RONDEAUX
Des vrais amants le plus vanté, Le plus soumis à sa jeune bergère) De t adorer , de te voir , de te plaire : Depuis dix ans, c'est mon unique affaire. Amant heureux , de ta fidélité Je jurerais.
Ah! si Famour, sur son aile légère, Me transportait au séjour enchanté, Où cet enfant , conduit par le mystère , Fait dans nos bras naître la volupté ; Dans ces transports qu'on ne sent qu'à Cythère Je jurerais.
Je veux mourir dans ton aimable chaîne ; Sans art , ta main la serre tous les jours , Ton cœur me charme et ton esprit m'entraîne ; Vif, élevé, tout est de son domaine; Comme une abeille, il s'enrichit toujours. De toi j'appris à méditer sans peine Sur les fureurs de la parque inhumaine : Si de ta vie elle abrège le cours , Je veux mourir.
Captif, hélas ! sur les bords de la Seine , Par mes regrets j'attendris les amours : Là , quelquefois je dois à leur secours Un songe heureux... Je crois tenir Climène: Baisant ses yeux, respirant son haleine. Je veux mourir.