Bloch, pl
Cotte grognard. Daubenton , Encyclopédie méthodique.
Mus. Adolph. Frid. 2, p. 65.
Gronov. Mus. 1, p.46, n. 106; et Zooph., p. 79, n. 26g.
Séba , Mus. 5. p. 80, n. 4. tab. 25, fig. 4.
« Corystion capite crasso. ore ranæ amplo . etc. » Klein, Miss. pisc. 4, p. 46, n. 8.
Marcgrav., Brasil., p. 78.
Willughby, [chthyol., p. 289, tab. S, 11, fig. 1 ; Append., p. ® tab. 4, fig. 1.
Nigui, Raï, Pisc., p. 92. n. 7;etp. 150, n. 7.
lent de toutes parts, et auprès desquels on diroit que la nature les a placés, pour qu'ils fissent mieux ressortir l’éclatante parure de ces poissons privilégiés ! On pourroit être tenté de croire que, s'ils ont été si peu favorisés lorsque leur vêtement leur a été départi, ils en sont, pour ainsi dire, dédommagés par une faculté remarquable et qui n’a été accordée qu'à un petit nombre d’habitants des eaux, par celle de proférer des sons. Et en effet, plusieurs cottes, comme quelques balistes, des zées, des trigles et des cobites, font entendre, au milieu de certains de leurs mouvements, une sorte de bruit particulier. Qu'il y a loin cependant d’un simple bruissement assez foible, très monotone, très court et fréquemment involontaire, non seuleinent à ces sons articulés dont les nuances variées et légères ne peuvent être produites que par un Grgane vocal très composé, ni saisies que par uue oreille très délicate, mais encore à ces accents expressifs et si diversifiés qui appartiennent à un si grand nombre d'oiseaux et mème à quelques mammifères! Ce n’est qu’un frôlement que les cottes, les cobites, les trigles, les zées, les balistes, font naître. Ce n'est que lorsque, saisis de crainte ou agités par quelque autre affection vive, ils se contractent avec force, resserrent subitement leurs cavités intérieures, chassent avec violence les différents gaz renfermés dans ces cavités, que ces vapeurs sortant avéc vitesse, ét s’'échappant principalement par les ouvertures branchiales , en froissent les opercules élastiques, et, par ce frottement toujours peu soutenu , font naître des sons, dont le degré d’élévation est inappréciable, et qui par conséquent, n'étant pas
une voix, et ne formant qu'un véritable bruit, sont même au dessous du sifflement des reptiles.
Parmi les cottes, l’un de ceux qui jouissent le plus de cette faculté de frôler et de bruire, a été nommé Grognant , parce que l’envie de rapprocher les êtres sans discernement et d’après les rapports les plus vagues , qui l’a si souvent emporté sur l'utilité de comparer leurs propriétés avec convenance, a fait dire qu'il y avait quelque analogie entre le grognement du cochon et le bruissement un peu grave du cotte. Ce poisson est celui que nous allons décrire dans cet article.
On le trouve dans les eaux de l'Amérique méridionale, ainsi que dans celles des Indes orientales. Il est brun sur le dos , et mêlé de brun et de blanc sur les côtés. Des taches brunes sont répandues sur ses nageoires, qui sont grises , excepté les pectorales et les thoracines, sur lesquelles on aperçoit une teinte rougeâtre ?. |
La surface du grognant est parsemée de pores d'où découle cette humeur visqueuse et abondante dont il est enduit, comme presque tous les autres cottes. Malgré la quantité de cette matière gluante dont il est imprégné, sa chair est agréable au goût ; on ne ja dédaigne pas : on ne redoute que le foie, qui est regardé comme très malfaisant, que l’on considère