CINQUANTE-SEPTIÈME GENRE
LES GOBIOMOEES.
Les deux nugeoires thor mines non réunies l* une à Vautre ; deux nageoires dorsales ; la tête fetiie ; les yeux rapprochés ; les opercules attachés dans une grande partie de leur contour,
PREMIER SOÜS-GENRE,
Les nageoires pectorales attachées immédiatement au corps de VanimaL
ESPÈCE. CABACTÈBES.
(Onze l’ayons à îa seconde nageoire du dos; huit à chacune des pectorales, ainsi qu’à celle de l’anusi la nageoire de la queue, très-arrondie.
SECOND SOUS-GENRE
Chacune des nageoires pectorales attachée à une prolongation charnue.
de rapprocher davantage Tordre dans lequel nous présentons les poissons que nous avons examinés, de celui que la Nature leur a imposé.
Les gobiomores sont en effet séparés des gobies et des gobioïdes par la position de leurs nageoires inférieures ou tlior^cines, qui ne sont pas réunies, mais trèsdistinctes, et plus ou moins éloignées Fune de l’autre. Ils s’écartent d’ailleurs des gohioïdes par le nombre de leurs nageoires dorsales : ils en présentent deux ; et les gobioïdes n’en ont qu’une.
Ils sont cependant très -voisins des go*
ESPÈCE
caracïeres.
GOBIOMORE f à la seconde
KOELREUÏER,
nageoire du dos ; douze aux tlioracines.
LE
GOBIOMORE GRONOVIEN.
Les gobiomores ont été confondus jusqu’à présent avec les gobies , et par conséquent avec les gobioïdes : je les en ai séparés pour répandre plus de clarté dans la répartition des espèces thoracines , pour me conformer davantage aux véritables principes que l’on doit suivre dans toute distribution méthodique des animaux, et afin
ESPÈCES
CARACXEP.ES,
Le GOBIOMORE GUOnOVIEN.
2, Le GOBIOMORE TAIEOA,
f Treille rayons à la seconde nageoire du dos; dix aux thoracines; celle de la queue , fourchue.
■ Vingt- rayons à la seconde nageoire du dos; douze aux thoracines ; six à la première dorsale ; celle de la queue , arrondie.
224 ÎÆ GOBIOMORE GRONOVIEN.
bios , avec lesquels ils ont de grandes ressemblances; et c’est cette sorte d’affinité ou de parenté que j’ai désignée par le nom générique de gobiomore (voisin ou allié des gobies) que je leur ai donné.
J’ai cru devoir établir deux sous-genres rlans le genre des gobiomorcs, d’après les mêmes raisons et les mêmes caractères que dans le genre des gobies. J’ai placé dans le premier de ces deux sous-genres les gobiomores dont les nageoires pectorales tiennent immédiatement au corps proprement dit de l’animal, et j’ai inscrit dans le second ceux dont les nageoires pectorales sont attachées à des prolongations charnues.
Dans le premier sous -genre se présente d’abord le gobiomore gronovien.
Ce poisson , dont on doit la connoissance à Gronou . habite au milieu de la zone torride, dans les mei-s qui baignent le nouveau continent. Il a quelques rapports avec un scombre. Ses écailles sont très-petites ; mais, exçeptécellcsdu dos, qui sont noires, elles présentent une couleur d’argent assez éclatante. Des taches noires sont répandues sur les côtés de l’animal. La tête, au lieu d’être garnie d’écaillcs semblables à celles du dos, est recouverte de grandes lames écailleuses. Les yeux sont grands et moins rapprochés que sur la plupart des gobies ou des gobioïdes. L’ouverture de la bouche est petite. Des dents égales gro-nissent le palais et les deux mâchoires. La langue est lisse, menue cl arrondie. La ligne latérale suit la courbure du dos. L’anus est situé vers le milieu de la longueur totale du poisson. Les nageoires thoracines sont trèsgrandes, ctcelic de la queue est fourchueL
LE GOBIOMORE TAIBOA.
C’est auprès du rivage hospitalier de la plus célèbre des îles fortunées qui élèvent leurs collines ombragées et fertiles au milieu des flots agités de l’immense océan équatorial , c’est auprès des bords enchanteurs de la belle île d’Otahiti, que l’on a lécouvert le taif3oa, l’un des poissons les Jus sveltes dans leurs proportions, les plus
agiles dans leurs miouvemens , les pîué I agréables par la douceur de leurs teintes , les plus richement parés par la variété de îeum nuances , parmi tous ceux qui composent la famille des gobiomores , et les genres qui l’avoisinent.
Nous en devons la première description àM. Broussonnet, qui en a vu des individus dans la collection du célèbre président de la société de Londres.
Le corps du taiboa est comprimé et trésalîongé ; les écailles qui le recouvrent sont presque carrées et un peu crénelées. La tête est comprimée , et cependant plus large que le corps. La mâchoire inférieure n’est pas tout-à-fait aussi avancée que la supérieure; les dents qui garnissent l’une et l’autre sont inégales. La langue est lisse , ainsi que Je palais ; le gosier hérissé de dents aiguës , menues et recourbées en arriére; la première nageoire du dos, composée de rayons très-longs , ainsi que trèsélevés ; et la nageoire de la queue , large et arrondie L
Jetons les yeux maintenant sur les couleurs vives ou gracieuses que présente le taiboa. i
Son dos est d’un vert tirant sur le bleu , et sa partie inférieure blanchâtre ; sa tête montre une belle couleur jaune plus ou : moins mêlée de vert ; et ces nuances sont relevées pai' des raies et des points que l’on i voit sur la tête, par d’autres raies d’un brun ' plus ou moins foncé qui régnent auprès des ! nageoires pectorales, et par des taches rougeâtres situées de chaque côté du corps ou i de la queue.
De plus, les nageoires du dos, de l’anus ' et de la queue, offrent un vert mêlé de quelques teintes de rouge ou de jaune , et i qui fait très-bien ressortir des raies rouges droites ou courbées qui les parcourent , ainsi que plusieurs rayons qui les soutiennent, et dont la couleur est également d’un rouge vif et agréable.
LE GOBIOMORE DORMEUR.
Les naturalistes n’ont encore publié au- : cune description de ce gobiomore , qui vit
I. Ala membrane des branchies. 5 rayons. Il la première nageoire du dos. f Ü à la seconde. ...... 30
à chacune des nageoires pectorales. ....... 24
thoracines, ..... 10
ï . A la membrane des branchies, à la première nageoire dorsale, à la seconde nageoire du dos .
à chacune des pectorales. , .
aux thoracines.
à celle de Fanus . . . « .
Il celle de la queue. . * . ,
6 rayons. ■
LE GÔBIOMOEE DORMEUR. 22^
dans les eaux douces, et particulièrement dans les marais de T Amérique méridionale: nous en devons la connoissance à Plumier; et nous en avons trouvé une figure dans les dessins de ce savant voyageur. La mâchoire inférieure de ce poisson est plus avancée que la supérieure ; la nageoire de la queue est trés-arroiidie ; le nombre des rayons de ses nageoires empêche d’ailleurs de le confondre avec les autres gobiomores. On l’a nommé le dormeur, sans doute à cause du peu de vivacité ou du peu de fréquence de ses mouvemens.
GOBIOMCRE KOELREÜTER.
Le nom de cette espèce est un témoignage de gratitude envers un savant trèsdistingué , le naturaliste Koelreuter , qui vit maintenant dans ce pays de Bade , auquel les vertus touchantes de ceux qui le gouvernent , et leur zèle très éclairé pour le progrès des connoissances, ainsi que pour l’accroissement du bonheur de leurs semblables, ont donné un éclat bien doux aux yeux des amis de l’humanité.
Ce gobiomore , dont les tégumens sont mous et recouvrent une graisse assez épaisse, est d’un gris blanchâtre. Ses yeux sont trésrapprochés , et placés sur le sommet de la tête; ce qui lui donne un grand rapport avec le gobie schlosser, auquel il ressemble
encore par la position de ses nageoires pectorales , qui sont attachées au bout d’une prolongation charnue très-large auprès du corps proprement dit ; et c’est à cause de ce dernier trait que nous l’avons inscrit dans un sous-genre particulier , de même que le gobie schlosser.
Les lèvres sont doubles et charnues ; les dents inégales et coniques : la mâchoire supérieure en présente de chaque côté une beaucoup plus grande que les autres. La ligne latérale paroît comme comprimée ; l’anus est situé vers le milieu de la longueur totale du poisson; et la nageoire delà queue est un peu lancéolée.
La première nageoire dorsale est brune et bordée de noir ; on distingue une raie longitudinale et noirâtre sur la seconde , qui est jaunâtre et fort transparente *.
On voit au-delà et très-prés de l’anus du gobiomore koelreuter , ainsi que sur plusieurs gobies , et même sur des poissons de genres très - différons , un petit appendice conique , que l’on a nommé péduncule génital, qui sert en effet à la reproduction de l’animal , et sur l’usage duquel nous présenterons quelques détails dans la suite de cette Histoire , avec plus d’avantage que dans l’article particulier que nous écrivons.
1. A la membrane des branchies H la première nageoire dorsale
à la seconde
Il chacune des pectorales. .
aux. thoracines. ....
à celle de l’anus. . . .
K celle de la queue. . . .
2 rayons.
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CÎNQÜANTE-HÜITIÈME GENRE.
LES tlOTiIOMOEOIDES.
Les deux nageoires thoracines non réur.ies l’ ^ne à l’autre ; une seule nageoire dor^ sale; la tête petite - les yeux rapprochés ; les opercules attachés dans une grande I partie de leur contour i
ESPÈCE. CARyCTERES,
(Quarante-cinq rayons à la nageoire du dos ; six a chacune des thoracines ;
! son. \ la mâchoire inférieure
f plus avancée que la au- ^ périeure.
Lacépède. II. as
226 ^ LE GOBIOMOROIDE PISON.
LE GOBIOMOROIDE PISON.
Les gobies ont deux nageoires dorsales ; les gobioïdes n’en ont qu’une , et voilà pourquoi nous avons séparé ces derniers poissons des gobies, en indiquant cependant, par le nom générique que nous leur avons donné , les grands rapports qui les lient aux gobies. Nous écartons également des gobiomores, dont le dos est garni de deux nageoires , les gobiomoroïdes , qui n’offrent sur le dos qu’un seul instrument de natation ; et néanmoins nous marquons, parle nom générique de ces gobiomoroïdes, les ressemblances très - frappantes qui déterminent leur place à la suite des gobiomores.
Le pison a la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure ; sa tête est d’ailleurs aplatie ; on le trouve dans l’Amérique méridionale.
En examinant dans une collection de pois-
sons desséchés , donnée par la Hollande ^ la France, un gobiomoroïde pison , nous nous sommes assuré que les deux mâchoires sont garnies de plusieurs rangées de dents fortes et aiguës : l’inférieure a de plus un rang de dents plus fortes , plus grandes , plus recourbées, et plus éloignées les unes des autres que celles de la mâchoire supérieure.
La tête est comprimée aussi bien que déprimée , et garnie d’écailles presque semblables par leur grandeur à celles qui revêtent le dos. La nagoire de la queue est arrondie
Le nom de cette espécje rappelle l’ouvrage publié par Pison sur l’Amérique australe , et dans lequel ce médecin a parlé de ce gobiomoroïde.