TORS K
CARACTÈRES
f Le corps très-allongé ; les nageoires du dos , de la queue et de l’anus, distinctes l’une de l’autre; celle du dos très-longue et très-basse ; neuf ou dix taches rondes, placées chacune à demi sur la base de la nageoire dorsale, et à demi sur le dos du blennie,
(Les nageoires jugulaires presque aussi longues que les pectorales ; iMie ^ grande quantité de
j points autour des yeux,
f sur la nuque, et sur les
V opercules.
^ Quelques dents placées I vers le bout du museau,
I plus crochues et plus
longues que les autres,
{Des taches transversales ; trois rayons à chaque nageoire jugulaire,
^Un narbillon à la mâchoire inférieure : les nageoires jugulaires charnues et divisées chacune en iquatre 1<h bes.
LE BLENNIE LIÈVRE.
LE BLENNIE LIÈVRE •.
L’hoimIie d’état ne considérera pas avec autant d’intérêt les blennies que les gades ; il ne les verra pas aussi nombreux , aussi grands, aussi bons à manger, aussi salubres , aussi recherchés que ces derniers faire naître , comme ces mêmes gades, des. légions de pêcheurs, les attirer aux extrémités de l’Océan, les contraindre à braver les tempêtes , les glaces , les brumes, et les changer bientôt en navigateurs intrépides, en ouvriers industrieux, en marins habiles et expérimentés ; mais le physicien étudiera avec curiosité tous les détails des habitudes des blennies; il voudra les suivre dans les ditférens climats qu’ils habitent; il désirera de connoître toutes les manières dont ils viennent à la lumière, se développent, croissent, attaquent leur proie ou l’attendent en embuscade , se dérobent à leurs ennemis par la ruse , ou leur échappent par leur agilité. Nous ne décrirons cependant d’une manière étendue que les formes et les mœurs des espèces remarquables par ces mêmes mœurs ou par ces mêmes formes ; nous n’engagerons à jeter qu’un coup d’œil sur les autres. Où il n’y a que peu de différences à noter, et , ce qui est la même chose, peu de rapports à saisir, avec des objets déjà bien observés, il ne faut qu’un petit nombre de considérations pour parvenir à voir clairement le sujet de son examen.
Le blennie lièvre est une de ces espèces sur lesquelles nous appellerons pendant peu de temps l’attention des naturalistes. Il se trouve dans la Méditerranée ; sa longueur ordinaire est de deux décimètres.
Ses écailles sont très - petites , enduites d’une humeur visqueuse ; et c’est de cette liqueur gluante dont sa surface est arrosée que vient le nom de blennius en latin, et de blamie ou de blenne en français , qui lui a été donné ainsi qu’aux autres poissons de son genre tous plus ou moins imprégnés d’une substance oléagineuse, le mot en grec signifiant mucosité.
Sa couleur générale est verdâtre , avec des bandes transversales et irrégulières d’une nuance de vert plus voisine de celle de l’olive ; ce verdâtre est , sur plusieurs
I. Lebre de mare., dans p’usieurs clepartemens méridionau.v de France; ^ dans
quelques contre'es d’itajie; hutieijly Jîskj ea .Angleterre.
individus, remplacé par du bleu, particulièrement sur le dos. La première nageoire dorsale est ou bleue comme le dos, ou olivâtre avec de petites taches bleues et des points blancs ; et indépendamment de ces points et de ces petites gouttes bleues , elle est ornée d’une tache grande, ronde, noire, ou d’un bleu très-foncé, entourée d’un liséré blanc , imitant une prunelle entourée de son iris, représentant vaguement un œil ; et voilà pourquoi le blennie lièvre a été appelé œillet; et voilà pourquoi aussi il a été nommé poisson papillon ( butter fly fisli en anglais).
Sa tête est grosse; ses yeux sont saillans ; son iris brille de l’éclat de l’or. L’ouverture de sa bouche est grande ; ses mâchoires, toutes les deux également avancées , sont armées d’un seul rang de dents étroites et très-rapprochées. Un appendice s’élève au-dessus de chaque œil; la forme de ces appendices , qui ressemblent un peu à deux petites oreilles redressées, réunie avec la conformation générale du museau, ayant fait trouver par des marins peu difficiles plusieurs rapports entre la tête du lièvre et celle du blennie que nous décrivons, ils ont proclamé ce dernier lièvre marin , et d’habiles naturalistes ont cru ne devoir pas rejeter cette expression.
La langue est large et courte. Il n’y a qu’une pièce à chaque opercule branchial ; l’anus est plus prés de la tête que de la nageoire caudale, et la ligne latérale plus voisine du dos que du ventre *.
On compte sur ce blennie deux nageoires dorsales ; mais ordinairement elles sont Si rapprochées l’une de l’autre, que souvent on a cru n’en voir qu’une seule.
Pour ajouter au parallèle entre le poisson dont nous traitons et le vrai lièvre de nos champs, on a dit que sa chair étoit bonne à manger. Elles n’est pas, en elfet, désagréable au goût ; mais on y attache peu de prix. Au reste , c’est à cet animal qu’il faut appliquer ce que Pline rapporte de la vertu que l’on attribuoit de son temps aux cendres des blennies, pour la guérison ou le soulagement des maux causés par la présence d’un calcul dans la vessie.