DEUX SONNETS
DU SnCNEUR DE HONTESSUTT AU SEIGNEUR DE CHOLIERES
DIEU VOUS gard, ce matin, neuf fraisches matinées. Que Dieu vous doint bon jour, et à yons, matimers, Qui, durant neuf matins, fustes les jardiniers Du parterre où on dit qu'elles furent dressées.
O neuf matins heureux, vous aussi, neuf journées. Neuf fois je vous bénis de ce qu'aux mariniers Du flot Âonien, pour n'estre casaniers.
Vous avez estalé de si riches danrées.
Je les sens ja quitter la ville pour fréter
Leurs vaisseaux ; ils voudroient ja leurs ancres jetter
Sur le bord matinier, lequel flotte la rive
Du Lycée françois. Ce qui peut contanter Un mortel, je vous puis (Matinées) vanter Que vous le luy livrez : hé ! qu'avec vous je vive 1
SONNET
DU MESMES A l'aUTHEUR
CE n'est pour vous flatter que si fort je pubiie Vos plaisirs matiniers; du proffit j'y reçois : Telle part y auront les naturels François, Qui selon vostre estât sçauront reigler leur vie.
Vous nous donnez de Tor, du fer, la main polie Des diserts advocats, et, si ne me déçois.
Vous voulez repurger l'Estat, à ceste fois.
Des brouillis nourrissiers de la chiquanerie.
Ayant médecine nos corps, vous ordonnez
Vos saincts status nociers; les reigles vous donnez
Quand, comment, avec qui, l'accouple conjugale
Se fait, et ne se fait : ainsi en bannissez Les jaloux, les chastrez et ceux qui, hérissez De froid, sont esclopez de leur humeur vitale.
AN NOVA SEDAS GEMO?
SONNET