‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 183 sur 731 · ET LE GADE CIMBRE · texte numérisé non relu

ET LE GADE CIMBRE

L a mustelle a beaucoup de ressemblance avec la lote, par l’allongement de son corps, la petitesse de ses écailles, et l’humeur visqueuse dont elle est imprégnée ; mais elle n’habite pas, comme ce poisson, au milieu de l’eau douce ; elle vit dans l’Océan

I. G aléa J pesce moro , donzellina, sorge marina J su^ plusieurs côtes d’Italie ; gouderopsaro, sur plusieurs rivages de la Grèce ; whistle fish, en Angleterre; Itrullquappen j auprès de Hambourg, et dans quelques autres contrées septentrionales.

LE GADE MUSTELLE.

atlantique et dans la MéditeiTanée. Elle y parvient jusqu’à la longueur de six décimètres. Elle s’y nourrit de cancres et d’animaux à coquille ; et pendant qu’elle est jeune, petite et foible, elle devient souvent la proie de grands poissons, particulièrement de quelques gades et de plusieurs scombres. Le temps de la ponte et de la fécondation des œufs de cette espèce est quelquefois retardé jusque dans l’automne, ou se renouvelle dans cette saison. La mus> telle est blanche par-dessous, d’un brun jaunâtre par-dessus, avec des taches noires et d’un argenté violet sur la tête. Les nageoires pectorales et jugulaires sont rougeâtres ; les autres sont brunes avec des taches allongées, excepté la nageoire de la queue, dont les taches sont rondes. L’on trouve cependant plusieurs individus sur lesquels la nuance e t la figure de ces diverses taches est constamment différente, et même d’autres individus qui n’en présentent aucune. Il est aussi des mustelles qui ont quatre barbillons à la mâchoire supérieure, d’autres qui n’y en montrent que deux, d’autres encore qui n’y en ont aucun; et ces diversités dans la forme, plus ou moins transmissibles par la génération , ayant été comparées , par plusieurs naturalistes , avec les variétés de couleurs que l’on peut remarquer dans l’espèce que nous examinons, ils ont cru devoir diviser les mustelles en trois espèces : la première , distinguée par quatre barbillons placés à une distance plus ou moins petite des narines; la seconde, par deux barbillons situés à peu près de même ; et la troisième , par l’absence de tout barbillon à la mâchoire supérieure.

Mais après avoir cherché à peser les témoignages , et à comparer les raisons de cette multiplication d’espèces , nous avons préféré l’opinion du savant professeur Gmelin; et nous ne considérons l’absence ou le nombre des barbillons de la mâchoire d’en haut, ainsi que les dissemblances dans les teintes, que comme des signes de variétés plus ou moins permanentes dans l’espèce de la mustelle.

Au reste , ce gade a toujours un barbillon attaché vers l’extrémité de la mâchoire inférieure, soit que la mâchoire supérieure en soit dénuée, ou en montre deux , ou en présente quatre. De plus, la langue est étroite et assez libre dans ses mouvemens. La ligne latérale se courbe vers les nageoires pectorales , et s’étend ensuite directement jusqu’à le. queue. Mais ce qu’il ne faut pas passer sous silence , c’est que la

première nageoire dorsale est composée de rayons si petits et si courts, qu’il est très-difficile de les compter exactement, et qu’ils disparoissent presque en entier dans une sorte de sillon ou de [rainure longitudinale. Un seul de ces rayons, le premier ou le second, est trés-allongé , s’élève par conséquent beaucoup au-dessus des autres; et c’est cette longueur, ainsi que l’excessive brièveté des autres, qui ont fait dire à plusieurs naturalistes que la première dorsale de la mustelle ne comprenoit qu’un rayon*.

La première nageoire du dos est conformée de la même manière dans le gade cimbre qui ressemble beaucoup à la mustelle : néanmoins on trouve dans cette même partie un des caractères distinctifs de respèce / du cimbre. En effet, le rayon qui seul est trés-allongé , se termine dans ce gade par deux filamens placés l’un à droite et l’autre à gauche , et disposés horizontalement comme les branches de la lettre T 2.

De plus, on compte sur les mâchoires de la mustelle cinq , ou trois , ou un seul barbillon. Il y en a quatre sur celles du cimbre : deux de ces deruieis filamens partent des environs des narines ; le troisième pend de la lèvre supérieure, et le quatrième, de la lèvre inférieure.

Le cimbre habite dans l’Océan atlantique, et particuliérement dans une partie de la mer qui baigne les rivages de la Suède. Il a été découvert et très-bien décrit par M. de Strussenfeld.

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