‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 4)Chapitre 13 sur 198 · LE GOBIE NOIR · texte numérisé non relu

LE GOBIE NOIR

Gobius Commersonti, No8. — Gobius niger, Lacer.

CE gobie, dont nous avons vu la description dans les manuscrits de Commerson, que Buffon nous a remis il y a plus de douze ans, est à peu près de la taille d’un grand nombre de poissons de son genre. Sa longueur n'égale pas deux décimètres, et sa largeur est de trois ou quatre centimètres. Il présente sur toules les parties de son corps une couleur noire, que quelques reflets bleuâtres ou verdâtres ne font paroître que plus foncée, et qui ne s’éclaircit un peu et ne tend vers une teinte blanchâtre, ou plutôt livide , que sur une portion de son ventre. Les écailles qui le revêtent sont très petites, mais relevées par une arête longitudinale ; sa tête paroït comme gonflée des deux côtés. Sa mâchoire supérieure, suscepüble de mouvements d'extension et de contraction. dépasse et embrasse l’inférieure : on les croiroit tou- Les les deux garnies de petits grains plutôt que de véritables dents. La langue est courte, et attachée dans

1. « Gobio totus niger, radis pinnæ dorsi prioris sex, posteriore re- , motissimo, villo notabili ad anum. » Manuscrits de Commersor , déjà cilés.

presque tout son contour. L'intervalle qui sépare les yeux l’un de l’autre est à peine égal au diamètre de l’un de ces organes. Commerson a remarqué avec attention deux tubercules placés à la base de la membrane branchiale , et qu’on ne pouvoit voir qu’en soulevant l’opercule. I] a vu aussi au delà de l’ouverture de l’anus, laquelle est à une distance presque égale de la gorge et de la nageoïire de la queue, un appendice semblable à celui que nous avons indiqué en décrivant plusieurs autres gobies, et qu'il a comparé à un barbillon ou petit filament 1,

Le gobie noir habite dans la portion du grand Océan, nommée, par notre confrère Fleurieu, grand oolfe des Indes?. Il s’y tient à l'embouchure des pettes rivières qui se déchargent dans la mer : il préfère celles dont le fond est vaseux. Sa chair est d’une saveur très agréable, et d’ailleurs d’une qualité si saine, qu'on ne balance pas à la donner pour nourriture aux convalescents et aux malades que l’on ne réduit pas à une diète rigoureuse.

1.. À la membrane des branchies. .: . . . . . .. 4 rayons. À la première nageoire du dos. . ... . . . 6 Aa SeCON des RE EEE ER Mer IR ReSEs 11 À chacune des pectorales, : 4 : 411414 15 Aux thoraCiTes ART TAE CARE AN 10 AYcelle de l'anus. 0e lanta ATEN 11 A celle de l4 queue, qui est un peu arrondie. . 15

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