‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 5)Chapitre 67 sur 177 · EME · texte numérisé non relu

EME

présente, dans sa partie supérieure , une cavité longitudinale et triangulaire, qui se termine par une sorte de tube solide, prolongé jusqu’à la dorsale. On aperçcoit quelques verrues ou petits tubercules sur la tête et sur la poitrine. La mâchoire supérieure est plus avancée que celle de dessous ; la langue et le palais sont lisses; chaque narine a deux orifices ; l’ouverture branchiale est courte et étroite. Les branchies sont petites ; elles sont d’ailleurs garnies de filaments très peu allongés et distribués par toufles très séparées les unes des autres. Une dentelure hérisse chacun des côtés du premier rayon de chaque pectorale, qui, de plus, réunit beaucoup de force à une grosseur considérable. Le corps proprement dit étant court et l’anale très longue, l’anus est beaucoup plus près de la tête que de la caudale. Au delà de cet orifice, on voit une ouverture placée à l'extrémité d’une sorte de peüt cylindre. La queue, très allongée et très mobile, est comprimée par les côtés, de manière à présenter une sorte de tranchant ou de carène longitudinale dans sa partie supérieure. La couleur générale est d’un brun mêlé de violet.

Le cotyléphore diffère de l’asprède par les traits suivants, dont le dernier est très remarquable , et consiste dans une conformation que l’on n’a encore observée sur aucune autre espèce.

Premièrement, il n’a que six barbillons, au lieu de huit.

Deuxièmement, ses dents sont moins fortes que celles de l’asprède.

Troisièmement , toute sa partie supérieure est gar-

nie de petits tubercules qui forment sur la queue huit rangées longitudinales.

Quatrièmement, l'os qui de chaque côté représente une clavicule est divisé en deux par un intervalle que des muscles remplissent.

Cinquièmement, le dessous de la gorge, du ventre et d’une portion des nageoires ventrales est garni de petits corps d’un diamètre à peu près égal à celui des tubercules du dos, arrondis dans leur contour, convexes du côté par lequel ils tiennent au poisson, concaves de l’autre , et assez semblables à une sorte d’entonnoir ou de petite coupe. Presque tous ces petits corps sont suspendus à une tige déliée, flexible, et d’autant plus courte que l’entonnoir est moins développé : les autres sont attachés, sans aucun pédoncule , au ventre, ou à la gorge, ou aux ventrales de l'animal !. Il est bon d'observer que ces appendices ne sont ainsi conformés que dans les cotyléphores adultes ou presque adultes : dans des individus moins âgés , ils sont appliqués immédiatement à la peau, de manière à ressembler à des taches, ou tout au plus à de légères élévations; et dans des silures de la même espèce plus jeunes encore, on n’en aperçoit aucun rudiment. On pourroit croire ces entonnoirs suscep-

1. 4 rayons à la membrane brancüiale du silure asprède. 8 rayous à chaque peclorale.

6 rayons à chaque ventrale.

11 rayons à la nageoire de la queue.

8 rayons à chaque pectorale du silure cotyléphore. 6 rayons à chaque vevtrale.

9 rayons à la caudale,

DES POISSONS. 153 übles de se coller, pour ainsi dire, contre différentes substances, et propres, par conséquent, à donner à l'animal un moyen de s'attacher au fond des fleuves, ou dans diverses positions nécessaires à ses besoins.

Le silure cotyléphore habite dans les eaux des Indes orientales.

PRE RÉR-E DEEE D SD EBISDI M DPF MÉTIER DOM BSD DEN SPA PAR EE RM EN AIT OR EDEN ÉLer MIE SES ESS

LE SILURE CHINOIS,

Silurus sinensis, Lacer., Cuv.

LE SILURE HEXADACTYLE.

Aspredo hexadactylus, Cuv. — Silurus hexadactytus , Lacer.

Les naturalistes n’ont pas encore publié de description de ces deux silures.

Nous avons vu une peinture très fidèle et très bien faite du premier, dans la collection de peintures chinoises que nous avons souvent citée dans cet ouvrage.

La couleur de sa partie supérieure est d’un verdâtre marbré de vert ; les côtés et la partie inférieure sont d’un argenté mêlé de nuances vertes. Chaque opercule est composé de deux ou trois pièces presque ovales. Les deux barbillons ont une longueur à peu près égale à celle de la tête. La mâchoire inférieure est plus avancée que la supérieure. Aucune nageoire ne présente de rayon fort et dentelé.

La collection hollandoise déposée dans le Muséum d'histoire naturelle renferme un individu très bien conservé de l'espèce du silure hexadactyle. Nous avons tiré le nom spécifique de ce poisson du nombre de

DES POISSONS. 199 rayons ou doigls de ses mains, Où nageoires pectorales , lesquels sont au nombre de six, ainsi que ceux de ses nageoires ventrales , ou de ses pieds.

Les quatre barbillons de la mâchoire d'en bas sont plus courts que les deux de la mâchoire d'en haut. L'ouverture de chaque narine est double. Les yeux sont petits et rapprochés l’un de l’autre. Indépendamment de plusieurs arêtes ou saillies tuberculées que l'on voit sur la tête et sur le corps, une saillie semblable part de chaque œil ; et ces deux arêtes se réunissent au dessus de la partie supérieure du dos. La tête et le corps sont très aplatis ; la longueur de ces deux parties n’est que le tiers, ou environ, de celle de la queue, qui réunit à cette dimension une conformation analogue à celle d’une pyramide à dix faces. Le premier rayon de chaque pectorale est large, aplati et dentelé sur ses deux bords, de telle sorte que les pointes du bord externe sont tournées vers la queue, et celles du bord intérieur dirigées vers la tête.

Le dessus de la tête et du corps est blanc avec des taches noires ; presque tout le reste de la surface de l'animal est noir avec des taches blanches, excepté la partie inférieure de la tête, de la queue et du corps, qui est blanchâtre.

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