‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 5)Chapitre 148 sur 177 · Bésola , dans plusieurs contrées de l’Europe · texte numérisé non relu

Bésola , dans plusieurs contrées de l’Europe

Heverling , pendant sa première année, en Allemagne.

Maydel, idem , ibid.

Stubel et steuber, pendant sa seconde année, ibid.

Gangfisch, pendant sa troisième année, ibid.

Rhenken , pendant sa quatrième année, ibid.

Haibfelch, pendant sa cinquième année, ibid.

Dreyer, pendant sa sixième année , ibid.

Blaufelchen, pendant sa septième année et les années suivantes, ibid.

Ombre-bleu, Bloch, pl. 105.

Salmone ombre bleu, Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

Albula parva , Gesner, Aquat., p. 54. Icon. anim., p. 540. Thierb., p. 188, b.

Atbula sœrulea, I. Thierb., p.187, b.

Albula parva , Aldrovand. Pise., p. 65a,

Id. Jonsion, pisc., p. 175.

Id. Willughby, Ichthyol., p. 384.

Id, Raï, pisc., p. 61. n: 4.

La marène a la ligne latérale un peu courbée, les yeux gros, et les écailles grandes, minces et brillantes. Le nez, le front et le dos sont noirs ou bleuitres; le menton et le ventre blancs; les côtés argentins ; les joues jaunes ; les opercules bleuâtres et bordés de blanc; les nageoires, excepté l’adipeuse qui est noirâtre, bleues, bordées de noir, et violettes à la base ; les nuances de la ligne latérale relevées par une série de plus de quarante points blanchâtres.

On trouve ce corégone dans le lac Maduit, et dans quelques autres grands lacs de la Poméranie ou de ia nouvelle Marche de Brandebourg. Il est quelquefois long de plus de trois pieds. Sa chair grasse, blanche et tendre, aun très bon goût. Son canal intestinal est très court ; mais on compte près de cent cinquante appendices auprès du pylore.

Blafelchen, Wartmann , Besch. Berl. uaturf. fr. 5, p. 184.

Bézole, Rondelet, seconde partie, chap. 16.

6. Salmone oxyrhinque , Daubenton et Haüy, Encyclopédie méthodique.

Id. Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

« Coregonus maxilla superiore longiore conica. » Artedi, gen. 10, syu. 21.

Gronov. mus.. 1, p. 48.

7. Salmone leucichthe, Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

Güldenst. Nov. Comm. Petropol. 16, p. 551. |

8. Salmone ombre (salmo thymus), Bonvaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique.

Ombre de rivière, Rondelet, seconde partie, poissons de rivière, chap. 3.

« Coregonus maxilla superiore longiore, etc. » Var. B. Artedi, sYn., p- au

9. « Trutta marina, rietu acuto. » Plumier, peintures sur vélin déià

cilces.

Les marènes se plaisent dans les eaux profondes, dont le fond est de sable ou de glaise. Elles y vivent en troupes nombreuses; elles ne quittent leur retraite que vers la fin de l’automne, pour frayer sur les endroits remplis de mousse ou d’autres herbes, et dans le printemps, pour chercher de petits animaux à coquille, dont elles aiment beaucoup à se nourrir ; et s’il survient une tempête, elles disparoissent subitement. Elles ne commencent à se reproduire qu’à l’âge de cinq ou six ans, et lorsqu'elles ont déjà un pied ou plus de longueur. Pendant l'hiver, on les pèche sous la glace avec de grands filets dont les mailles sont assez larges pour laisser échapper les individus trop peüts. Elles meurent dès qu'elles sortent de Feau. Cependant Bloch nous apprend que M. de Marwitz de Zernickow est parvenu, en employant des vaisseaux larges, profonds, dont le fond étoit garni de glaise ou de sable, et dans l’intérieur desquels la chaleur ne peuvoit pas pénétrer, à transporter un très grand nombre de ces corégones dans ses terres, éloignées de huit lieues du lac de Vaduit, et à les acclimater dans ses étangs.

Bioch a le premier décrit la grande marène. La marénule , ou petite marène, est connue depuis longtemps. Schwenckfeld et Schoneveld en ont parlé dès le commencement du dix-septième siècle. Sa tête est demi-transparente; sa langue cartilagineuse et courte; sa longueur de huit à douze pouces; sa surface revètue d’écailles minces, brillantes et foiblement attachées; son épine dorsale composée de cinquante-huit vertèbres; le nombre total de ses côtes, de trentedeux; sa ligne latérale ornée de plus de cinquante

points noirs; la couleur de ses nageoires, d’un gris blanc ; sa caudale bordée de bleu ; sa chair blanche, tendre et de très bon goût.

Ses habitudes ressemblent beaucoup à celles de la marène. On la pèche dans les lacs à fond de sable ou de glaise, du Danemarck, de la Suède et de l’Allemagne septentrionale. Il est des endroits où on la fume après l'avoir arrosée de bière. Ses œufs sont plus petits que ceux de presque tous les autres corégones.

Le wartmann a les écailles grandes ; un appendiee assez long auprès de chaque ventrale; l’estomac dur et étroit ; plusieurs cœcums; le foie gros ; le fiel vert; la vessie natatoire simple et située le long du dos; la tête petite et argentine comme Île ventre ; les nageoires jaunâtres ou blanchâtres, et bordées de bleu ; une série de points noirs le long de la ligne latérale.

Il porte le non d’un savant médecin de Saint-Gall, qui l’a décrit avec beaucoup d’exactitude. Il se trouve dans plusieurs lacs de la Suisse, et surtout dans celui de Constance, où, depuis le printemps jusqu’en automne, on prend plusieurs millions d'individus de cette espèce.

On le marine; on l'envoie au loin; et lorsqu'il est frais, il est regardé comme le meilleur poisson du lac. 11 n’est donc pas surprenant qu'il ait été observé avec beaucoup de soin, et qu'on sache que c’est vers sa septième année qu'il a près de deux pieds de longueur.

Il fraie vers le commencement de l'hiver. On le recherche à cette époque, mais alors sa chairest moins tendre que pendant l'été. Voilà pourquoi c’est particulièrement dans cette dernière saison qu'un grand

nombre de bateaux partent chaque soir pour aller le pêcher. Les filets ont soixante ou soixante-dix brasses de hauteur, parce que le corégone wartmann se tient souvent à une profondeur de cinquante brasses. Il s'approche cependant à vingt, et même à dix brasses de la surface de l’eau, lorsqu'il tombé une grosse pluie, ou qu'un orage règne dans l'atmosphère : aussi la pêche de ce poisson est-elle beaucoup plus abondante dans ces moments d’agitation. Mais lorsque le froid. commence à régner, le wartmann se retire à une si grande distance de la surface du lac, que les filets ne peuvent pas y atteindre. Ce corégone se nourrit d’insectes, de vers, de plantes aquatiques. Vers l’âge de trois ans, il a quelquefois une maladie qui lui donne une couleur rougeâtre , et qui empêche qu'on ne veuille en manger.

L'oxyrhinque est un des habitants de l'Océan atlantique septentrional.

Le leucichthe a été vu dans la mer Caspienne. $a longueur est de plus de trois pieds. Ses écailles sont unies et presque arrondies ; le sommet de la tête est convexe, 1isse, dénué de petites écailles; les yeux sont gros, et peu rapprochés l’un de l’autre; la langue est triangulaire et un peu rude; les dents, que l’on distingue au tact plutôt qu'à l'œil , hérissent le devant du palais; chaque opercule est composé de quatre lames. Les pectorales sont blanches; la nageoire adipeuse est transparente et pointillée de noir ; les ventrales sont blanches, avec des points brunâtres et des appendices triangulaires ; anale est rougeâtre et tachée

de brun; le dos présente des nuances blanchâtres mèiées de noir.

LACÉPEDE. XI.

Pi

C’est dans plusieurs rivières d'Allemagne et d’Angleterre, ainsi que d’autres contrées européennes, que se plaît le corégone ombre. Ïl a la langue lisse ; deux tubercules garnis de petites dents, et placés auprès du gosier; les nageoires tachetées de noir, et peintes d’un rouge noirâtre 1.

Le corégone rouge est très allongé. Ses ventrales sont presque aussi grandes que la première dorsale, ou que celle de l'anus; elles sont aussi plus près de la tête que cette première nageoire du dos, et moins éloignées du bout du museau que de l’anale. La nageoire adipeuse est recourbée et en forme de massue ; les pectorales ont un peu la figure d’une faux. Ce corégone apppartient à la mer qui baigne les rivages amé-

1. 16 rayons à chaque pectorale du corégone able. 35 rayons à la nageoire de la queue.

16 rayons à chaque pectorale da corégone peled. 22 rayons à la caudale.

14 rayons à chaque pectorale du corégone marène.

20 rayons à Ja nagcoiïre de la queue

15 rayons à chaque pectoralc du corégone marénule. 20 rayons à la caudale.

9 rayons à la membrane branchiale du corégonc wartmann.

17 rayons à Chaque pectorale.

25 rayons à la nageoire de la queue.

17 rayons à chaque pectorale du corégone oxyrhinque.

10 rayons à la membrane branchiale du corégone leucichthe. 14 rayons à chaque pectorale.

27 rayons à la caudale.

16 rayons à chiaque peclorale du corégone ombre.

19 rayons à la nagevire de la queue.

10 ou 11 rayons à chaque pectorale du corégone rouge. 8 rayons à chaque ventrale.

DES POISSONS. 327 ricains et voisins des tropiques. Si, contre mon attente, on ne trouvoit pas plus de quatre rayons à la membrane branchiale de cet osseux , il faudroit l’inscrire parmi les characins.

LE CORÉGONE CLUPÉOÏDE".

Coregonus clupeoides. — Lacer.

Les naturalistes ignorent encore l’existence de ce corégone, au sujet duquel M. Noël vient de m'adresser une note manuscrite très détaillée.

Ce savant m'apprend que l’on désigne, en Écosse, par la dénomination de Hareng d’eau douce, un poisson du Lochlomond, le plus beau lac des montagnes de l'Écosse occidentale. On avoit écrit à M. Noël que ce même poisson étoit un hareng de mer, acelimaté dans l’eau douce, et que cet osseux avoit pu remonter dans le Lochlomond par le Clyde et la petite rivière de Leven. M. Noël, empressé de vérifier ce fait, aila visiter le Lochlomond en août 1802, se procura piusieurs clupéoides à Inchtonachon, une des îles de ce lac, les examina avec beaucoup de soin, et a eu la bonté de me faire parvenir le résultat de son observation.

J'ai dû placer, parmi les corégones, ce clupéoïde, qui a beaucoup de rapports, en ellet, avec les Clupées. et particulièrement avec le hareng, mais qui, d’après M. Noël, n’a pas les caractères des clupées, et présente

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