Dorade
Rondaniro, sur la côte de Gênes.
Lampugo, en Espagne.
Dolphin, en Angleterre.
Dorado, dans plusieurs autres endroits de l’Europe.
Coryphéne dofin, Daubenton, Encyclopédie méthodique.
Id. Bonnaterre , planches de l'Encyclopédie méthodique.
Osbeck, It., 507.
« Coryphæna cauda bifurca, ete. » Artedi, gen. 15, syn. 28.
1ppouros, Arist., lib. 8, cap. 15.
Id., Oppian., lib. 1, p. 8.
Id., Athen., bb. 7, p. 504.
Hippurus, Ovid., v. 95.
1d., Plin., lib. 9, cap. 16; et liv. 82, cap. 11.
Lampugo, Rondelet, première partie, lib. 8, chap. 18, édition de Lyon, 1558.
Hippurus, id., ibid.
Id., Gesner, p. 501 et 425. — (Germ.) fol. 44, a, — Icon. animal., p: 79.
Aldrov., lib. 3, cap. 17, p. 506.
Jonston, lib. 1,tit. 1, cap. 1, a, 6, tab. 1.
Charlet, p. 124.
DES POISSONS, 263 que les coryphènes. Revêtus d’écailles grandes et polies, réfléchissant avec vivacité les rayons du soleil, brillant des couleurs les plus variées, couverts d'or, pour ainsi dire, et resplendissant de tous les feux du diamant et des pierres orientales les plus précieuses, ils ajoutent d'autant plus, ces coryphènes privilégiés , à la beauté du spectacle de l'Océan, lorsque, sous un ciel sans nuages, de légers zéphyrs commandent seuls aux ondes, qu'ils nagent fréquement à la surface des eaux, qu’on les voit, en quelque sorte, sur le sommet des vagues, que leurs mouvements très agiles et très répétés multiplient sans cesse les aspects sous lesquels on les considère, ainsi que les reflets éclatants qui les décorent, et que, voraces et audacieux , ils entourent en grandes troupes les vaisseaux qu'ils rencontrent , et s'en approchent d’assez près pour ne rien dérober à l'œil du spectateur , de la variété ni de la richesse des nuances qu'ils étalent. C’est pour indiquer cette préémimence des coryphènes dans l'éclat et dans la diversité
de leurs couleurs, ainsi que dans la vélocité de leur course et la rapidité de leurs évolutions , et pour faire allusion d’ailleurs à la hauteur à laquelle ils se plaisent à nager, que, suivant plusieurs écrivains, ils ont reçu le nom générique qu'ils portent , el qui vient de deux mots grecs dont l’un, coruphé, veut dire
Willughby, ichthyol., p. 215, tab. O, fig. 5.
Raï., p. 100, n. 1.
Equisele, Gaz. Arist., Üib 4, cap. 19; et lib. 8, cap. 15.
Equiselis, id., ibid.
« Hippurus pinnis branchialibus deauratis, etc. » Klein, Miss. pisc.5, p. 55, n. 1; 2. #
204 HISTOIRE NATURELLE sommet, et l’autre, néo, signilie je nage. On a également prétendu que la dénomination de coryphène , employée dès le temps des anciens naturalistes, désignoit une des formes les plus remarquables des poissons dont nous parlons, c’est-à-dire la position de leur nageoire dorsale, qui commence très près du haut de la tête. Quelque opinion que l’on adopte à cet égard , on ne peut pas douter que le nom particulier d’Hippurus, ou de Queue de cheval, donné à l’une des plus belles espèces de coryphène, ne vienne de la conformation de cette même nageoire dorsale, dont les rayons très nombreux ont quelques rapports avec les crins du cheval. Cet hippurus, qui est l’objet de cet article, parvient quelquefois jusqu’à la lonsueur d’un mètre et demi. Son corps est comprimé aussi bien que sa tête; l'ouverture de sa bouche très orande; sa langue courte ; ses lèvres sont épaisses; ses mâchoires garnies de quatre dents aiguës et recourbées en arrière. Un opercule composé d’une seule pièce couvre une large ouverture branchialef; ia ligne latérale est fléchie vers la poitrine, et droite ensuile jusqu'à la nageoire caudale, qui est fourchue ; les écailles sont minces, mais fortement attachées.
À l'indication des formes ajoutons l'exposition des nuances, pour achever de donner une idée de ce
1. À la membrane des branchies.. . . . . . + + + 10 rayons. A la nageoïre du dos. . . . . . . . . . . . .. 60 A chacune des pectorales. . . . . . . . . . . . 20 À chacune des thoracines. . . . . . . . .!, . . 6 Allcellerdeilanus:) ip on tre A Pr 26
Aïcelle de laiqueue: 40 Mere ET RENE 20
DES POISSONS. 265 superbe coryphène. Lorsqu'il est vivant, dans l’eau, et en mouvement, il brille sur le dos d’une couleur d'or très éclatante, mêlée à une belle teinte de bleu ou de vert de mer, que relèvent des taches dorées et le jaune doré de la ligue latérale. Le dessous du corps est argenté. Les nageoires pectorales et thoracines présentent un jaune très vif, à la splendeur duquel ajoute la teinte brune de leur base; la nagoire caudale, qui ofire la même nuance de jaune, est d’ailleurs bordée de vert; celle de l’anus est dorée ; et une dorure des plus riches fait remarquer les nombreux rayons de la nageoire dorsale, au milieu de la membrane d’un bleu céleste qui les réunit.
C'est ce magnifique assortiment de couleurs d’or et d'azur qui trahit de loin le coryphène hipourus, lorsque, cédant à sa voracité naturelle, il poursuit sans relâche les trigies et les exocets, dont il aime à se nourrir, Contraint ces poissons volants à s’élancer hors de l’eau, les suit d’un regard assuré , pendant que ces animaux efirayés parcourent dans l'air leur demi-cercle, et les reçoit, pour ainsi dire, dans sa sueule , à l’instaut où, fatigués d’agiter leurs nageoires pectorales , et ne pouvant plus soutenir dans l'atimosphère leur corps trop pesant, ils retombent au milieu de leur fluide natal sans pouvoir y trouver un asile.
Non seulement les hippurus cherchent ainsi à saiisfaire le besoin impérieux de la faim qui les presse, au milieu des bandes nombreuses de poissons moins grands et plus foibles qu'eux ; mais encore , peu difficiles dans le choix de leurs aliments, ils voguent en grandes troupes autour des vaisseaux , les accompa-
gnent avec constance, et saisissent avec tant d’avidité tout ce que les passagers jettent dans la mer, qu’on a trouvé dans l’estomac d’un de ces poissons jusqu’à quatre clous de fer, dont un avoit plus de quinze centimètres .de longueur.
On profite d'autant plus de ieur gloutonnerie pour les prendre, que leur chair est ferme et très agréable au goût. Pendant le temps de leur frai, c’est-à-dire dans le printemps et dans lautomne, on les pèche avec des filets auprès des rivages, vers lesquels ils vont déposer ou féconder leurs œufs; et dans les autres saisons, où ils préfèrent la haute mer, on se sert de lignes de fonat, que la voracité de ces coryphènes rend très dangereuses pour ces animaux. Ce qui fait d’ailleurs que leur recherche est facile et avantageuse, c'est qu'ils sont en très grand nombre dans les parties de la mer qui leur conviennent, parce qu'indépendamment de leur fécondité, ils croissent si vite, qu'on les voit grandir d’une manière très prompte dans les nasses où on les renferme après les avoir pris en vie.
lis vivent dans presque toutes les mers chaudes et mème tempérées, On les trouve non seulement dans le grand Océan équatorial, improprement appelé mer Pacifique, mais encore dans une grande portion de l'Océan atlantique, et jusque dans la Méditerranée.
1. Voyez, sur les lignes de fond, l’article de la Rate bouclée, et celui de la Muréne congre.
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LE CORYPHÉNE DORADON!.
Coryphæna equiselis, Linn., GMEL. — Coryphænu aurata, LAcée. — Coryphæna hippurus, Guy.
Nocus conservons ce nom de Doradon à un coryphène qui a plusieurs traits communs avec l'hippurus, mais qui en diffère par plusieurs autres. Il en est séparé par le nombre des rayons de la nageoire dorsale, qui n’en renferme que cinquante ou environ , par celui des rayons de la membrane des branchies, qui n'en comprend que six, pendant que la membrane branchiale de l’hippurus en présente sept et quelquefois dix, et de plus par la disposition des taches couleur d’or qui ne sont disséminées que sur la partie supérieure du corps et de la queue. D'ailleurs, en jetant les yeux sur une peinture exécutée d’après les dessins coloriés et originaux du célèbre Piumier , laquelle fait partie de la belle collection de