufliroit pour les réveiller et les faire fuir à de grandes distances, ou plonger à de grandes

O profondeurs. Mais voici le piége que l’on tend de loin

à la preinière tortue que lon aperçoil endormie, On remet dans la mer le naucrate garni de sa longue corde : l’animal, délivré en partie de sa captivité, cherche à s'échapper en nageant de tous les côtés. On lui lâche une longueur de corde égale à la distance qui sépare la tortue marine de la barque des pècheurs. Le naucrate, retenu par ce lien, fait d’abord de nouveaux eflorts pour se soustraire à la main qui le maîtrise ; sentant bientôt cependant qu'il s’agite en vain, et qu'il ne peut se dégager, il parcourt tout le cercle dont la corde est en quelque sorte le rayon, pour rencontrer un point d'adhésion, et par conséquert un peu de repos. Îl trouve cette sorte d’asile sous le plasitron de ia tortue flottante, s’y attache fortement par le moyen de son bouclier, et donne ainsi aux pêcheurs, auxquels il sert de crampon, le moyen de tirer à eux la tortue en retirant la corde. On voit tout de suite la différence remarquable qui sépare cet emploi du naucrate, de l’usage analogue auquel on fait servir plusieurs oiseaux d’eau ou de rivage, et particulièrement des cormorans, des hérons.et des butors. Dans la pêche des tortues faite par le moyen d'un échénéis. on n'a sous les yeux qu'un poisson contraint dans ses mouvements, mais conservant la même tendance, faisant les mêmes cforts, répétant les mêmes actes que lorsqu'il nage en liberté, et n'étant qu'un prisonnier qui cherche à briser ses chaînes, tandis que les oiseaux élevés vour la pêche sont altérés dans leurs habitudes, et modifiés par l’art de l’homme, au point de servir en esclaves volontaires ses caprices et ses besoins. On a

pu entrevoir dans deux de nos discours généraux, la cause de cette différence, qui mérite toute l’attention des physiciens.

L'ÉCHÉNÉIS RAYÉ’

Echeneis lineata, Scun., Lacer., Cuv.

Lg naturaliste anglois Archibald Menzies a donné, dans le premier volume des Transactions de la Société linnéenne de Londres, la description de ce poisson, qui diffère des deux échénéis dont nous venons de parler, par le nombre des lames qui composent sa plaque ovale. En effet, cet osseux n’a que dix paires de stries transversales, dans l'espèce de bouclier dont sa tête est couverte. D'ailleurs sa naseoire caudale, au lieu d’être fourchue comme celle du rémora, au rectiligne ou arrondie comme celle du naucrate, se termine en pointe. Sa mâchoire inférieure est plus longue que la supérieure. Les dents des deux mâchoires sont pelites, ainsi que les écailles

1. Discours sur la nature des poissons, et Discours sur la durée des espèces.

2. Archibald Menzies, Transact. de la société linnéenne de Londres, vol. 1.

qui revêtent l'animal. La couleur générale est d’un brun foncé, et relevée de chaque côté par deux raies blanches qui s'étendent depuis les yeux jusque vers le bout de la queue. L’échénéis rayé se trouve dans le grand Océan, connu sous le nom de mer Pacifique : on l'y a vu adhérer à des tortues. L’individu décrit par l’auteur anglois avoit treize centimètres de

long.

1. À la membrane branchiale. . . . . . . . . . . 10 rayons. A’larnageoire dorsale: 77e "20m AL 47 A chacuneides-pectorales. . . . . . , . . . . . , 18 A chacune des thoracines. . . . . . . . . CAS Avcelleideanus er mi fr RU UE CRsz Afcellerdeilaquenemsemailéenn hi door

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