LE SPARE CATESBY
du spare auquel nous avons donné le nom de ce voyageur, .ainsi que celle du sauteur et du venimeux. Ces trois espèces habitent dans les eaux de l’Amérique septentrionale un peu voisines des tropiques , et particulièrement dans celles de la Caroline. Le premier de ces trois spares a ordinairement trois ou quatre décimètres de longueur. Sa gueule est giande et rouge à l’intérieur ; et les écailles qui recouvrent son corps et sa queue sont larges, brunes , et bordées de jaune.
Le sauteur, qui doit son nom spécifique à la facilité avec laquelle il s’élance, comme plusieurs autres poissons , au-dessus de la surface de l’eau , présente sur ses opercules un mélange de blanc , de rouge et de jaune. La couleur générale de sa partie supérieure est brune. Il se plaît dans les climats chauds. Il n’a souvent que deux décimètres de longueur. Mais la rapidité et la force avec lesquelles il agite sa queue lui donnent, indépendamment de la faculté de sauter, et de s’élever presque verticalement à une hauteur plus ou moins remarquable , celle de nager avec vitesse , et de suivre les vaisseaux , même lorsque leurs voiles sont enflées par le vent le plus favorable.
La longueur ordinaire du venimeux est depuis six jusqu’à dix décimètres, et par conséquent très -considérable. Il a été regardé comme renfermant un poison dangereux ; et de là vient le nom spécifique qu’il pox'te. Mais il paroît qu’il n’est pas venimeux ou malfaisant dans toutes les contrées ni dans toutes les saisons où on le pêche , et par conséquent qu’il ne doit ses qualités funestes qu’à la nature des alimens qu’il préféré dans certaines circonstances, et qui, innocens pour ce thoracin , sont mortels pour l’homme ou pour plusieurs animaux. Cet osseux est dés-lors un nouvel exemple de ce que nous avons dit dans notre Discours sur la nature des poissons, de l’essence et de l’origine de leurs sucs vénéneux ; mais il n’en doit pas moins être l’objet de l’examen le plus attentif, ou plutôt des épreuves les plus rigoureuses, avant qu’on ne puisse avec prudence se nourrir de sa chair, dont il sera toujours bien plus sûr de se priver.
La patrie du salin estle Brésil. Ce spare, dont Marcgrave et le prince Maurice de Nassau ont laissé chacun un dessin, a la tête petite , la couleur générale d’un bleu argenté, toutes les nageoires jaunes ou dorées, des intestins très-larges, un ovaire
très-grand, et une longueur de trois ou quatre décimètres. Il quitte la mer au printemps pour remonter dans les rivières, et ne revient dans l’Océan que vers la fm de l’automne.
Lejab habite le Brésil comme le salîn.
La nuque de ce poisson est très-relevée ; son dos d’un violet noirâtre ; et chacune de ses nageoires variée de jaune et d’orangé. Ce spare devient deux fois plus grand que le salin ; mais il ne monte pas, comme ce dernier, dans les rivières. Il s’arrête entre les rochers voisins des embouchures des fleuves ; il y passe même trèssouvent l’hiver ; et on y pêche un nombre d’autant plus grand d’individus de cette espèce, que la chair du jub est très-bonne à manger, et que celle des joues de cet osseux, ainsi que de sa langue, a été regardée comme une nourriture des plus délicates. Le prince Maurice a fait un dessin de ce spare ; on en trouve un autre , mais mauvais, dans Marcgrave, qui en a donné aussi une description. Le dessin de Marcgrave a été copié par Bison ; sa description par Willughby : l’un et l’autre l’ont été par Jonston et par Buysch. Bloch a publié le dessin du prince Maurice.
C’est dans le Japon que vit la mélanote. Ce thoracin a les dents petites; et chacune de ses narines n’a qu’un orifice. Ses autres traits sont indiqués dans le tableau générique, ou dans cette note S