‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 4)Chapitre 182 sur 198 · Steinbicker, dans plusieurs contrées de l'Allemagne · texte numérisé non relu

Steinbicker, dans plusieurs contrées de l'Allemagne

Ersskraper , dans plusieurs paÿs du Nord.

Gastré quinze-épines. Daubenton , Encyclopédie méthodique.

Id. Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

Faun. Suecic., 358.

Gronov. Mus. 1, p. 50, n. 115; Zooph., p. 154, n. 4o7.

Bloch, pl. 55, fig. 1.

Gasterosteus pentagonus. Mus. Ad. Frid., p. 54.

cupât dans l'échelle de la durée une place aussi éloignée des poissons les plus favorisés, que sur celle des grandeurs. On a écrit qu'il ne vivoit tout au plus que trois ans. Quelque sûres qu’aient pu paroître les observations sur lesquelles on a fondé cette assertion, nous croyons qu’elles ont porté sur des accidents individuels plutôt que sur des faits généraux ; et nous regardons comme bien peu vraisemblable une aussi grande brièveté dans la vie d’un animal qui, dans ses formes, dans ses qualités , dans son séjour , dans ses mouvements, dans ses autres actes, dans sa nourriture, ne présente aucune différence très marquée avec des poissons qui vivent pendant un très grand nombre d'années. Et d’ailleurs ne reconnoît-on pas dans l’épinoche la présence ou l'influence de toutes les causes que nous avons assignées à la longueur très remarquable de la vie des habitants des eaux. et particulièrement des poissons considérés en général ?

C’est dans le printemps que ce petit osseux dépose ses œufs sur les plantes aquatiques, qui les maintiennent à une assez grande proximité de la surface des lacs ou des rivières , pour que la chaleur du soleil favorise leur développement. Il se nourrit de vers, de chrysalides, d'insectes que les bords des eaux

« Centriscus aculeis quindecim in dorso. » Klein, Miss. pisc. 4, p. 45, n. 1.

« Aculeatus vel pungitius marinus longus.» Willughby, Ichthyol., p. 940, tab. X, 15, fig. 2; Append., p. 28.

Rai. Pisc., p. 145, n. 15.

Fifteen spined stickleoack. Brit. Zoolog. 5, p. 220, n. 5.

DES POISSONS. GT peuvent lui présenter, d'œufs de poissons; et, malgré sa foiblesse , il attrape quelquefois des poissons, à la vérité extrêmement jeunes, et venant, pour ainsi dire . d’éclore. Les aiguillons dont son dos est armé , et le bouclier ainsi que les lames dont son corps est revêtu , le défendent mieux qu'on ne le croiroit au premier coup d'œil, de l’attaque de plusieurs des animaux qui vivent dans les mêmes eaux que lui : mais ils ne le garantissent pas de vers intestinaux dont il-est fréquemment la victime; ils ne le préservent pas non plus de la recherche des pêcheurs. On ne le prend pas cependant, au moins le plus souvent, pour la nourriture de l’homme , parce que son goût est rarement très agréable : mais comme celte espèce est grasse et féconde en individus, il est plusieurs contrées où l’on répand les épinoches par milliers dans les champs, sur lesquels elles forment en se corrompant un excellent fumier; ou bien on les emploie à engraisser dans les basses-cours voisines des lacs qui leur ont servi d'habitation, des canards, des cochons , et d’autres animaux utiles dans l’économie domestique.

On peut aussi exprimer de milliers d’épinoches une assez grande quantité d'huile bonne à brûler; et nous ne devons pas oublier de faire remarquer qu'il est un grand nombre d'espèces de poissons, dédaignées à cause du goût peu agréable de leur chair, dont on pourroit tirer, comme de l'épinoche, un aliment convenable à plusieurs animaux, un engrais très propre à fertiliser nos campagnes, ou une huile très utile à plusieurs arts.

Les yeux de l’épinoche sont saillants, et ses mâchoires presque aussi avancées l’une que l’autre : chaque ligne latérale est marquée ou recouverte par des plaques osseuses placées transversalement, plus petites vers la tête ainsi que vers la queue , et qui, au nombre de vingt-cinq, de vingt-six ou de vingtsept, forment une sorte de cuirasse assez solide. Deux os allongés, durs, et affermis antérieurement par un troisième , couvrent le ventre comme un bouclier: et de là vient le nom générique de Gastérostée que porte l’épinoche. Chaque thoracine est composée de deux rayons : le premier, grand, pointu, et presque toujours dentelé, frappe aisément la vue; le second, blanc, très court, très mou, est difficilement aperçu.

Trois aiguillons allongés, et séparés l’un de l’autre, s'élèvent au devant de la nageoire du dos : les deux premiers sont dentelés des deux côtés; le troisième l'est quelquefois, mais il est presque toujours moins haut que les deux premiers.

On compte trois lobes au foie, qui est très étendu, et dont le lobe droit est particulièrement très long. On ne voit pas de cœcum auprès du pylore ; et le canal intestinal se recourbe à peine vers la tête, avant de s’avancer en ligne droite vers l'anus; ce qui doit faire présumer que les sucs digestifs de l’épinoche sont très actifs.

La vésicule natatoire est épaisse, simple, grande, et attachée à l’épine du dos, dont cependant on peut la séparer avec facilité.

Au reste, l'iris, l’opercuie branchial et les côtés de

DES POISSONS. 875 l’épinoche brillent de l'éclat de l'argent; ses nageoires, de celui de l'or; el sa gorge ainsi que sa poitrine, montrent souvent celui du rubis !,

L’épinochette vit en troupes nombreuses dans les lacs et dans les mers de l’Europe; on la voit pendant le printemps auprès des embouchures des fleuves ; et, suivant M. Noël, on la pêche dans la Seine, jusqu’au dessus de Quillebeuf. La spinachie ne se trouve ordinairement que dans la mer. Elle est plus grande du double, ou environ, que l’épiroche, pendant que l’épinochette ne parvient communément qu’à la iongueur d’un demi-décimètre. Cette épinochette est d’ailleurs dénuée de lames osseuses et même d’écailles facilement visibles; sa couleur est jaune sur son dos, et blanche ou argentée sur sa partie inférieure 2.

La spinachie offre à peu près le même ton et la même disposition dans ses nuances que l’épinochette; mais ses côtés sont garnis de lames dures. Elle a de plus le museau avancé en forme de tube,

1. À la membrane des branchies de l’épinoche. . 8 rayons. Alanageoire dudos/125 212) ane 12 A chacune des pectorales. . . . . . . . .. 10 A chacune des thoracines. . . . . . . . . . . . 2 celle de l'anus 220 0m AL Us 9 À celle de la queue, qui est rectiligne. . . . . 12 2. À la nageoïre du dos de l’épinochette. . . . 11 rayons. À chacune des pectorales. : =. .: .. : . . . | 10 À chacune des thoracines, dont la membrane estitres blanches Ce TEMPS 2 Atcelieiderl'anus ii nel AN Ait 11 A celle de la queue. . . 15

LACÉPEDE. VIII.

l'ouverture de la bouche petite, et l’opercule ciselé en rayons! à

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