LA SCORPÈNE VOLANTE
Cette scorpêne est presque îe seul poisson d’eau douce qui ait des nageoires pectorales étendues ou conformées de manière à lui donner la faculté de s’élever à quelques mètres dans l’atmosphère , à s’y soutenir pendant quelques instans , et à ne retomber dans son fluide natal qu’en parcourant une courbe très-longue. Ces nageoires pectorales sont assez grandes dans la scorpêne volante pour dépasser la longueur du corps ; et d’ailleurs la membrane qui en réunit les rayons est assez large et assez souple entre chacun de ces longs cylindres, pour qu’ils puissent être écartés et rappocîiés Fun de Fautre îrès-sensible-
i. C rayons à la membrane des branchies.
12 aiguillons et 12 rayons ariicnlés à la nageoire du dos.
17 rayons à chacune des pectorales.
6 rayons à chacune des ihoracines.
geoire de l’anus.
12 rayons h la nageoire delà queue.
ment; que Femeinble de la nageoire qu’ils composent s’étende ou se rétrécisse à la volonté de Fanima! ; que le poisson puisse agir sur l’air par une surface très-ample ou très-resserrée ; qu’indépendamment de Finégaîité des efforts de ses muscles, la scorpéne emploie une sorte d’aile plus développée 5 lorsqu’elle frappe en arriére contre les couches atmosphériques, que lorsque, ramenant en avant sa nageoire pour donner un nouveau coup d’aile ou de rame, elle comprime également en avant une partie des couches qu’elle traverse ; qu’il y ait une supériorité très-marquée du point d’appui qu’elle Irouve dans la première de ces deux manœuvres, à la résistance qu’elle éprouve dans la seconde ; et qu’ainsi elle jouisse d’une des conditions les plus nécessaires au vol des animaux. Mais si la facilité de voltiger dont est douée la scorpêne que nous décrivons lui fait éviter quelquefois la dent meurtrière des gros poissons qui la poursuivent, elle ne peut pas la mettre à l’abri des pêcheurs qui la recherchent, et qui s’efforcent d’autant plus de la saisir, que sa chair est délicieuse; elle se livre même quelquefois entre leurs mains, en la faisant donner dans leurs pièges, ou tomber dans leurs filets , lorsque attaquée avec trop d’avantage, ou menacée de trop grands dangers au milieu de Feau , elle s’élance du sein de ce fluide dans celui de l’atniosphére.
C’est dans les rivières du Japon ci dans celles d’Amboine que l’on a particulièrement observé ses précautions heureuses ou funestes, et ses autres habitudes. Il paroîî qu’elle ne se nourrit communément que de poissons très -jeunes, ou peu redoutables pour elle.
Sa peau est revêtue de petites écailles placées avec ordre les unes au-dessus des autres. Elle présente, d’ailleurs, des bandes transversales alternativement orangées et blanches, et dont les unes sout larges et les autres étroites. Les rayons aiguillonnés de la nageoire dorsale sont variés de Jaune et de brun ; les autres rayons de la même nageoire , noirs et tachés de jaune ; et les pectorales et les thoracines , violettes et tachetées de blanc. Des points blancs marquent le cours de la ligne latérale. L’iris présente des rayons bleus et des rayons noirs. Et quant aux formes de la scorpêne volante, il suffira de remarquer que îa tête, très-large par-devant, est garnie de barbillons et d’aiguillons; que les deux mâcholî'cs, également avancées, sont armées de
LA SCORPENE VOLAiNm.
dents petites et aiguës ; que les lèvres sont extensibles; que la langue est petite, pointue, et un peu libre dans ses mouvcmens ; que de petites écailles sont placées sur les opercules ; et que la membrane qui réunit les rayons aiguillonnés de la nageoire du dos est très basse, comme la membrane analogue de la scoipéne anlennéeS