‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 713 sur 731 · Verdiol de la ^sanlk-BreUi^m · texte numérisé non relu

Verdiol de la ^sanlk-BreUi^m

de Commerson, que le lutjan auquel nous avons donné le nom de jaunellipse , et que ce voyageur a vu prés des côtes de l’île de France , en décembre 1769 , est très-rare auprès de ces rivages, puisque notre naturaliste ne l’y a observé qu’une fois. Ce poisson est moins petit que le perchot ; mais sa longueur ordinaire ne paroît pas aller jusqu’à deux décimètres. Il a la nageoire du dos et celle de la queue d’un rouge brillant ; les pectorales et les ihoracines sont d’un rouge pâle , des nuances brunes sont répandues sur l’anale ; des taches noires paroissent sur la membrane de la partie de la nageoire du dos qui n’est soutenue que par des rayons articulés; une ligne noire régne au-dessous de la gorge ; et cinq ou six taches rouges sont placées sur chaque opercule.

Les petites dents qui hérissent chaque mâchoire sont situées derrière d’autres dents un peu plus grandes , et séparées les unes des autres. Chaque opercule se termine par une prolongation anguleuse.

Le grimpeur a été vu à Tranquebar, en novembre 1791. Le lieutenant anglais Dardorff a observé la faculté remarquable qui a fait donner à ce lutjan le nom spécifique que nous lui avons conservé. Un individu de cette espèce , surpris dans une fente de l’écorce d’un palmier éventail , à deux mètres, ou environ, au-dessus de la surface d’un étang, s’efforçoit de monter. Suspendu à droite et à gauche par la dentelure de ses opercules, il agitoit sa queue, s’accrochoit avec les rayons aiguillonnés de la nageoire du dos et de celle de l’anus, délaclîoit alors ses opercules, se soulevoit sur ses deux nageoires anale et dorsale, s’attachoit de nouveau, et plus haut que la première fois, avec les dentelures des opercules de ses branchies , et, parla répétition de ces mouvemens alternatifs, grirnpoit avec assez de facilité. Il employa les mêmes manœuvres pour ramper sur le sable où on le plaça, et où il vécut hors de l’eau pendant plus de quatre heures.

Cette manière de se mouvoir est curieuse : elle est une nouvelle preuve du grand usage que les poissons peuvent faire de leur (Jueue. Cet instrument de natation, qui, devenant quelquefois une arme funeste à leurs ennemis, leur sert souvent pour s’élancer ^ , et dans certaines circonstances pour ramper peut donc aussi être

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