CENT TROISIÈME GENRE
LES MACROPODES*
Les ihoracînes au moins de la longueur du corps proprement dit; la nageoire caudale très-fourchue et à peu prés aussi longue que le tiers de la longueur totale de Vani^ jî, 7nal ; la tête proprement dite et les opercules revêtus d’’ écailles semblables à celles I:
du dos; V ouverture de la bouche très-petite, ji
ESPÈCE. CARACTÈRES. I
Le MAcr.oroDE VERT- J Les écailles variées d’or et DORÉ. ( tache noire sur chaque i
LE
MAGROPODE VERT-DORÉ.
Le vert-doré ne parvient qu’à de petites dimensions; il n’a ordinairement qu’un ou deux décimètres de long ; mais il est trèsagréable à voir ; scs couleurs sont magnifiques, ses mouvemens légers, ses évolutions variées; il anime et pare d’une manière channante l’eau limpide des lacs; et il n’est pas surprenant que les Chinois, qui cultivent les beaux poissons comme les belles fleurs, et qui aiment, pour ainsi dire, à faire de leurs pièces d’eau, éclairées par un soleil brillant , autant de parterres vivans , mobiles , et émaillés de toutes les nuances de l’iris, se plaisent à le nourrir, à le multiplier, et à multiplier aussi son image par une peinture fidèle.
Les petits tableaux ou peintures sur papier, exécutés à la Chine avec beaucoup de soin, qui représentent la Nature avec vérité, qui ont été cédés à la France par la
de vert ; toutes les nageoires rouges ; une petite ' pcrcule.
république batave, et que l’on conserve 1 dans le Muséum d’histoire naturelle, ren- i ferment l’image du vert-doré vu dans qua- i tre positions, ou plutôt dans quatre mouvemens différens. Le nom spécifique de ce j poisson indique l’or et le vert fondus sur sa i surface et relevés par le rouge des nageoi- : res. Ce rouge ajoute d’autant plus à la pa- j rare de l’animal, que ses iustrumens de natation présentent de grandes dimensions, i particulièrement la nageoire caudale et les thoracines , et la longueur de ces thora- i cines , qui sont comme les pieds du poisson, i est le trait qui nous a suggéré le nom gé- t nérique à^macropode, lequel signifie long ] pied.
Au reste, le vert-doré n’a pas de dents, ou n’a que des dents très-petites. Cliaque opercule n’est composé que d’une pièce ; et sur la surface de cette pièce on voit une tache petite , ronde , très-foncée , faisant de loin l’effet d’un vide ou d’un trou, et imitant l’orifice de l’organe de l’ouïe d’un grand nombre de quadrupèdes ovipares.
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NOMEINGLATÜRE
DES LABRES , CîIEILîNES , CIIEILODIPTÎîHES , OPHICÉPHALES , HOLO- GYAJKOSES, SCARES, OSTORIIINQUES, SPARES, DIPTERODONS, LUTJANS, CEKTROPOMES , BODÎANS , TÆNIANOTES , SCIENES ^ MIGROPTÎîRES , HOLOCENTRES ET EERSEQÜES.
Les poissons renfermés dans les dix-sept genres que nous \enons de nommer forment bien plus de deux cents espèces, et composent par leur réunion une tribu, à l’examen, à la description, à l’histoire de laquelle nous avons dû apporter une attention toute particulière. En effet , les caractères généraux par lesquels on pourroit chercher à la distinguer se rapprochent beaucoup de ceux des tribus ou des genres voisins. De plus , les espèces qn’elle comprend ne sont séparées l’une de l’autre que par des traits peu prononcés , de manière que depuis le genre qui précéderoit celte grande et nombreuse tribu en- la touchant immédiatement dans l’ordre le plus naturel, jusqu’à celui qui la suivroit dans ce même ordre en lui étant aussi immédiatement contigu, on peut aller d’espèce en espèce en ne parcourant que des nuances très-rapprochées. Et comment ne s’avanceroit-on pas ainsi , en ne rencontrant que des différences très-peu sensibles, puisque les deux extrêmes de cette série se ressemblent beaucoup, sont placés, par conséquent , à une petite élévation l’un au-dessus de l’autre , et cependant communiquent ensemble, si je puis employer cette expression, par plus de deux cents degrés?
Les divisions que l’on peut former dans cette longue série ne peuvent donc être déterminées qu’après beaucoup de soins , de recherches et de comparaisons ; et voilà pourquoi presque tousles naturalistes, même les plus habiles, n’ayant pas eu à leur disposition assez de temps , ou des collections assez nombreuses, ont établi pour cette tribu des genres caractérisés d’une manière si foible, si vague, si peu constante, ou si erronée, que, malgré des efforts pénibles et une patience soutenue, il étoit quelquefois impossible, en adoptant leur méthode distributive, d’inscrire un individu de cette tribu , que l’on avoit sous les yeux, dans un genre plutôt que dans iin autre, de le rap-
porter à sa véritable espèce , ou , ce qui est la même chose, d’en reconnoître la nature.
Bloch avoit senti une partie des difficultés que je viens d’exposer ; il a proposé , en conséquence , pour les espèces de cette grande famille , plusieurs nouveaux genres, dont j’ai adopté quelques-uns ; mais son travail à l’égard de ces animaux m’a paru d’autant plus insuffisant, qu’il n’a pas traité de toutes les espèces de cette tribu connues de son temps ; qu’il n’avoit pas à classer les espèces dont je vais publier, le premier, la description ; que les caractères génériques qu’il a choisis ne sont pas tous aussi importans qu’ils doivent l’être pour produire de bonnes associations génériques; et enfin, qu’ayant composé plusieurs genres pour la tribu qui nous occupe, long-temps après avoir formé pour cette même famille un assez grand nombre d’autres genres, sans prévoir, en quelque sorte, le besoin d’un supplément de groupes , il avoit déjà placé dans scs anciens genres des espèces qu’il devoit rapporter aux nouveaux genres qu’il vouloit fonder.
Profitant donc des travaux de mes prédécesseurs, de l’avantage de pouvoir examiner d’immenses collections, des observations nombreuses que plusieurs naturalistes ont bien voulu me communiquer, et de l’expérience que j’ai acquise par plusieurs années d’étude et par les différons cours que j’ai donnés, j’ai considéré dans leur ensemble toutes les espèces de la tribu que nous avons dans ce moment sous les yeux; je l’ai distribuée en nouveaux groupes; et recevant certains genres de Linné et de Bloch , modifiant les autres ou les rejetant, y ajoutant de nouveaux genres, dont quelques-uns avoient été indiqués par moi dans mes cours, et adoptés par mon savant ami et confrère, M. "Cuvier, dans ses Elémens cChisioîre naturelle, donnant enfin à toutes ses sections des caractères précis, constans
NOMENCLATUUr:,
et dislincts, j’ai terminé l’arrangement méthodique dont on \'a voir le résultat.
J’ai employé et circonscrit d’une manière nouvelle et rigoureuse les genres des labres, des scares, des spares, des lutjans, des bodians, des holocentres et des persèques. J’ai introduit parmi ces associations particulières le genre des oplncépliales , proposé récemment par Bloch. Séparant dans chaque réunion les poissons à deui nageoires dorsales, de ceux qui n’en offrent qu’une, j’ai fait naître le genre des cheilodiptéres dans le voisinage des labres, celui des diptérodons auprès des spares, celui des centropomes à la suite des lutjans, celui des véritables sciènes, que l’on a eu jusqu’ici tant de peine à reconnoître, à une petite distance des bodians. J’ai placé entre ces sciènes et les bodians le nouveau genre dos ia nianotes, qui forme un passage naturel des unes aux autres ; j’ai inscrit le nouveau groupe des cheilines entre les labres et les cheilodiptéres, ou celui des ho~
logymnoses entre les ophicéphales et les scares, celui des ostorhinqaes entre les scares et les spares, celui des micropiéres entre les sciènes et les holocentres; et j’ai distribué parmi les labres , parmi les lutjans, ou parmi les holocentres, les espèces appliquées par Bloch à ses genres des yo/t- 7iiiis, des anthias, des épinép hèles , et des gymnocèp haies, qui m’ont paru caractérisée par des traits spécifiques plutôt que par des caractères génériques, et que, par conséquent, je n’ai pas cru devoir admettre sur mon tableau général des poissons.
Toutes ces opérations ont produit les dix-sept genres des labiées, des cheilines, des cheilodiptéres, des ophicéphales , des hologymnoses , des scares, des ostorhînqiies, des spares, des diptérodons, des lutjans, des centropomes, des bodians, des tœnianotes , des sciènes, des microptères, des holocentres et des persèq lies , dont nous allons tâcher de présenter les formes et les habitudes.
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