LE LABRE PAON
4 Ce labre habite dans la Méditerranée , et particulièrement auprès des côtey de Syrie. A l’époque où on commença à l’examiner, à le distinguer, à le désigner par un nom particulier , l’histoire naturelle avoit fait peu de progrès; le nombre des animaux déjà connus n’étoit pas encore très-grand; on n’avoit pas découvert la plupart de ces poissons richement colorés qui vivent dans les mers de l’Asie ou de l’Amérique méridionale : le labre paon dut par conséquent frapper les observateurs par la magniücence de sa parure ; et il n’est pas surprenant qu’on lui ait donné le nom de l’oiseau que l’on regardoit comme émaillé des nuances les plus vives et les plus variées. Ce labre présente en effet presque toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, que l’on se plaît à retrouver étalées avec tant de pompe sur la belle queue de l’oiseau paon ; et d’ailleurs le poli de ses écailles, le contraste éclatant de plusieurs des tons dont il brille , et les dégradations multipliées par lesquelles ses autres nuances s’éteignent les unes dans les autres, ou s’animent pour se séparer et resplendir plus vivement , imitent les reflets rapides qui se jouent, pour ainsi dire, sur les plumes chatoyantes du paon, et les feux que l’on croiroit en voir jaillir. Lorsque le soleil éclaire et dore la surface de la Méditerranée, que les vents se taisent, que les ondes sont paisibles, et que le labre paon nage sans s’agiter au-dessous d’une couche d’eau mince et limpide, qui le revêt , pour ainsi dire, d’un vernis' transparent, on admire le vert mêlé de jaune que montre sa surface supérieure , et au milieu duquel des taches rouges et des taches bleues scintillent, en quelque sorte , comme les rubis et les sa-