‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 5)Chapitre 78 sur 177 · Barbue , par les matelots françois · texte numérisé non relu

Barbue , par les matelots françois

« Silurus pinna dorsi prima ossiculorum octo, cirris labialibus sex, » caudæ lobo superiori elongato, etc. » Commersou, manuscrits déjà cités.

6. « Silurus corpore maculoso, cirris quatuor in mandibula infe- » riore ; duobus in superiore , ultra pinnam dorsi secundam produc- » tis» Commerson , manuscrits déjà cités.

les squales, les blennies, etc., étoient ovovivipares, c’est-à-dire provenoient d’un œuf éclos dans le ventre de la mère. Nous avons remarqué aussi que les synonathes se développoient d’une manière intermédiaire entre celle des ovovivipures et celle des ovipares. Leurs œufs, en effet, n’éclosent pas dans le ventre de la femelle; mais, lorsque les petits syngnathes en sortent, ces œufs sont encore dans une sorte de rainure longitudinale qui se forme au dessous de la queue de la mère, et où ils sont retenus par une membrane que les fœtus déchirent pour venir à la lumière. Une génération différente , à plusieurs égards, de celle des syngnathes, mais qui s’en rapproche néanmoins, et qui tient également le milieu entre celle des ovovivipares et celle des ovipares, a été observée dans les ascites. Leurs œufs n’éclosent, pour ainsi dire, ni tout-à-fait dans le corps ni tout-à-fait hors du corps de la femelle ; et nous allons voir comment se passe ce phénomène remarquable qui confirme plusieurs des idées exposées dans nos différents Discours sur les poissons.

Les œufs de l’ascite deviennent très gros à proportion de la grandeur de l’animal adulte. À mesure qu'ils se développent, le ventre se gonfle ; la peau qui recouvre cet organe s'étend, s’amincit, et enfin se déchire longitudinalement. Les œufs détachés de l'ovaire parviennent jusqu'à l'ouverture du ventre; le plus avancé de ces œufs se fend à l'endroit qui répond à la tête de l’embryon; la membrane qui en forme l'enveloppe se retire ; et l’on aperçoit le jeune animal recourbé et attaché sur le jaune par une sorte de cordon ombilical, composé de plusieurs vaisseaux. Dans

DES POISSONS. 179 cette position, l'embryon peut mouvoir quelques unes de ses parties : mais il ne peut se séparer du corps de la mère que lorsque le jaune, dont il tire sa nourriture , est assez diminué pour passer au travers de la déchirure longitudinale du ventre ; le jeune poisson s'éloigne alors, entraînant avec lui ce qui reste de jaune, et s’en nourrissant encore pendant un temps plus ou moins long. Un nouvel œuf prend la place de celui qui vient de sortir; et lorsque tous les œufs se sont ainsi succédé, et que tous les petits sont éclos, le ventre se referme, les deux côtés de la fente se réunissent, et cette sorte de blessure disparoit jusqu à la ponte suivante.

Des six barbillons que présente l’ascite, deux sont placés à la mâchoire supérieure , et quatre à l’inferieure. Le premier rayon de la première nageoire du dos et celui de chaque pectoraie sont durs et pointus.

Il paroît que l’ascite a été pêché dans les deux Indes.

A l’égard de l’Argenté, on l’a reçu de Surinam. Ce pimélode a l'ouverture de la bouche petite ; les màchoires aussi longues l’une que l’autre, et hérissées de très petites dents, comme le palais ; la langue lisse el courte; un seul orifice à chaque narine; quatre barbillons à l'extrémité de la mâchoire inférieure ; un barbillon à chaque coin de la gueule ; la ligne latérale presque droite, et garnie, sur chacun de ses côtés , de plusieurs petites lignes tortueuses ; le premier rayon de la première dorsale dentelé à son bord extérieur : le premier rayon de chaque pectorale dentelé sur ses deux bords ; le dos brunâtre, et les nageoires variées de jaune.

176 WISTOIRE NATURELLE

Les eaux de Tranquebar nourrissent le pimélode Nœud. Nous devons indiquer les petits sillons qui divisent en lames la couverture osseuse de sa tête, le double orifice de chacune de ses narines , l’appendice triangulaire qui termine chaque clavicule, la dentelure que montre le bord intérieur du premier rayon de chaque pectorale et de la première nageoire du dos, la direction de la ligne latérale qui est ondée, le bleu du dos et de la nageoire de l’anus, la couleur brune des autres nageoires, l’argenté des côtés et du ventre.

Que l’on remarque dans le pimélode Quatre-Taches, qui vit en Amérique, l’égal avancement des deux mächoires ; le nombre et la petitesse des dents qui les hérissent et qui garnissent le palais ; la langue lisse ; l'orifice unique de chaque narine ; la longueur des barbillons placés au coin de la bouche ; la dentelure du premier rayon de chaque pectorale ; le brun nuancé de violet qui règne sur le dos; le gris du ventre; le jaunâtre des nageoires; les taches de la première dorsale, dont la base est jaune , et l'extrémité bleuâtre.

Les cinq pimélodes dont nous allons parler dans cet article n’ont encore été décrits dans aucun ouvrage d'histoire naturelle, Nous avons trouvé dans les manuscrits de Commerson une notice très étendue sur les deux premiers de ces quatre poissons, et un dessin du cinquième.

La couleur générale du Barbu est d’un bleu plus ou moins foncé, ou plus ou moins semblable à la couleur du plomb; la partie inférieure de l'animal est d’un blanc argenté ; les côtés réfléchissent quelquefois l'éclat de l'or ; quelques nageoires présentent des teintes

DES POISSONS. hn7 d'incarnat. La couverture osseuse de la tête est comme ciselée, et relevée par des raies distribuées en rayons; la mâchoire supérieure dépasse et embrasse l’inférieure ; de petites dents hérissent l’une et l’autre, ainsi que deux croissants osseux situés dans la partie antérieure du palais, et deux tubercules placés auprès du vosier ; la langue est très large, unie, cartilagineuse , dure , et attachée dans tout son contour ; chaque narine a deux orifices, et l’orifice postérieur, qui est le plus grand, est fermé par une petite valvule que le barbu peut relever à volonté ; une carène osseuse et aiguë s'étend depuis l’occiput jusqu’à la première dorsale ; la ligne latérale est à peine visible ; le ventre est gros, et devient très gonflé et comme pendant lorsque l’animal a pris une quantité de nourriture un peu considérable. Le premier rayon de chaque pectorale et de la première nageoire du dos est dentelé de deux côtés, très fort, et assez piquant pour faire des blessures très douloureuses , graves et si profondes, qu'elles présentent des phénomènes semblables à ceux des plaies empoisonnées. La nageoire adipeuse est plus ferme que son nom ne l'indique, et sa nature est à demi cartilagineuse. On aperçoit au delà de l’ouverture de l’anus un second orifice destiné vraisemblablement à la sortie de la laite ou des œufs. Le foie est rougeâtre, très grand, et divisé en plusieurs lobes; l'estomac dénué de cœcums ou d’appendices; le canal intestinal replié plusieurs fois ; la vessie natatoire attachée au dessous du dos, entourée de graisse, et séparée en quatre loges.

Le goût de la chair du barbu est exquis ; on le prend a la ligne , ainsi qu'au filet. Lorsqu'on le tourmente

ou l’effraie, il fait entendre une sorte de murmure, ou plutôt de bruissement. Il habite dans les eaux de l'Amérique méridionale.

Le pimélode tacheté a été vu dans les mêmes contrées. Il vit particulièrement dans le grand fleuve de la Plata, et il a été observé à Buénos-Ayres, ainsi qu’à la Encénada. Le tégument osseux de sa tête est relevé par des points et des ciselures, montre un petit sillon entre les yeux, et s'étend par un appendice jusqu'à la première nageoire du dos. La mâchoire supérieure est plus longue que celle de dessous. Les deux barbillons attachés à cette même mâchoire d’en haut sont beaucoup plus longs que les autres. Derrière chacun des opercules , qui sont rayonnés , deux prolongations osseuses s'étendent vers la queue. Le premier rayon de chaque pectorale et de la première nageoire du dos, et la nageoire adipeuse, ressemblent beaucoup à ceux du barbu. La ligne latérale suit la courbure du dos.

Le bleuâtre, dont M. Leblond nous a envoyé un individu de Cayenne, a beaucoup de rapports avec le pimélode chat. De ses six barbillons , deux appartiennent à la mâchoire d’en haut, et deux à celle d’en bas. Le premier rayon de la première dorsale, et celui de chacune des pectorales, sont dentelés.

Le Doigt-de-nègre tire son nom de la couleur des rayons de ses pectorales et de ses ventrales, rayons que l’on a pu comparer à des doigts. Le premier rayon de chaque pectorale a ses deux dentelures dirigées en sens contraire l’une de l’autre. Plusieurs plaques osseuses garantissent le dessus de la tête. Celle qui couvre l’occiput est carénée , pointue par derrière, et se réu-

nit avec la pointe d’une autre plaque triangulaire, composée de plusieurs pièces, et dont la base embrasse l’aiguillon dentelé du dos. Il paroît que le Doigt-denègre parvient à une grandeur considérable. La collection du Muséum d'histoire naturelle en renferme un individu 1.

Le commersonnien a deux orifices à chaque narine, et les deux dorsales triangulaires. Le dessus de sa tête

1. 15 rayons à chaque pectorale du pimélode ascite. 6 rayons à chaque ventrale.

18 rayons à la nageoire de la queue.

6 rayons à la membrane branchiale du pimélode argenté. 10 rayons à chaque pectorale.

8 rayons à chaque ventrale.

16 rayons à la caudale.

5 rayons à la membrane des branchies du pimélode nœud. 7 rayons à chaque pectorale.

8 rayons à chaque ventrale.

20 rayons à la nageoire de la queue.

5 rayons à la membranedes branchies du pimélode quatre-taches, 7 rayons à chaque pectorale.

6 rayons à chaque ventrale.

19 rayons à la caudale.

5 rayons à la membrane branchiale du pimélode barbu. 12 rayons à chaque pectorale.

6 rayons à la membrane branchiale du pimélode tacheié. 9 rayons à chaque pectorale.

6 rayons à chaque ventrale.

16 rayons à la caudale.

7 rayons à chaque pectorale du pimélode bienâtre. 17 rayons à la nagcoire de la queue.

est dénué de grandes plaques osseuses. Il ne montre ni taches, ni bandes, ni raies.

10 rayons à chaque pectorale du pimélode doigt-de-nègre. 6 rayons à chaque ventrale.

20 rayons à la caudale.

LE PIMÉLODE THUNBERG".

Pimelodus Thunberg, Lacer.

LA mâchoire supérieure de ce pimélode est plus avancée que l’inférieure ; elle montre deux barbillons, et l'inférieure quatre : l’une et l’autre sont garnies de dents nombreuses, mais plus petites que celles qui hérissent le palais. Chaque opercule présente un aiguillon. Le premier rayon de la première dorsale , et celui de chaque pectorale, sont forts et dentelés.

Thunberg a vu ce pimélode dans les mers des Indes orientales ?.

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