SOIXANTE-CINQUIÈME GENRE
LES CÆSIOo
Unê seule nageoire dorsale; point de petites nagêoîrês aa-dêssus nî au-dessous de la queue ; les côtés de la queue relevés longitudinalement en carènCf ou une petite nageoire composée de deux aiguillons et d'imê membrane au-devant de la nageoire de tanitSj ou la nageoire dorsale trés-prolongée vers celle de la queue ; la lèvre siipé* rîeure îrès-extensible ; point aiguillons isolés au-devant de la nageoire du dy$.
ESPÈCE, CARACTÈRES-
/ L’opercule branchial re-
! couvert d’écailles semblables à celles du dos % et placées les unes audessus des antres.
LE CÆSIO AZÜROR.
Cæsio est le nom généric|ue donné par Commerson au poisson que nous désignons par îa dénomination spécifique déaturor, laquelle annonce l’éclat de For et de l’azur dont il est revêtu. Le naturaliste voyageur a tiré ce nom de cœsio, de la couleur bîeuâti-e, en latin cœsiiis, de Fanima! qu’il avoit sous ses yeux. En reconnoissant les grands rapports qui lient les cœsio avec les scombres, il a cru cependant devoir les en séparer ; et c’est en adoptant son opinion que nous avons établi le genre particulier dont nous nous occupons; que nous avons cherché à circonscrire dans des limites précises, et auquel nous avons cru devoir rapporter non-seulement le cœsio azuror décrit par Commerson, mais encore le poulain placé par Forskacl , et d’après lui par Bonnaterre, au milieu des scombres , et inscrit par Gmelin parmi les centrogastéres.
L’azuror est très-beau. Le dessus de ce poisson est d’un bleu céleste desplus agréables à la vue , et qui , s’étendant sur les côtés de l’animal, y encadre, pour ainsi dire, une bande longitudinale d’un jaune doré qui régne au-dessus de la ligne latérale , suit sa courbure , et en parcourt toute Fétendue. La partie inférieure du cœsio est d’im blanc brillant et argenté.
Une tache d’un noir très-pur est placée à
ESPÈCE. CARACTÈRES
/ Une fossette calleuse et 2. Lk CÆsio pou-j une bosse osseuse au-de-
tAiK, j vant des nageoires tho-
\ racines.
îa base de chaque nageoire pectorale , qui la cache en partie , mais en laisse paroître une portion, laquelle présente la forme que Fon désigne par le nom de chevron brisé.
La nageoire de la queue est brune, et bordée dans presque toute sa circonférence d’un rouge élégant. L’anale est peinte de îa même nuance que cette bordure. On retrouve la même teinte au milieu d’un brun des pectorales ; la dorsale est brune , et les thoracines sont blanchâtres.
L’or, Fargent, Je rouge, le bleu céleste, le noir, sont donc répandus avec variété et magnificence sur le cœsio que nous considérons; et des nuances brimes sont distribuées au milieu de ces couleurs brillantes, comme pour les faire ressortir, et terminer Feffct du tableau par des ombres.
Celle parure frappe d’autant plus les yeux de l’observateur, qu’elle est réunie •avec un volume un peu considérable , Fazuror étant à peu prés de la grandeur du maquereau, avec lequel il a d’ailleurs plueieurs rapports.
Au reste , n’oublions pas de remarquer que cet éclat et cette diversité de couleurs que nous admirons en tâchant de les peindre appartiennent à un poisson qui vit dans Farchipel des Grandes-Indes, particulièrement dans le voisinage des Moluques, et par conséquent dans ces contrées où une heureuse combinaison de la lumière, de la chaleur, de Fair, et des autres élémens de la coloration, donne aux perroquets, aux oiseaux
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de paradis, aux quadrupèdes ovipares, aux serpens, aux fleurs des grands arbres , et à celles des humbles végétaux , l’or resplendissant du soleil des tropiques , et les tons animés des sept couleurs de l’arc céleste.
L’azuror brilloit parmi les poissons que les naturels des Moluques apporloient au vaisseau de Çommerson ; et le goût de sa chair étoit agréable.
Le museau de ce cœsio est pointu; la lèvre supérieure trés-exlensible ; la mâchoire inférieure plus avancée que celle de dessus, lorsque la bouche est ouverte ; chaque mâchoire garnie de dents si petite*^, que le tact seul les fait distinguer; la langue très-petite, cartilagineuse, lisse, et peu mobile ; le palais aussi lisse que la langue ; l’œil ovale et très-grand ; chaque opercule composé de deux lames, recouvert de petites écailles , excepté sur ses bords , et comme ciselé par des rayons ou lignes convergentes ; la lame postérieure de cet opercule conformée en triangle ; cet opercule branchial placé au-dessus du rudiment d’une cinquième branchie ; la concavité des arcs osseux qui soutiennent les branchies, dentée comme un peigne ; la nageoire dorsale très-longue ; et celle de la queue profondément échancrée L
LE CÆSIO POULAIN.
Ce poisson a une conformation peu commune.
Sa tête est relevée par deux petites saillies allongées qui convergent et se réunissent sur le front ; un ou deux aiguillons tournés vers la queue sont placés au-dessus de chaque œil ; les dents sont menues,