‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 298 sur 731 · VARIÉ · texte numérisé non relu

VARIÉ

La couleur' générale mêlée de rouge , de jaune et de bleu.

LE GOMPHOSE BLEU.

CoMMERSON a laissé dans ses manuscrits la description de ce poisson qu’il a observé dans ses voyages, que nous avons cru, ainsi que lui, devoir inscrire dans un genre particulier, mais auquel nous avons donné le nom générique de gomphos , plutôt que celui à^elops , qui lui a clé as.slgné par ce naiiirali.slc. Le mol gomphos désigne,

aussi-bien que celui à^elops, la forme du museau de ce poisson , qui représente une sorte de clou ; et en employant la dénomi- •nation que nous avons préférée, on évite toute confusion du genre que nous décrivons, avec une petite famille d’abdominaux connue depuis long-temps sous le nom d'clops.

Le gomphose bleu est, suivant Gommerson , de la grandeur du cypiin tanche. Toute sa surface présente une couleur

LE COMPIiOSE BLEÜ.

bleue sans tache, un peu foncée ou noirâtre sur les nageoires pectorales, et très-claire giir les autres nageoires. L’œil seul montre des nuances dilïérentes du bleu ; la prunelle est bordée d’un cercle blanc, autour duquel l’iris présente une belle couleur d’émeraude ou d’aigue-marine.

Le corps est un peu arqué sur le dos, et beaucoup plus au-dessous du ventre. La tête , d’une grosseur médiocre , se termine en devant par une prolongation du museau, que Gommerson a comparée à un clou, dont la longueur est égale au septième de la longueur totale de l’animal , et qui a quelque rapport avec le boutoir du sanglier. La mâchoire supérieure est un peu extensible, et quelquefois un peu plus avancée que l’inférieure; ce qui n’empêche pas que l’avant-bouche, dont l’ouverture est étroite, ne forme, une sorte de tuyau. Chaque mâchoire est composée d’un os garni d’un seul rang de dents très-petites et très-serrées l’une contre l’autre; et les deux dents les plus avancées de la mâchoire d’en haut sont aussi plus grandes que celles qui les suivent.

Tout l’intérieur de la bouche est d’ailleurs lisse et d’une couleur bleuâtre.

Les yeux sont petits et très-proches des orifices des narines, qui sont doubles de chaque côté.

On ne voit aucune écaille proprement dite, ou semblable à celle du dos, sur la tête ni sur les opercules du gomphose bleu, (ies opercules ne sont hérissés d’aucun piquant. Deux lames les composent : la seconde de ces pièces s’avance vers la queue, en forme de pointe ; et une partie de sa circonférence est bordée d’une membrane.

On voit quelques dentelures sur la partie concave des arcs osseux qui soutiennent les branchies.

La portion de la nageoire dorsale qui

comprend des rayons aiguillonnés est plus basse que la partie de cette nageoire dans laquelle on observe des rayons articulés. La nageoire caudale forme un croissant dont les deux pointes sont très -allongées.

La ligne latérale , qui suit la courbure du dos jusqu’à la fin de la nageoire dorsale, où elle se fléchit vers le bas pour tendre ensuite directement vers la nageoire caudale , a son cours marqué par une suite de petites raies disposées de manière à imiter des caractères chinois.

Les écailles qui recouvrent le corps et la queue du gamphose bleu sont assez larges; et les petites lignes qu’elles montrent les font paroi tre comme ciselées L

LE G0MPH05E VARIÉ.

Sur les bords charmans de la fameuse île de Taïti, Gommerson a observé une seconde espèce de gomphose, bien digne , par la beauté ainsi que par l’éclat de ses couleurs, d’habiter ces rivages embellis avec tant de soin par la Nature. Elle est principalement distinguée de la première par ces riches nuances qui la décorent ; elle montre un brillant et agréable mélange de rouge, de jaune et de bleu. Le jaune domine dans cette réunion de tons respendissans ; mais l’azur y est assez marqué pour être un nouvel indice de la parenté du varié avec le gomphose bleu.

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