A MONSEIGNEUR5MESSIRE
descouvrira d'autres beaux secrets, lesquels je n'ose icy entamer pour la crainte que j'ay qu'on ne die que je me flatte en mes conception^ : si ne puis je me tenir que je ne vous promette que recevrés un nompareil contantement , s'il vous plaist jetter la veuë ou prester l'aureille pour lire ou oûir les discours qui y sont faits. Ils vous agréeront tellement qu'il n'est besoin de rendre raison pourquoy je vous ay nommé pour protecteur, patron etperrain. Je n'eusse sceu choisir seigneur auquel je peusse plus à propos m'adresser qu'à Vostre Seigneurie, Les plaisirs et récréations philosophiques qu'icy j'ay proposé vous serviront d'opiate et assearé préservatif contre l'air dangereux de ceste saison empestée de tant de mal-heurs,, d'ennuis, de fascheries et de troubles. L'ancienneté de vostre race, la générosité de vos ancestrès, et le rang que tents parmi nous rendent vostre mémoire et authorité tellement recommandable que, si mes neuf Matinées peuvent un jour estre cambrées sous l'ombre de vos aisles,je ne crains point l'ardeur du soleil: elles seront tousjours à la fraischeur. De manière que, tout ainsi que le Mithridat n'a point esté seulement en estime pour les merveilleuses guerisons qui! nous a causé, ains aussi pour l'authorité de ce grand Miihridates, lequel régit et gouverna si valeureusement le royaume de Pont, de mesmes je fais estât que mes Matinées, outre la
durée qui leur est promise pour les souverains biens que nostre aube matiniere départira au gré d*un chacun, battront contre Peternité, sous le fleuron de Vostre Grandeur. Le principal contantement que fauray, Monseigneur, ce sera si je puis entendre que receviez ce petit présent de ma part pour tesmoignage et asseurance de Vaffection que j'ay eu de tout temps à vous rendre treshumble service. Je prie Dieu, Monseigneur, qu*il vous doint en santé longue et heureuse vie.
De Paris, ce premier jour de novembre 1 585.
Vostre treshumble et affectionné serviitur-
Choueres.