A MADAME LA DUCHESSE DE BR
Air :
Vivre près de vous, Est un bonheur suprême; Causer avec vous , Est pour moi le plaisir le plus doux.
CHANSONS. 36l
Je^sais bien que Fainîtié même Prend en vous un ton si séducteur,
Qu'on ne sait comment on vous aime , Et qu'on sent le trouble de son cœur; Qu'on doit avoir bien peur De cet air enchanteur.
Mais vivre avec vous, etc.
Daignez embellir La fin de ma carrière:
Laissez-moi cueillir Les roses qui parent le plaisir.
Sans oser prétendre à vous plaire, Je saurai saisir tous les moments
D'entendre votre voix légère, De'voir ces yeux si doux, si touchants. Qui rendent à mes sens Le feu de leurs beaux ans.
Daignez embellir, etc.
Faite k GbayiUe , dans nn souper , où Time des daines s*amiisait à vouloir nous griser , M. le duc de Brancas et moi.
Tremblez aux accents de ma lyre, Profanes, fuyez mon courroux:
Bacchus , l'Amour avec Thémire ,
36a CHANSONS.
Sont ici dans un rendest-vous ; Tous trois, animant cette féte^ Partagent Thonneur du festin; On voit Thémire orner leur tête De fleurs qu ils arrosent de vin.
L'amour , sur vos lèvres de roses , Pour toujours semble s'arrêter; On ne les voit jamais écloses Que pour boire ou nous enchanter.
Anacréon qui de Bathyle Célébra les attraits si doux, Le quitterait dans cet asyle.
Et Toublierait à vos genoux.
Amis , lorsque sa main s'empresse A verser ce jus précieux , Je vois en elle la déesse Qui sert à la' table des dieux; Mais quelque soir, sur la fougère, Si je trouve un instant heureux, Je ne verrai qu'une bergère, Et n'écouterai que mes feux.
kVV^VV*