Le gasterosxée
SPIMAGHIE. f
dans Fépinocbe la présence ou l’influence de toutes les causes que nous avons assignées à la longueur trés-remarquable de la vie des babitans c*as eaux , et particuliéredes poissons considérés en général ?
C’est dans le printemps que ce petit osseux dépose ses œufs sur les plaiftes aquatiques, qui les maintiennent à une asseï grande proximité de la surface des lacs ou des rivières, pour que la chaleur du soleil favorise leur développement. Il se nourrit de vers, de chrysalides, d’insectes que les bords des eaux peuvent lui présenter, d’œufs de poissons ; et, malgré sa foiblesse, il attaque quelquefois des poissons, à la vérité, extrêmement jeunes, et venant, pour ainsi dire, d’éclore. Les aiguillons dont son dos est armé, et le bouclier, ainsi que les lames dont son corps est revêtu, le défendent mieux qu’on ne le croiroil au premier coup d’œil de l’attaque de plusieurs des animaux qui vivent dans les mêmes eaux que lui ; mais il ne le garantissent pas de vers intestinaux dontil est fréquement la victime ; ils ne le préservent pas non plus de la recherche des pêcheurs. On ne le prend pas cependant, «au moins le plus souvent, pour la nourriture de l’homme, parce que son goût est rarement très-agréable : mais comme cette espèce est grasse et féconde en indi\ idus , il est plusieurs contrées où l’on répand les épinoches par milliers dans les champs , sur lesquels elles forment en se corrompant un excellent fumier ; ou bien on les emploie à engraisser, dans les bassescours voisines des lacs qui leur ont servi d’habitation, ‘des canards, des cochons et d’autres animaux utiles dans réconamie d®* îaestique. ,
33Ô LE GASTÉROSTÉE ÉPINOGHE.
On peut aussi exprimer de milliers d’épinoches une assez grande quanlilé d’huile bonne à brûler ; et nous ne devons pas oublier de faire remarquer qu’il est un grand nombre d’espèces de poissons, dédaignées à cause du goût peu agréable de leur chair, dont on pourroit tirer, comme de l’épinoche, un aliment convenable à plusienrs animaux, un engrais très-propre à ferliliser nos campagnes, ou une huile très-utile à plusieurs arts.
Les yeux de l’épinoche sont saillans, et ses mâchoires presque aussi avancées l’une que l’autre : chaque ligne latérale est marquée ou recouverte par des plaques osseuses placées transversalement, plus petites vers la tète, ainsi que vers la queue, et qui, au nombre de vingt-cinq, de vingt-six ou do vingt-sept, forment une sorte de cuirasse assez solide. Deux os allongés, durs, et afTcnnis antérieurement par un troisième, couvrent le ventre comme un bouclier; et de là vient le nom générique de gasiévosice que porte l’épinoche. Chaque ihoracine est composée de deux rayons : le picniicr, grand, pointu, et presque toujours dentelé, Happe aisément h vue ; le second, blanc, très-court, très-mou, est dilïïcilement aperçu.
Trois aiguillons allongés, et séparés l’un de l’autre, s’élèvent au-devant de la nageoire du dos : les deux premiers sont dentelés dos deux cotés ; le troisième l’est quelquefois; mais il est presque toujours moins haut que les deux premiers.
On compte trois lobes au foie , qui est très-é tendu, et dont le lobe droit est particulièrement très-long. On ne voit pas de cæcum auprès du pylore ; et le canal intestinal se recourbe à peine vers la tète, avant de s’avancer en ligne droite vers l’anus, ce qui doit faire présumer que les sucs digestifs de l’épinoche sont très-actifs.
La vésicule natatoire est épaisse, simple, grande, et attachée à l’épine du dos, dont ce[)endant on peu la séparer avec facilité.
Au reste , l’iris , l’opercule braPiCliial et les côtés de l’épinoche brillent de l’éclat de
l’argent ; ses nageoires, de celui de For ; et sa gorge , ainsi que sa poitrine , montrent souvent celui du rubis S
L’épinochelte vit en troupes nombreuses dans les lacs et dans les mers de l’Europe ; on la voit 2 pendant le printemps auprès des embouchures des fleuves; et, suivant M. Noël, on la pêche dans la Seine, jusqu’au-dessus de Quillebœuf. La spinachie ne se trouve ordinairement que dans la mer. Elle est plus grande du double, ou environ, que l’épinochc, pendant que l’épinochette ne parvient communément qu’à la longueur d’un demi-décimètre. Cette Oi)inoçhetle est d’ailleurs dénuée de lames osseuses et même d’écailles facilement vi- , sibles ; sa couleur est jaune sur son dos, et j' blanche ou argentée sur sa partie infé- i ricure. ,
La spinachie offre à peu prés le même i ton et la même dispositon dans ses nuances j que l’épinochette ; mais ses côtés sont gar- , nis de lames dures. Elle a de plus le mu- , seau avancé en forme de tube , l’ouverture j de la bouche petite, et l’opercule ciselé en ,