‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 5)Chapitre 83 sur 177 · Urutu, au Brésil · texte numérisé non relu

Urutu, au Brésil

Geribde meirval, par les Hollandoïs de l'Amérique méridionale. Silure côte, Daubenton et Hauy, Encyclopédie méthodique.

Id. Bonnaterre, planches de l'Encyclopédie méthodique. Cataphractus costatus , Bloch, pl. 376.

Gronov. mus. 2, n. 277, tab, 5, fig. 1 et 0.

La tête de ce second doras est revêtue d’une enveloppe osseuse qui s'étend jusque vers le milieu de la première nageoire du dos, et sur laquelle on voit plusieurs petites éminences roudes et semblables à des perles. La mâchoire supérieure dépasse l’inférieure. Le palais est rude , et la langue lisse. Chaque narine n’a qu'un orifice. On voit au dessus de chaque pectorale un os long, étroit, pointu et perlé, que l’on a comparé à une omoplate. Les plaques à crochet, qui hérissent les côtés du corps et de la queue, sont ordinairement au nombre de trente-quatre. Le premier rayon de la première dorsale et celui des pectorales sont dentelés des deux côtés; mais dans la dorsale toutes les dentelures sont tournées vers la pointe du ravon , pendant que dans les pectorales celles d’un côté sont dirigées vers la pointe , et celles de l’autre vers la base du rayon auquel elles appartiennent. La partie supérieure de l'animal est d’un brun mèlé de violet.

Marcgrave dit que sa chair est de mauvais goût: aussi ce poisson est-il peu recherché. Le doras côte a «ailleurs des armes offensives et défensives à opposer à ses ennemis : presque toutes Îles parties de son corps sont cachées sous un casque ou sous une forte cuirasse ; un dard dentelé arme son dos et chacun de ses bras. Pison rapporte même que les pêcheurs de lAmérique méridionale le redoutoient d'autant plus, et cherchoient à en débarrasser leurs filets avec d'autant plus de soin, qu'ils étoient persuadés que les aiguillons dentelés de cet osseux renfermoient un venin qui donnoit la mort au bout de vingt-quatre heures, et dont ils ne pouvoient arrêter les effets funestes qu'en ver-

DES POISSONS. 101 sant sur la plaie une grande quantité de l’huile de son foie, qu'ils portoient toujours avec eux. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que cette erreur des pêcheurs brasiliens venoit des blessures dangereuses que peuvent produire, en effet, les dards de ce doras, non pas par les suites d’un poison qu'ils ne distillent pas, mais par celles des déchirures profondes que font souvent les dentelures de ces armes violemment agitées 1.

1. 8 rayons à chaque pectorale du doras caréné. 8 rayons à chaque ventrale.

24 rayons à la nageoiïre de la queue.

5 rayons à la membrane branchiale du doras côte. 9 rayons à chaque ventrale.

21 rayons à la caudale.

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