NOMENCLATURE
Des Silures, des Macroptéronotes , des Malaptérures , des Pimélodes, des Doras, des Pogonathes, des Gataphractes, des Plotoses, des Agénéioses, des Macroramphoses et des Gentranodons.
Ox a décrit jusqu’à présent, sous le nom de Silures, un très grand nombre de poissons de l’ancien ou du nouveau continent, très propres à exciter la curiosité des physiciens par leurs formes et par leurs habitudes : mais plusieurs de ces animaux diffèrent trop de ceux avec lesquels on les a réunis, pour que nous ayons dû laisser subsister une association qui auroit jeté de l'obscurité dans la partie de l’histoire naturelle dont nous nous occupons, et donné des idées fausses sur les rapports qui lient les objets de notre étude. Bloch avoit déjà senti qu'il falloit diviser le genre silures établi par les naturalistes qui l’avoient précédé, et il avoit séparé des vrais silures les abdominaux qu'il a nommés Platystes, et ceux qu'il a appelés Cataphractes. Cependant, pour peu qu’on lise avec attention l'ouvrage de Bloch, et qu’on réfléchisse aux principes qui nous ont dirigés dans nos distributions méthodiques, on verra aisément que nous n’avons pu nous contenter de ces deux sections formées par Bloch, ni même les adopter sans quelques modifications. D'un autre côté, rous avions à classer des
DES POISSONS. | 129 espèces que l’on n’avoit pas encore décrites, et qui sont plus ou moins voisines des véritables silures. D’après ces considérations , nous avons cru devoir distribuer ces différents animaux dans onze genres différents. Tous ces poissons ont la tête couverte de lames grandes et dures, ou revêtue d'une peau visqueuse. Leur bouche est située à l’extrémité de leur museau. Des barbillons garnissent leurs mâchoires, ou le premier rayon de leurs pectorales et celui de la nageoire de leur dos sont durs, forts, et souvent dentelés, ou du moins le premier rayon de l’une de ces nageoires présente cette dureté, cette force, et quelquefois une dentelure. Leur corps est gros; une mucosité abondante enduit et pénètre presque tous leurs téguments. Mais nous ne regardons comme de véritables silures que ceux dont la dorsale est très courte et unique, et qui par ce trait de conformation, ainsi que par plusieurs autres caractères, ont de très grands rapports avec le Glanis, que tant d'auteurs n’ont désigné pendant long-temps que par le nom de Silure. Nous placons dans un second genre ceux qui, de même que la Charmuth du Nil, ont une dorsale unique , mais très longue. Nous réservons pour un troisième , l'espèce que les naturalistes appellent encore Silure électrique, qui ne montre qu’une nageoire du dos , mais sur laquelle cette dorsale n’est qu’une sorte d’excroissance adipeuse , et s'élève très près de la caudale. Un quatrième genre renfermera le Bagre et les autres espèces voisines de ce dernier, qui ont, comme ce poisson, une nageoire du dos soutenue par des rayons, et une seconde dorsale uniquement adipeuse. Nous formons le cinquième de ceux qui, indépen-
damment d’une dorsale rayonnée et d’une seconde dorsale simplement adipeuse, ont une portion plus ou moins considérable de leurs côtés garnie d’une sorte de cuirasse que forment des lames larges, dures et souvent hérissées de petits dards. Nous avons inscrit dans le sixième genre les espèces dont on devra la connoissance à Commerson, et qui, présentant deux nageoires dorsales soutenues par des rayons, ont de plus leurs côtés relevés longitudinalement par des lames ou des écailles particulières. On verra, dans le septième, le callichte et tous ceux des poissons dont nous nous occupons, qui ont de grandes lames sur leurs côtés, deux nageoires sur le dos, des rayons à chacune de ces nageoires, et qui n’offrent qu’un seul rayon dans leur seconde dorsale. Le huitième renfermera ceux dont la queue très longue est bordée d’une seconde dorsale et d’une anale confondues l’une et l’autre avec la caudale. Ils ont un instrument de natation d’une grande énergie, et une rame puissante leur imprime des mouvements plus rapides que ceux de leurs analogues qui ont reçu la même force et le même volume. Dans le neuvième seront rangés ceux qui ont deux nageoires dorsales dont la seconde est adipeuse, et qui sont dénuées de barbillons. Au dixième appartiendront les espèces qui ont deux nageoires dorsales fortifiées l’une et l’autre par des rayons, le premier rayon de la première de ces dorsales, très long , très fort et dentelé, le museau très allongé relativement à leurs dimensions générales, et les mâchoires sans barbillons. On trouvera enfin, dans le onzième , les espèces qui, n'ayant pas recu de barbillons, élèvent sur leur dos deux nageoires maintenues par des
rayons plus ou moins nombreux , n’ont pas de dents à leurs mâchoires, et closent les cavités de leurs branchies avec des opercules armés d’un ou de plusieurs piquants.
Nous conservons ou nous donnons à ces genres les noms suivants.
Nous nommons le premier, Silure ; le second, Macroptéronote ? ; le troisième, Malaptérure 5; le quatrième, Pimélode #; le cinquième, Doras 5; le sixième Pogonathe 5; le septième, Cataphracte; le huitième, Plotose 7 ; le neuvième, ÆAgenéiose $; le dixième, Macroramphose ?, et le onzième, Centranodon 1.
Voyons de près ces onze groupes. En suivant les limites que nous venons de tracer autour d'eux, nous recevrons et nous conserverons sans peine des idées distinctes de leurs attributs; et nous reconnoîtrons clairement, dans les différentes espèces de ces genres, les formes, les organes, les dimensions, les facultés, les habitudes, qui leur ont été départis par la nature.
5. Le mot grec siluuros indique la rapidité avec laquelle les silures peuvent agiter leur queue.
2. Le mot macroptéronote exprime la longueur de la nagcoïfe da dos.
5. Nous avons tiré le nom de mataptérure de malacas , mou , pterun, nageoire, el ura , queue,