A M. LE MARQUIS DE CHAROST
Mon ami intime , tné en 1735 , à Clansen, à U tête du régiment
de la Couronne.
Gharost! nous te perdons dans le sein de la gloire, Et tes premiers lauriers sont baignes de ton sang. Que sert à tes amis , qu'au temple de mémoire , Avec tous tes aïeux , tu sois mis dans le rang Des héros dont le nom illustre notre histoire! Les Toiles de la mort ont obscurci tes yeux ; Mais ton ame élevée au sein de la lumière y
Libre des fers de la matière , Va goûter le repos avec les demi-dieux.
Du moins, du haut de Tempirée, Regarde ces amis, qui d'immortelles fleurs
Tiennent ton urne couronnée.
Ecoute leurs soupirs, et vois couler les pleurs
Dont ils arrosent ton trophée.
Al. 1j a • • • •
Un jour qn*clle Ait ooncher à Sceaux , et ponr obéir i madame la dachesse da Bfaine , qui me pria de fiûre quelques vers.
Instruits par Ludoyise (i), inspirés par Tamour, L*air simple et naïf du village , Et le ton noble et galant de la cour, Sont les traits des bergers qui, dans œt heureux jour, Viennent tous rendre un double hommage.
Pénétrés de respect, ils sont à vos genoux, Ik accordent pour vous la musette et la lyre; Mais comment exprimer tout ce qui les inspire , S'ils ont osé lever les yeux sur vous ?
VERS
Àdreasét à M. FaurcKLiir , aa moment où il plantait de sa main on acacia de Virginie , dans un bosqnet des jardins de Sanoîs , chez madame la comtesse d*Hondetot.
Amb du héros et du sage , O liberté!... premier bienfait des dieux! Hélas !... c'est de trop loin que nous t'of&ons des vœux.
(i) Nom que les bergers de Sceaux donnaient k madame la duchesse do Maine.
BIV£li$ï;S. .W5
Ce n'est qu'en soupirant que nous rendons hommage Au mortel qui forma des citoyens heureux.
Il n'eut pas besoin d-Égérie Pour leur faire admettre ses lois ; La nature et l'honneur s'exprimaient par sa Tôix, Quand il parlait à la patrie.
Guidé par la main d'Uranie , Il la tira de son berceau; Il l'éclaira par le flambeau Qu'il allume au feu du génie ; Et , détruisant la tyrannie , Il en fit un peuple nouveau.
Que cet a^bre pllsmté par sa main bienfaisante , Elevant sa tige naissante Au-dessus du stérile ormeau, Par sa fleur odoriférante Parfume l'air de cet heureux hameau!
La foudre ne pourra l'atteindre; Elle respectera son faîte et ses rameaux. Francklin nous enseigna par ses heureux travaux
A la diriger ou l'éteindre ,
Tandis qu'il détruisait des maux
Pour la terre encor plus à craindre.
OEaTtes dÎTcrses. II.
386 poisiKs
VERS
D*iiii homiDe de 7S ans , à let enfiintt et à ses contemporains.
Lbs fleurs nouyellement édoses Ont encor pour moi des appas...
Eloignez ces cyprès,... apportez-moi des roses!... (Disait le vieillard Philétas.)
Chers enfants^ conduisez mes pas Aux treilles de Bacchus, aux riyes du Permesse, Quelquefois même aux bosquets de Paphos.
La yieillesse est uïi doux repos ; Mais il faut Fanimer. Les jeux de la jeunesse ,
Ses plaisirs, ses riants propos Emousseront pour moi les ciseaux d'Âtropos :
Je jouirai d'un jour de fête ; Des lilas de Tempe, des pampres de Naxos
On y couronnera ma tête.
Vieillards !... fuyez les tranquilles pavots : Chantez Bacchus , F Amour , et le dieu de Délos ! Sachez que sur le temps, et la faux qu'il apprête, Un jour heureux de plus est un jour de conquête Et le prix des plus longs travaux.