‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 4)Chapitre 91 sur 198 · SOIXANTE-ONZIÈME GENRE · texte numérisé non relu

SOIXANTE-ONZIÈME GENRE

LES COMPHOSES.

e museau allongé en forme de clou ou de masse, la

L llong me de cl d soul tête et les opercules dénués d’écailles semblables à celles du dos.

ESPÈCES. CARACTÈRES

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LE GOMPHOSE BLEU.

Gomphosus cæruleus, Lacer., Cuv.

ComMMERSON a laissé dans ses manuscrits la description de ce poisson qu'il a observé dans ses voyages, que nous avons cru, ainsi que lui, devoir inscrire dans un genre particulier, mais auquel nous avons donné le nom générique de Gomphos, plutôt que celui d'Elops, qui lui a été assigné par ce naturaliste. Le mot gomphos désigne, aussi bien que celui d’elops, la forme du museau de ce poisson , qui représente une sorte de clou; et en employant la dénomination que nous avons préférée , on évite toute confusion du genre que nous décrivons, avec une petite famille d’abdominaux connue depuis long-temps sous le nom d'élops.

Le gomphose bleu est, suivant Gominerson , de la srandeur du cyprin tanche. Toute sa surface présente une couleur bleue sans tache, un peu foncée et noirâtre sur les nageoires pectorales, el très claire sur les autres nageoires. L’œil seul montre des nuances différentes du bleu; la prunelle est bordée d’un cercle

1. « Elops, totus intense cæruleus ; rostro subulato, capite et oper- » culis branchiostegis, alepidotis. » Commerson, manuscrits déjà cités.

DES POISSONS. 159 blanc , autour duquel l'iris présente une belle couleur d’'éméraude ou d’aigue-marine.

Le corps est un peu arqué sur le dos, et beaucoup plus au dessous du ventre. La tête, d'une grosseur médiocre, se termine en devant par une prolongation du museau, que Commerson a comparée à un clou, dont la longueur est égale au septième de la longueur totale de l'animal , et qui a quelques rapports avec le boutoir du sanglier. La mâchoire supérieure est un peu extensible, et quelquefois un peu plus avancée que l’inférieure ; ce qui n'empêche pas que l’avantbouche , dont l’ouverture est étroite , ne forme une sorte de tuyau. Chaque mâchoire est composée d’un os garni d'un seul rang de dents très petites et très serrées l’une contre l’autre; et les deux dents les plus avancées de la mâchoire d’en haut sont aussi plus grandes que celles qui les suivent.

Tout l’intérieur de la bouche est d’ailleurs lisse, et d’une couleur bleuâtre.

Les yeux sont pelits et très proches des orifices des narines, qui sont doubles de chaque côté.

On ne voit aucune écaille proprement dite, ou semblable à celles du dos, sur la tête ni sur les opercules du gomphose bleu. Ces opercules ne sont hérissés d'aucun piquant. Deux lames les composent : la seconde de ces pièces s’avance vers la queue, en forme de pointe; et une partie de sa circonférence est bordée d’une membrane.

On voit quelques dentelures sur la parlie concave des arcs osseux qui soutiennent les branchies.

La portion de la nageoire dorsale qui comprend des rayons aiguillonnés, est plus basse que la partie

de cette nageoire dans laquelle on observe des rayons articulés. La nageoire caudale forme un croissant dont les deux pointes sont très allongées.

La ligne latérale, qui suit la courbure du dos jusqu’à la fin de la nageoire dorsale, où elle se fléchit vers le bas pour tendre ensuite directement vers la nageoire caudale, a son cours marqué par une suite de petites raies disposées de manière à imiter des caractères chinois.

Les écailles qui recouvrent le corps et la queue du gomphose bleu, sont assez larges ; et les petites lignes qu'elles montrent les font paroître comme ciselées 1.

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