‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 103 sur 123 · LETTRES DU ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

LETTRES DU ROI DE PRUSSE

LETTRE PREMIÈRE

.M-OirsiÊUR le comte de Tressan, fai reçu votre lettre du i4 de ce mois; je suis extrêmement sensible aux sentiments de ièle et d'attachement que vous voulez bien me marquer et à tout ce que vous me dites d^obligeant pour m'en persuader. Je m'intéresse trop particulièrement à la gloire de l'auguste fondateur de l'académie de Nancy, pour ne pas vous savoir gré de la marque

d'attention que vous m'avez donnée en m'en voyant les discours qui y ont été prononcés. Ils ont tous des beautés , et vous avez fait connaître dans le vôtre combien les connaissances les plus étudiées des sciences et des arts ont d'agrément, quand elles se trouvent jointes aux grâces du style et de l'éloquence. Il y avait long-temps que j'étais instruit des qualités brillantes que vous réunissez pour la guerre et pour les lettres , et je suis charmé de vous assurer ici des droits qu'elles vous donnent sur mon estime. Sur ce , je prie Dieu qu'il vous ait, monsieur le comte de Tressan, en sa

sainte et digne garde.

Frédéric.

Fait à Potzdam, le 3o mars 1751.

Votre lettre du la mars, et la pièce qui l'accompagnait, me sont bien parvenues; je vous rends grâce de votre attention obligeante. Le plaisir que j'ai eu à vous lire augmente ma reconnaissance , et je serais charmé d'avoir des occasions de vous en donner des preuves , ainsi que de l'estime^que j'ai pour vous.

Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte

et digne garde.

Frédéric

Potzdam, ce 17 juin 1779.

LETTRFS. 453

LETTRE m.

Monsieur le général comte de Tressan , votre association à l'illustre Académie française m'a fait un plaisir bien sensible : c'est un juste tribut à votre mérite littéraire ; et si Maupertuis et Voltaire retournaient dans cette savante assemblée, ils seraient charmés de vous voir occuper leurs places. La nouvelle traduction d'Arioste, que vous m'annoncez, contribuera sans doute à augmenter votre renommée littéraire , et l'exemplaire que vous m'en destinez sera très bien accueilli ; j'aime beaucoup ces sortes de traductions. Celle de Roland Furieux, par Mirabeau, a son mérite; mais je n'attends sûrement pas moins de la vôtre; vous l'épurez si bien , que Voltaire en serait tout autant enchanté qu'il l'a été de l'original. Tout ce que je souhaite , c*est que votre malheureuse goutte vous quitte bientôt, et vous permette de porter la dernière lime à votre traduction, qui vous fera sûrement recueillir de nouveaux lauriers; puissiez-vous en jouir encore long-temps dans une santé aussi parfaite que durable ! c'est l'objet de mes vœux en votre faveur ; et sur ce , je prie Dieu, monsieur le général comte de Tressan , qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

Frédéric

Potzdam, ce ix décembre 1780.

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