LE GOBIE NOIR
LE GOBIE NOm,
Ce gobie, dont nous avons vu la descrip- ' lion dans les manuscrits de Gommerson , qùe BuiTon nous a remis il y a plus de douze ans , est à peu près de la taille d’un grand nombre de poissons de son genre. Sa longueur n’égale pas deux décimètres , et sa largeur est de trois ou quatre centimètres. Il présente sur toutes les parties de son corps une couleur noire, que quelques reflets bleuâtres ou verdâtres ne font paroître que plus foncée, et qui ne s’éclaircit un peu et ne tend vers une teinte blanchâtre, ou plutôt livide , que sur une portion do son ventre. Les écailles qui le revêtent sont très-petites, mais relevées par une arête longitudinale ; sa tête paroît comme gonflée des deux côtés. Sa mâchoire supérieure, susceptible de mouvemens d’extension et de contraction, dépasse et embrasse l’inférieure : on les croiroil toutes les deuxgarnies de petits grains plutôt que de véritables dents. La langue est courte , et attachée dans presque tout son contour. L’intervalle qui sépare les yeux l’un de l’autre est à peine égal au diamètre de l’un de ces organes. Cornmerson a remarqué avec attention deux tubercules placés à la base de la membrane branchiale , et qu’on ne pouvoit voir qu’en soulevant l’opercule. Il a vu aussi au-delà de l’ouverture de l’anus , laquelle esta une distance presque égale de la gorge et de la nageoire de la queue , un appendice semblable à celui que nous avons indiqué en décrivant plusieurs autres gobies, et qu’il a comparé à un barbillon ou petit filament L
Le gobie noir habite dans la portion du grand Océan nommée , par notre confrère Fleurieu, grand golfe des Indes^. Il s’y tient à l’embouchure des petites rivières qui se déchargent dans la mer : il préfère celles dont le fond est vaseux. Sa chair est d’une saveur très-agréable , et d’ailleurs