‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 75 sur 123 · A M. LE MARQUIS DE CHAROST · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS DE CHAROST

Mon ami intime , tné en 1735 , à Clansen, à U tête du régiment

de la Couronne.

Gharost! nous te perdons dans le sein de la gloire, Et tes premiers lauriers sont baignes de ton sang. Que sert à tes amis , qu'au temple de mémoire , Avec tous tes aïeux , tu sois mis dans le rang Des héros dont le nom illustre notre histoire! Les Toiles de la mort ont obscurci tes yeux ; Mais ton ame élevée au sein de la lumière y

Libre des fers de la matière , Va goûter le repos avec les demi-dieux.

Du moins, du haut de Tempirée, Regarde ces amis, qui d'immortelles fleurs

Tiennent ton urne couronnée.

Ecoute leurs soupirs, et vois couler les pleurs

Dont ils arrosent ton trophée.

Al. 1j a • • • •

Un jour qn*clle Ait ooncher à Sceaux , et ponr obéir i madame la dachesse da Bfaine , qui me pria de fiûre quelques vers.

Instruits par Ludoyise (i), inspirés par Tamour, L*air simple et naïf du village , Et le ton noble et galant de la cour, Sont les traits des bergers qui, dans œt heureux jour, Viennent tous rendre un double hommage.

Pénétrés de respect, ils sont à vos genoux, Ik accordent pour vous la musette et la lyre; Mais comment exprimer tout ce qui les inspire , S'ils ont osé lever les yeux sur vous ?

VERS

Àdreasét à M. FaurcKLiir , aa moment où il plantait de sa main on acacia de Virginie , dans un bosqnet des jardins de Sanoîs , chez madame la comtesse d*Hondetot.

Amb du héros et du sage , O liberté!... premier bienfait des dieux! Hélas !... c'est de trop loin que nous t'of&ons des vœux.

(i) Nom que les bergers de Sceaux donnaient k madame la duchesse do Maine.

BIV£li$ï;S. .W5

Ce n'est qu'en soupirant que nous rendons hommage Au mortel qui forma des citoyens heureux.

Il n'eut pas besoin d-Égérie Pour leur faire admettre ses lois ; La nature et l'honneur s'exprimaient par sa Tôix, Quand il parlait à la patrie.

Guidé par la main d'Uranie , Il la tira de son berceau; Il l'éclaira par le flambeau Qu'il allume au feu du génie ; Et , détruisant la tyrannie , Il en fit un peuple nouveau.

Que cet a^bre pllsmté par sa main bienfaisante , Elevant sa tige naissante Au-dessus du stérile ormeau, Par sa fleur odoriférante Parfume l'air de cet heureux hameau!

La foudre ne pourra l'atteindre; Elle respectera son faîte et ses rameaux. Francklin nous enseigna par ses heureux travaux

A la diriger ou l'éteindre ,

Tandis qu'il détruisait des maux

Pour la terre encor plus à craindre.

OEaTtes dÎTcrses. II.

386 poisiKs

VERS

D*iiii homiDe de 7S ans , à let enfiintt et à ses contemporains.

Lbs fleurs nouyellement édoses Ont encor pour moi des appas...

Eloignez ces cyprès,... apportez-moi des roses!... (Disait le vieillard Philétas.)

Chers enfants^ conduisez mes pas Aux treilles de Bacchus, aux riyes du Permesse, Quelquefois même aux bosquets de Paphos.

La yieillesse est uïi doux repos ; Mais il faut Fanimer. Les jeux de la jeunesse ,

Ses plaisirs, ses riants propos Emousseront pour moi les ciseaux d'Âtropos :

Je jouirai d'un jour de fête ; Des lilas de Tempe, des pampres de Naxos

On y couronnera ma tête.

Vieillards !... fuyez les tranquilles pavots : Chantez Bacchus , F Amour , et le dieu de Délos ! Sachez que sur le temps, et la faux qu'il apprête, Un jour heureux de plus est un jour de conquête Et le prix des plus longs travaux.

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