ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE
avec la devise : Imparida verilas), A Paris, chez Girouard, rue du Boul-du-Monde, n° ^i7 . 8 vol. pet. in-12.
Aline el Valcour, etc., chez la veuve Girouard, libraire au Palais-Egalité, galerie de Bois, n" 196, 1795. (La vignette est remplacée par un filet.)
Aline el Valcour, etc., ornée de seize gravures (on a supprimé la ligne contenant les indications relatives à l'auteur). Pour le reste, cette édition est semblable à la précédente. Au reste, ces trois éditions n'en formaient qu'une dont on a modifié à plusieurs reprises le titre.
Aline el Valcour ou le Roman philosophique, écrit à la Baslille un an avanl la Révolution de France, Bruxelles, J. Gay, 1883, 4 vol. in-12 (avec gravures et un avant-propos).
Pauline et Belval ou les Victimes d'un amour criminel, anecdote parisienne du xvin' siècle, d''après les corrections de l'auteur d'Aline et Valcour, Paris, an VI (1798), 3 vol. in-12.
Pauline et Belval ou Suites funestes d'un amour criminel, anecdote récente avec romances et figures, par M. /?.... A Paris, chez Chamhon et Lenormand, 1812, 2 vol. in-12. Deux figures gravées par Giraud.
Les Crimes de l'amour ou le Délire des passions. Nouvelles historiques et tragiques précédées d'une idée sur les romans et ornées de gravures, par D. A. F. Sade, auteur d'Aline cl Valcour. A Paris, chez Massé, an 17/7(1800), 4 vol. in-12 avec 4 gravures.
L'ouvrnge contient, outre Vidée sur les romans qui sert de préface, onze nouvelles. T. I : 1. Juliette et Raunai ou la Conspiration d'Amboise, nouvelle historique ; 2. La Double épreuve. T. II : 3. Miss Henriette Stralson ou les Effets du désespoir, nouvelle anglaise; 4. Faxelange ou les Torts de l'ambition ; 5. Florville et Courval ou le Fatalisme. T. III : 6. Rodrigue ou la Tour enchantée, conte allégorique ; 7. Laurence et Antonio, nouvelle italienne ; 8. Ernestine, nouvelle suédoise. T. IV : 9. Dorgeville ou le Criminel par vertu; 10. La Comtesse de Sancerre ou la Rivale de sa fille, anecdote de la cour de Bourgogne ; 11. Eugénie de Franval.
60 l'œuvre du marquis dk sade
Zoloé el ses deux acolijles ou Quel jues décades de la vie de Irois jolies femmes, flisloire vérilable du siècle dernier par un contemporain. A Turin (Paris), .se trouve à Paris chez lous les marchands de nouveautés, messidor an VIII, in-16. Frontispice non signé.
Zoloé, etc., Turin et Paris, an V III, in-12. Frontispice.
Zoloé, etc. A Turin, chez tous les marchands de nouveautés. De l'imprimerie de l'auteur. Thermidor an VIII, in-18. Frontispice. Cette édition est citée par Henri d'Alméras : Le marquis de Sade (Albin Michel) comme ayant été vendue 40 francs à la vente Saint-Morys.
Zoloé. Paris, A. Dupont cl Rorel, 1S26, in-12.
La marquise de Gange, Paris, Béchel, 1813, 2 vol. in-8.
La Philosophie dans le boudoir, ouvrage (prélendu) posthume de l'auteur de Justine. A Londres, aux dépens de la Compagnie, 1795, 2 vol. in-16. Frontispice et 4 figures libres.
La Philosophie, etc., vers 1830, 2 vol. in-16 ; 10 lithographies libres.
La Philosophie dans le boudoir ou les Instituteurs libertins^ dialogues destinés à l'éducation des jeunes demoiselles, par le marquis de Sade. Londres, aux dépens de la Compagnie, 1795. Bruxelles, 1868, 2 vol. in-8 avec figures.
La Philosophie, etc., Rotterdam, vers 1900 ; 2 vol. in-16. Mauvaise contrefaçon sans figures de l'édition précédente.
Valmor el Lydia ou Voyage autour du Monde de deux amants qui se cherchent. Paris, Pigoreau, an VII (1779), 3 vol. in-12.
Alzonde et Koradin, Paris, Cerioux el Moutardier, 1799, 2 vol. in-12. « Il est essentiel pour nous, dit de Sade dans une note de son Idée sur les Romans, de prévenir que l'ouvrage qui se vend chez Pigoreau et Leroux sous le titre de Valmor el Lydia, et chez Cerioux et Moutardier sous celui d''Alzonde el Koradin, ne sont absolument que la même chose et tous les deux littéralement pillés de l'épisode de Sainville et Léonore, formant à peu près trois volumes, de mon roman Aline et Valcour. » Alzonde n'est qu'une modification d'Aldonze, nom révolutionnaire du marquis de Sade.
ESSAI BIBLI0(;RA1'IIIQUE 61
Dorci ou la Bizarrerie du sorl, conle inédit, par le marquis de Sade, publié sur le manuscrit avec une notice sur l'auteur. (La notice, signée A. F^., est d'Anatole France.) Charavag frères, éditeurs, Paris, 1881. Ce conte devait figurer dans les Crimes de Pamour,
Les 120 journées de Sodome ou l'Ecole du libertinage, par le marquis de Sade. Publié pour la première fois d'après le manuscrit original, avec des annotations scientifiques, par le docteur Eugen Duehren (D' méd. Iwan Bloch), Paris, Club des Bibliophiles, 1904, viii et 543 pp. in-4, couverture, facsimilé d'une page du manuscrit. Ouvrage tiré à 160 exemplaires.
Oxtiern ou les Malheurs du libertinage, drame en trois actes et en prose, par D.-A.-F.-S. Représenté au théâtre Molière, à Paris, en 1791, et à Versailles, sur celui de la Société Dramatique, le 22 Frimaire, l'an Y III de la République. A Versailles, chez Blaisot, libraire, rue Salory, an VIII, in-8. 2 ff. en 48 pp.
Couplets chantés à Son Eminence le cardinal Maury, le 6 oc labre 1812, à la maison de santé près de Charenlon. 1812.
Idée sur les romans, publiée avec préface, notes et documents inédits, par Octave Uzanne. Paris, Librairie ancienne et moderne, Edouard Rouveyre, rue des Saints-Pères, 1872, in-12. C'est la réimpression du morceau qui sert de préface au.\ Crimes de l'amour. Il contient aussi deux lettres et deux documents adressés par le marquis de Sade aux acteurs de la Comédie-Française et tirés des archives du Théâtre-Français.
L'Auteur des Crimes de l'amour à Villeterque, folliculaire, an IX (1800). in-12 de 19 pages.
Idée sur le mode de la sanction des lois, Paris, s. d., in-8.
Pétition de la section des Piques aux représentants du peuple français, Paris, s. d., in-8.
Discours prononcé à la Fêle décernée par la Section des Piques aux mânes de Marat et de Le Pelletier, par Sade, citoyen de celte Section et membre de la Société populaire de la Section des Piques, rue Saint-Fiacre, n° 2, in-S, S pp.
Des Lettres, des Documents, des Plans d'ouvrages, des
Annolalions du marquis de Sade ont été publics dans divers ouvrages, catalogues d'autographes, journaux, revues, etc., et souvent de façon inexacte.
On a attribué au marquis de Sade des ouvrages dont il n'est pas l'auteur et, parmi ceux-ci :
L'Elourdi roman, à Lampsaque, 1784, 2 vol. in-12, avec postface de 3 pp. Ce roman, qui a été réimprimé, n'est certainement pas du marquis de Sade.
La France Foulue, tragédie lubrique el royalisle en Irais acles el en vers. A Darbe-en-Con en Foulro-Manie. L'an des Fouleurs 5796 (1796), in-12 de 91 iï. La Bibliothèque nationale en possède deux exemplaires (Enfer, 651 et 652), le premier dans un cartonnage, dos toile, le second dans une jolie reliure et provenant de la Bibliothèque de Talma, d'où il avait passé dans la Bibliothèque Labédoyère. Il contient un Exorde manuscrit en vers de l'écriture de Talma ; quelques-uns de ces vers sont corrigés d'une autre main que celle de Talma.
Voici quelques vers de VExorde :
Jeune encor j'ai connu lorsque j'étais imberbe Grand nombre de ribauds de cette cour superbe... ...Fouteurs, dévots, Ribauds, tout en nous couillonnant En lisant mon ouvrage... ayez le v.. b...ant... ...Puis lisez mon ouvrage et pensez à la France Pour laquelle toujours j'eus de la déférence, C'est ce que j'ai prouvé par mes nombreux écrits. J'ai porté le petit collet (1), je fus l'un des proscrits ; Très souvent j'ai blâmé tant de haine et d'audace Qu'à tort on déversait contre une auguste race. J'ai repoussé le crime et combattu l'erreur. Tour à tour ils m'ont fait une effroyable horreur. J'ai dû cacher mon nom et déguiser mon style. Espérant qu'aux Français je pourrais être utile.
A la suite de VExorde, on trouve une note écrite par une troisième main et beaucoup plus récemment. La voici :
« Cette pièce, dont on assure qu'il n'a été tiré que 25 exemplaires, provient de la bibliothèque de Talma.
(1) Talma a mal copié ce vers, ainsi que quelques autres. Il y avait: Portant petit collet, ou bien : J'ai le petit collet, ou encore : J'ai fiorté le collet.
ESSAI KlItl.IOGUAIMIIQLE G3
« M. Mouffle, bibliophile distingué, mort en \H27, prétendait que l'ouvrage, ainsi que l'exorde manuscrit qui le précède, était de l'abbé Proyart. D'autres bibliophiles l'attribuent au célèbre de Sade (l'auteur de Jusline), mort à Bicètre en 1816. »
L'abbé Proyart a-t-il écrit La France Foiilue ?
C'était un honnête homme de prêtre et de royaliste qui fut enfermé à Bicètre pour avoir écrit Louis XVI el ses vertus, ouvrage qui fut saisi le 17 février 1808. A Bicètre, l'abbé Proyart tomba malade ; il fut transporté dans sa famille, à Arras, et mourut le 22 mars 1808. Il s'est occupé d'histoire et de pédagogie. M. Mouffle devait avoir de bonnes raisons pour attribuera un homme aussi vertueux, semble-t-il, un pamphlet aussi obscène. En tout cas, il n'y a pas d'apparence que celte pièce soit du marquis de Sade. On y trouve ces vers :
L'on n'est pas roi dans son pays.
Quelqu'un peut-il s'y méconnaître.
Lorsqu'au palais de Médicis Buonaparte règne en maître.
A sa guise il nous fait des lois, Puis, en despote, il nous les donne.
Petit-fils d'un petit bourgeois.
Assis sur le trône des rois, Que lui manque-t-il ?
Que lui manqqe-t-il ? La couronne,
La couronne...
Beaucoup de manuscrits du marquis de Sade ont été détruits. Il en existe encore un certain nombre soit dans la famille du marquis de Sade, soit entre les mains de divers amateurs, soit dans les collections publiques.
Voici, d'après la Biographie Michaud {Biographie universelle ancienne el moderne, 1811-1828), le catalogue des œuvres du marquis de Sade restées dans sa famille. Cette liste a été dressée par Michaud jeune, rédacteur de l'article sur le marquis de Sade :
1' Cinq comédies, dont trois de caractère, en 5 actes et en vers :
Le Prévaricateur ou le Magislral du temps passé ;
Le Misanthrope par amour ou Sophie el Desfrancs, reçue
64 l'œuvre du marquis de sade
à l'unanimité au Théâtre-Français en septembre 1798, ce qui lui valut ses entrées pendant cinq ans ;
Le Capricieux ou l'Homme inégal, reçue au théâtre Louvois et retirée par l'auteur ;
Les Jumelles, 2 actes en vers.
Les Anliquaires, 1 acte en prose.
2* Quatre drames, un en 5 actes et trois en 3 actes :
Henrielle el Sainl-Clair ou la Force du sang- ;
L'Egarement de l'infortune ;
Franchise et trahison ;
Fanny ou les Effets du désespoir ;
3* Jeanne Laisné ou le Siège de Beauvais, tragédie en cinq actes, refusée au Théâtre-Français, par huit voix contre trois, parce qu'on y faisait l'éloge de Louis XI.
4* L'Union des arts, ambigu comprenant cinq pièces : 1° un prologue qui relie le reste, soit Les Ruses d'amour, comédie épisodique, 1 acte en prose ; 2° Euphémie de Melun ou le Siège d'Alger, tragédie en 1 acte et en vers ; 3* L'Homme dangereux ou le Suborneur, comédie en 1 acte en vers de dix syllabes, reçue au théâtre Favart en 1790 ou 1791 ; 4* Azelis ou la Coquette punie, comédie-féerie en 1 acte en vers libres, reçue au théâtre de Bond}' en 1791.
Le tout se termine par un divertissement.
5* Tancrède, scène 15'rique en vers ;
La Tour mystérieuse, opéra-comique en 1 acte ;
La Fête de l'amitié, prologue ;
L"* Hommage de la reconnaissance, vaudeville en 1 acte, écrit pour être joué à Charenton.
Toutes les autres pièces, ainsi qn'Oxtiern, ont été composées à Vincennes et à la Bastille.
6° Un devis raisonné sur le projet d'un spectacle de gladiateurs à l'instar des Romains auquel il devait être intéressé.
7" Isabelle de Bavière, reine de France, 3 vol. ;
Adélaïde de Brunswick, princesse de Saxe, 2 vol.
Ces romans ne contenaient rien de répréhensible.
Pi,. III
[.(.RTRAir FANTA1M>TK DU MAKi^L IS DE SADE (^GVriw à /\'>J(/"^ àe la Reslawation)
b:SSAI BIKLIOGRAPHIQUB 65
(S' Onze cahiers du journal de la détention de l'auteur à Vincennes et à la Bastille, depuis 1777, à sa sortie de Charenton, en 1790 ; il manque le premier (1777 à 1781) et le douzième (17S9) ; une partie de ce travail est rédigée en chilTres dont il avait seul la clef.
9° Cinq cahiers de notes, pensées extraites, chansons et mélanges de vers et de prose composés et recueillis pendant sa dernière détention. Extrait de Conrad, roman tiré de Vl/isloire des Albigeois, saisi pendant qu'on le conduisait à Charenton, en 1803.
On y voit qu'il avait composé un roman intitulé Marcel et des Mémoires ou Confessions qu'il avait écrits pour se justifier ou dans le but de préparer son apologie, et dont il fait connaître les divisions, l'épigraphe et divers fragments.
10° Autres productions perdues ou saisies :
Conles au nombre de trente et formant 4 volumes.
Le Porlefeuille d'un homme de lettres, 4 volumes. (Ces deux ouvrages furent écrits à la Bastille en 1788.)
Ces Conles et ce Porlefeuille forment le manuscrit de la Bibliothèque nationale.
Cléontine ou la fille malheureuse, drame en 3 actes.
L'Épreuve, comédie en 1 acte en vers, saisie en 1782 par le lieutenant de police Lenoiretnon rendue, parce qu'elle contenait un passage obscène.
Le Boudoir, comédie reçue au théâtre Favart en 1791.
L'École des jaloux.
Dans ses Neue Forschungen ilher den Marquis de Sade und seine Zeil Berlin (Max Harrwitz), le docteur Eugen Duehren parle de plusieurs manuscrits inédits du marquis de Sade.
Pholoé el Zénocrale (inachevé), roman en lettres.
Plusieurs romans, sans doute des plans ou canevas.
Un plan de maison publique, avec l'indication de l'usage de chacune des chambres. C'est sans doute le plan que M. Anatole France a eu entre les mains et dont il parle dans son introduction à Dorci, Il dit que le marquis de Sade avait eu soin de ne pas oublier le cimetière, et il cite les légendes qui
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indiquaient ce qui devait se passer dans deux salles. Pour l'une le marquis avait indiqué : « Ici on estropie », et, pour l'autre : « Ici on lue. »
Un manuscrit contenant un plan très détaillé du roman les Journées de Florbclle et des renseignements sur ses manuscrits écrits à la Bastille. Il a réclamé inutilement trois épais manuscrits, dont deux contiennent un roman humoristique et divers morceaux. Ces deux manuscrits ont pour titre le Troubadour provenç il. Le troisième manuscrit a pour titre le Porle/euille d''un homme de lellres, le même dont parle Michaud jeune. Les Journées de Florbelle ou la Nalure dévoilée, suivies des Mémoires de l'abbé de Modore, devait avoir un certain nombre de tomes. Le marquis n'était pas encore fixé sur le titre de son roman. Il indique encore le Triomphe du vice ou la Véritable histoire de Modore (voir V Introduction.)
Théorie du libertinage ou bien Les 120 jours de Sodome ou l'École du libertinage, manuscrit publié par le docteur Eugen Duehren en 11)04 — ouvrage cité dans cet Essai bibliographique (voir aussi V Introduction).
La Bibliothèque nationale possède un volume in-4° de 494 ff. contenant des Contes, historiettes, canevas, brouillons écrits par le marquis de Sade.
« Quelques-uns de ces contes, dit M. d'Alméras, comme // y a place pour deux, sont très rabelaisiens et dans le genre de ceux du xvi' siècle.
« Le volume commence par une nouvelle intitulée PHeureuse feinte. II est formé de vingt cahiers reliés ensemble. Au feuillet 98, cette note : Mettre dans le conte anglais un autre nom que Nelson, Portland, par exemple. — Au feuillet 150 : Commencé le 17 juin au travail du soir, ayant bien mal aux yeux.
— Au feuillet 176 : Changer le nom de Lorsange, il est pris.
— Le dix-neuvième cahier débute par Juliette et Raunai ou la Conspiration d'Amboise, nouvelle historique.
« A côté du titre on lit : Commencé le 13 avril 1785. Le vingtième et dernier cahier a été commencé cinq jours plus tard, le 18 avril. On peut ainsi mesurer la puissance de travail du marquis de Sade. Il écrivait à cette époque, chaque jour, cinq ou six pages d'une écriture très fine et très serrée. »