LE COTTE CHABOT
On trouve ce cotte dans presque tous les fleuves et tous les ruisseaux de l’Europe et de l’Asie septentrionale dont le fond est pierreux ou sablonneux. Il y parvient jusqu’à la longueur de deux décimètres 2. Il s’y lient souvent caché parmi les pierres, ou dans une espèce de petit terrier; et lorsqu’il sort de cet asile ou de celte embuscade, c’est avec une très-grande rapidité qu’il nage , soit pour atteindre la petite proie qu’il préfère , soit pour échapper à ses nombreux ennemis. Il aime à se nourrir de très-jeunes poissons, ainsi que de vers et d’insectes aquatiques; et lorsque cet aliment lui manque, il se jette sur les œufs des diverses espèces d’animaux qui habitent dans les eaux qu’il fréquente. Il est trés-vorace : mais la vivacité de ses appétits est trop éloignée de pouvoir compenser ' les effets de la petitesse de sa taille , de ses mauvaises armes et de son peu de force ; et : il succombe fréquemment sous la dent des perches, des saumons, et surtout des brochets. La bonté et la salubrité de sa chair, qui devient rouge par la cuisson comme ; celle du saumon et de plusieurs autres pois- j sons délicats ou agréables au goût, lui donnent aussi Fhomme pour ennemi. Dès le temps d’Aristote, on savoit que pour le prendre avec plus de facilité il falîoit frapper sur les pierres qui lui servoient d’abri, * qu’à l’instant il sortoit de sa retraite , cl que il souvent il venoit, tout étourdi par le coup, i se livrer lui-même à la main ou au filet du pêcheur. Le plus souvent ce dernier em- . ploie la ?iasse ^ pour être plus sûr d’empê- |
4, Sien simpa , sien lake , en Suède ; bull-hcad, mlllers ikumb , en Angleterre; messore , capo grosso , dans plusieurs contrées de Fllalie ; télé d’âne , âne, dans plusieurs déparlemens méridionaux de France.