‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 5)Chapitre 126 sur 177 · Lepechin, It. 3, p. 229, tab. 14, fig · texte numérisé non relu

Lepechin, It. 3, p. 229, tab. 14, fig

g. Ascagne, pl. 24.

Salmone sil, Bonuaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique,

10, Capelan d'Amérique.

Capelan de Terre-Neuve.

Gronlander, par les Allemands.

Angmaksak , en Groenland.

Keplings , ibid.

Jern lodde (le mâle }, ibid.

Quetter lodde (idem), ibid.

Sild lodde (1a feinelle), ibid.

Rong lodde (idem ), ibid.

Laaüen-sild, eu Islande.

Lodna , ibid.

Sulmone lodde, Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

Bloch , pl, 581, fig. 1.

11. Sulmone blanc, Bonnaterre, planches de l'Encyclepédie métho dique.

Pennant , Zoolog. Britann., vol. 3, p: 402.

gueur; la forme générale d’une tanche ; des appendices aux ventrales , qui sont rougeâtres, ainsi que la caudale ; le dessus du corps et de la queue, brunâtre ; le dessous jaunâtre ; l’anale très rouge, et la chair blanche.

Le kundscha, qui n'entre guère dans les fleuves, et que l’on trouve pendant l'été dans les golfes et les détroits de l'Océan glacial arctique, est long de plus d’un pied et demi, bletâtre au dessus et au dessous de la ligne latérale; et ses ventrales ont chacune un appendice écailleux.

L’arctique, qui habite dans les petits ruisseaux à fond de cailloux des monts les plus septentrionaux de l’Europe, ne parvient ordinairement qu’à la lonsueur de quatre pouces.

Le reidur des montagnes de Groenland a près d’un pied et demi de long; la tête grande et ovale; le museau pointu ; la langue longue; le palais garni de trois rangs de dents serrées ; les mâchoires armées de dents fortes, recourbées, et très pointues ; les opercules crands, lisses, composés de deux pièces ; les pectorales très allongées; deux rayons à la première dorsale très longs; la chair blanche , et le ventre de la même couleur.

L'icime, dont le museau est arrondi, et la longueur de quatre à huit pouces, vit dans les petits ruisseaux et les étangs vaseux du Groenland, y dépose ses œufs sur le limon du rivage, passe l’hiver enfoncé dans ce même limon, qui le préserve des eïfets funestes du froid le plus rigoureux, et, lorsqu'il est poursuivi, se cache avec précipitation sous cette même rive, qu'il n’abandonne, pour ainsi dire, jamais.

Le lépechin, des fleuves de Russie et de Sibérie dont le fond est pierreux, a la chair rougeâtre, ferme et agréable au goût; plusieurs dents fortes , aiguës et recourbées à la mâchoire supérieure; soixante dents semblables à la mâchoire d'en bas; la tête grande ; les yeux gros ; les joues argentées ; des taches noires et carrées sur la première nageoire du dos; les autres nageoires couleur de feu.

Le sil, des mers du Nord, présente une tête large et aplatie; deux mâchoires presque égales; un dos convexe ; un venire plat; une anale placée au dessous de la nageoire adipeuse ; une longueur de deux pieds et demi.

Le lodde habite les mers de Norwége, d'Islande, de Groenland et de Terre-Neuve. Les individus de cette espèce sont si multipliés en Islande, qu’on en

sèche une très grande quantité pour nourrir les bes-

tiaux pendant l'hiver; et il paroît que le voisinage de cette île leur convient depuis bien des siècles, puisqu'on y trouve dans des couches de glaise des squelettes de ces poissons.

Le lodde n’a ordinairement que six ou sept pouces de iongueur. On le pèche pendant tout l'été près des rivages du Groenland. Les femelles arrivent vers la fin du printemps, viennent par milliers dans les baies, y déposent leurs œufs sur les plantes marines, et en laissent tomber un si grand nombre, que l’eau de la mer, quoique assez profonde au dessus de ces plantes, paroît d’une couleur jaunâtre.

Lorsque les loddes accourent vers les bords de la mer pour y pondre ou pour y féconder les œufs, ils ne sont arrèlés ni par les vagues ni par les courants ;

ils franchissent avec audace les obstacles ; ils sautent par dessus les barrières. S'ils sont poursuivis par quelque ennemi, ils s'élancent sur la rive, ou sur des pièces de glace; et, s'ils sont blessés mortellement, ils tournoient à la surface de l'eau, périssent et tombent au fond.

Ils se nourrissent d'œufs de crabe, d'œufs de poisson, et quelquefois de plantes aquatiques. Leur chair est blanche, grasse , de bon goût. On les mange frais ou séchés ; et ils sont un des aliments les plus ordinaires des Groenlandois.

Leur tête est comprimée, et cependant un peu large; les mâchoires, dont l’inférieure excède la supérieure, sont hérissées de petites dents, ainsi que la langue et le palais. Il n’y a qu'un orifice à chaque narine. La ligne latérale est droite; l’anus très près de la caudale. De petites écailles revêtent les opercules; celles qui couvrent le corps et la queue sont aussi très peütes. Les nageoires présentent un bord bleuâtre.

Les mâles ont le dos plus large que les femelles : presque tous ont d’ailleurs, depuis la poitrine jusqu'aux ventrales, au moins pendant le temps du frai, plusieurs filaments déliés et très courts. Le péritoine des loddes est noir; la membrane de l'estomac très mince; la laite simple , ainsi que l'ovaire; l’épine dorsale composée de soixante-cinq vertèbres; chaque côté de cette épine fortifié par quarante-quatre côtes, et les os, auxquels sont attachés les rayons de la nageoire de l'anus, sont très longs; ce qui donne à la portion antérieure de la queue la hauteur indiquée dans le tableau générique.

Le blanc, qui, pendant l'été, remonte de la mer

DES POISSONS. 289 dans les rivières de la Grande-Bretagne , a deux ranoées de dents à la mâchoire d’en haut, une seuie ransée à celle d’en bas;'six dents sur la langue; le dos varié de brun et de blanc; et la première dorsale

rougeâtre 4,

(dj

1. 18 rayons à chaque pectorale du salmone taimen. 10 rayons à la membrane branchiale du salmone nelma. 16 rayons à chaque pectorale du salmone lénok. 11 rayons à la membrane branchiale du salmone kundscha, 14 rayons à chaque pectorale.

9 rayons à la membrane branchiale du salmone arctique. 16 rayons à chaque pectorale.

12 rayons à la membrane des branchies du salmone reidur.

11 rayons à la membrane branchiale du salmone lépechiu. 14 rayons à chaque pectorale.

20 rayons à la nageoïire de la queue.

6 rayons à la membrane des branchies du salmone sil. 17 rayons à chaque pectorale.

4o rayons à la caudale.

6 rayons à la membrane branchiale du salmone lodde 19 rayons à chaque pectorale.

28 rayons à la nageoire de la queue.

13 rayons à chaque pectorale du salmone blanc.

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LE SALMONE VARIE’.

Salme varius, LAcer.

Le Sazmong RENÉ , Salmo renatus , Lacep.— Ex S. Rice , Salmo Rillus, Lacep.—Ls S. canoïve , Salmo gadoides , Lacep.

LEs quatre salmones dont nous parlons dans cet article sont encore inconnus des naturalistes.

Le varié a été chservé, par Commerson , près des rivages de l’Île de France. On ne l’y trouve que très rarement. Sa longueur est de huit pouces ou environ.

Les couleurs de ce poisson sont très variées, et mariées avec élégance. Les nuances un peu brunes du dos sont relevées par des taches rouges, et s’accordent très bien avec le rouge, le jaune et le noir que deux raies longitudinales présentent symétriquement de chaque côté du salmone , ainsi qu'avec ie noir et le rouge dont les nageoires sont peintes. Le dessous de l’animal est bianchâtre 3 et les iris, couleur de feu, brillent comme des escarboucles au milieu des teintes sombres de la tête.

La forme générale de cette dernière partie lui donne beaucoup de ressemblance avec la tête d’un anguis.

1. « Salmo variegatus, corpore e tereti conico , tænia laterum lon- » gitudinali vicibus alternis rubris, nigris, » Commerson , manuscrits déjà cités.

DES POISSONS. | 207 L'ouverture de la bouche est très prolongée en arrière. Les dents de la mâchoire supérieure sont acérées , mais éloignées les unes des autres; celles de la mâchoire inférieure sont, au contraire, très serrées.

Au reste, cette dernière mâchoire est un peu plus avancée que la supérieure, qui n’est ni extensible ni rétractle.

Des dents semblables à des aiguillons recourbés hérissent la langue, qui d’ailleurs est très courte et très dure ; d’autres dents plus petites et moins nombreuses garnissent la surface du palais.

Le bord supérieur de l'orbite est très près du sommet de la tête. Deux lames composent chaque opercule. L’anus est très près de la caudale, et la ligne latérale presque droite.

On pêche dans la Moselle , et particulièrement vers les sources de cette rivière, une espèce de salmone à laquelle on a donné, dans la ci-devant Lorraine, le nom de René, et dont un individu m'a été envoyé, il y a plus de douze ans , par dom Fleurant, bénédictia de Flavigny, près de Nancy.

Ce poisson a deux rangées de dents sur la langue, et trois sur le palais ; le dessus de la tête et du corps, ainsi que les nageoires du des et de la queue, d’une couleur foncée ; le dessous du corps et les autres nageoires blanches ou blanchütres.

Le rille parvient rarement à une grandeur plus considérable que celle d’un hareng. Il habite dans plusieurs rivières, et particulièrement dans celle de la Rille, dont il porte le nom, et qui se jette dans la Seine auprès de l'embouchure de ce fleuve.

On l’a souvent confondu avec de jeunes saumons:

ce qui n’a pas peu contribué aux fausses idées répandues parmi quelques observateurs au sujet de sa conformation et de ses habitudes. Mais on est allé plus loin : on a prétendu que ce salmone rille ne montroit jamais ni œufs ni laite ; qu'il étoit infécond ; qu'il provenoit de la ponte des saumons, qui, ayant en même temps et des œufs et de la laite, réunissent les deux sexes ; et cette opinion a eu d'autant plus de partisans, qu’on aime à rapprocher les extrêmes, et qu'on a trouvé piquant de faire naître d’un saumon hermaphrodite un poisson entièrement privé de sexe. Îl ÿ a dans cette assertion une double erreur. Premièrement , il n’y a pas de poisson qui présente les deux sexes, Ou, Ce qui est la même chose, qui ait ensemble et une laite et des ovaires : nous avons déjà vu que des œufs très peu développés avoient été pris, par des observateurs peu éclairés ou peu attentifs, pour une laite placée à côté d’un véritable ovaire. Secondement, il est faux que le salmone dont nous traitons ne renferme ni œufs ni organe propre à leur fécondation : nous indiquerons, au contraire, dans cet article la nature de la laite de ce salmone de la Rille. Ce poisson constitue une espèce particulière, dont la description n’a pas encore été publiée. Nous allons le faire connoître d’après un dessin très exact, que M. Noël, de Rouen, nous a fait parvenir, et d’après une note très étendue que ce savant naturaliste a bien voulu y joindre.

Le salmone rille a la tête petite; l'œil assez gros; les deux mâchoires et la langue garnies de petites dents ; l’opercule composé de trois pièces ; le bord inférieur de la pièce supérieure un peu crénelé ; la ligne laté-

DES POISSONS. 289 rale droite ; les écailles ovales, très petites et serrées ; le dos d’un gris olivâtre ; les côtés blanchâtres et comme marbrés de gris ; le ventre très blanc; la première dorsale ornée de quelques points rougeûtres; la laite grande , double , ferme au toucher et très blanche ; la chair également très blanche , agréable au goût, et imbibée d’une huile ou plutôt d’une graisse douce et légère ; la colonne vertébrale composée de soixante vertèbres, ce qui sufliroit pour séparer cette espèce de celle du saumon.

Au reste, il aime les eaux froides, comme la truite, avec laquelle il a beaucoup de rapports.

On trouve dans l'étang de Trouville , auprès de Rouen, un autre salmone, dont M. Noël nous a communiqué une description, et à laquelle nous avons cru devoir conserver le nom spécifique de Gadoide, qu'il lui a donné.

Ce poisson parvient à la longueur d’un pied et demi ou environ. Sa tête ressemble beaucoup, par sa conformation , à celle des gades, et particulièrement à celle du gade merlan. L'ouverture de la bouche peut être très agrandie par l'extension des lèvres. On voit deux rangées de dents à la mâchoire d’en haut, une rangée à celle d'en bas, plusieurs autres dents sur la langue, qui est grosse et rougeâtre, et des dents très petites auprès du gosier À.

1. 12 rayons à la membrane branchiale d& salmone varié. 14 rayons à chaque pectorale.

19 rayons à la nagcoire de la qneue.

12 rayons à la membrane des branchies du silmone rené. 15 rayons à chaque pectorale.

25 rayons à la caudale.

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LE SALMONE CUMBERLAND.

Salmo Cumberland, Lacep.

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